Les conditions météorologiques menacent le blé d’hiver des Prairies

Le froid extrême et le manque de neige suscitent des craintes que les cultures de blé d’hiver des Prairies soient endommagées.

« Le froid conjugué au manque de neige laisse effectivement présager la destruction par l’hiver », affirme l’agronome Paul Thoroughgood de la Western Winter Wheat Initiative.

Les conditions peu propices à l’établissement des cultures l’automne dernier aggravent la situation, dans la mesure où un développement insuffisant rend les plantes plus susceptibles d’être détruites par l’hiver, dit-il.

« La Saskatchewan, comme l’Alberta et le Manitoba, est confrontée à un manque de neige et à des périodes de froid intense », ajoute Cory Jacob, spécialiste régional des cultures au ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. « Les conditions qui prévalent cette saison risquent d’avoir une incidence sur la récolte de blé d’hiver en raison de la destruction par l’hiver. En effet, en l’absence d’une couche de neige suffisante, les plantes dans le sol sont mal protégées contre les basses températures ambiantes. »

La survie du blé d’hiver dépend d’un collet en santé, et sa faible profondeur le rend sensible au froid, en particulier en l’absence d’une couche de neige suffisamment isolante, explique Harry Brook, spécialiste des cultures au ministère de l’Agriculture de l’Alberta.

Certaines régions des Prairies ont aussi enregistré des températures anormalement douces – des records ont été établis en Alberta – et M. Brook indique que des périodes prolongées de temps doux peuvent entraîner une perte graduelle de robustesse.

« Toutefois, la période de temps doux [enregistrée en Alberta] en décembre n’était sans doute pas assez longue », précise-t-il.

Diminution de la superficie

La superficie consacrée au blé d’hiver a diminué en 2017, probablement en raison des conditions sèches enregistrées durant l’ensemencement, dit M. Jacob.

Les 335 000 acres de blé d’hiver constituent la plus petite superficie depuis 2000. En 2016, la superficie de blé d’hiver à l’échelle des Prairies s’établissait à 535 000 acres, ce qui était déjà nettement inférieur au sommet de 1,5 million d’acres atteint en 2007.

« Beaucoup de producteurs ont choisi de ne pas semer, et ceux d’entre nous qui ont semé l’ont fait dans des conditions exécrables », souligne M. Thoroughgood.

Évaluation au printemps

Les producteurs devront attendre au printemps pour pouvoir évaluer l’ampleur des dommages, le cas échéant.

« La plupart des producteurs s’affolent au printemps et examinent l’établissement des cultures beaucoup trop tôt », souligne M. Thoroughgood.

La Western Winter Wheat Initiative (en anglais seulement) offre de l’information sur la détermination de la survie du blé d’hiver, et le Winter Wheat Survival Model (en anglais seulement) (modèle de survie du blé d’hiver) de l’Université de la Saskatchewan offre de plus amples détails.

« À un ou deux endroits, la situation est en train de devenir préoccupante, tandis qu’ailleurs, tout va bien », conclut M. Thoroughgood.

En conclusion

Le froid extrême et la couverture de neige insuffisante menacent la survie des cultures de blé d’hiver, mais les producteurs ne connaîtront pas l’ampleur des dommages avant le printemps. 

Article par : Richard Kamchen