Les mauvaises conditions de récolte portent atteinte aux cultures partout au Canada

La récolte est censée être une période exaltante pour les producteurs, qui se voient récompensés pour le travail acharné qu’ils ont consacré à produire leurs cultures.

La récolte 2019 risque de passer à l’histoire comme l’une des plus difficiles des dernières années, et ce, pour la plupart des régions du Canada. Le grand coupable est le temps anormalement frais qui s’est acharné sur le pays de la mi-septembre jusqu’en novembre. La neige hâtive et la pluie, conjuguées aux températures fraîches, ont ralenti la progression de la récolte.

La récolte s’est déroulée dans le froid et l’humidité d’un bout à l’autre du Canada cette année. Voici pourquoi.

Froid sibérien

Cette vague de temps frais était attribuable à une masse d’air froid située au-dessus de la Sibérie à la fin septembre. Un front froid présent dans la haute atmosphère au-dessus du pôle Nord a permis à ces températures anormalement fraîches d’atteindre le Canada.

Les températures ont été inférieures aux normales de la fin septembre à la fin novembre partout au pays. Par exemple, durant le mois d’octobre, les températures ont été de deux à quatre degrés sous la normale dans l’ensemble des régions agricoles du pays. À certains endroits dans les Prairies, les températures sont descendues à plus de cinq degrés sous la normale durant le mois de novembre.

Les températures fraîches ont été accompagnées de précipitations supérieures à la normale en raison du courant-jet qui s’est installé au-dessus des régions du Sud du Canada. Les ouragans et les tempêtes violentes ont aussi poussé de l’humidité supplémentaire dans le Centre du Canada et dans les Maritimes.

Répercussion sur les récoltes à l’échelle du pays

Les conditions météorologiques ont eu des répercussions sur la récolte d’un bout à l’autre du pays. L’humidité et les températures fraîches ont retardé la récolte des pommes de terre dans les Maritimes, où une partie de la superficie n’a pu être récoltée. Les conditions défavorables ont aussi retardé la récolte des pommes de terre du Manitoba. Dans cette province, la neige et le gel hâtifs ont entravé les travaux aux champs et ont, là aussi, empêché la récolte d’une partie de la superficie.

Les conditions humides et fraîches ont aussi ralenti la récolte des cultures en rangs en Ontario et au Québec. La récolte du soya et du maïs a été repoussée à la fin novembre, et une partie des superficies consacrées aux cultures en rangs devront être récoltées en décembre si le temps le permet. La qualité du maïs et du soya s’est détériorée en raison des intempéries.

Dans les Prairies, les conditions de récolte ont été favorables entre la fin août et le début septembre, ce qui a permis aux producteurs de progresser rapidement dans les régions de culture du Sud. Toutefois, des températures fraîches et une humidité soutenue se sont installées durant la dernière moitié du mois de septembre et ont perduré jusqu’à la mi-octobre. Des chutes de neige enregistrées à la fin du mois de septembre et au début du mois d’octobre ont aussi entraîné des retards dans les régions de culture du Nord.

Ces conditions ont eu une incidence sur la qualité de récolte des céréales dans les régions de culture du Nord. Dans certaines régions isolées, la récolte devra se terminer au printemps en raison de l’arrivée hâtive de l’hiver.

Si la récolte a été généralement difficile cette année, soulignons que les producteurs de fruits de verger du Centre de la Colombie-Britannique, eux, ont profité de conditions de récolte favorables.

En conclusion

Une masse d’air froid située au-dessus de la Sibérie à la fin du mois de septembre semble peut-être lointaine, mais ce facteur a eu une incidence marquée sur la récolte du Canada cette année.


Bruce Burnett est directeur du Service de météorologie et des marchés de la société Glacier Farm Media. Vous pouvez le joindre en écrivant à l’adresse bburnett@farmmedia.com ou en consultant le site Web MarketsFarm.com.