Les protéines végétales représentent un débouché à valeur ajoutée

Aperçu

  • Le marché croissant des protéines d’origine végétale est en train de transformer le paysage agricole
  • Annonces de la construction d’usines de fractionnement et de transformation des pois à Moose Jaw et à Portage la Prairie
  • L’intérêt porté aux protéines végétales est attribuable aux préoccupations liées aux allergies et aux étiquettes simples

Le marché croissant des protéines d’origine végétale est en train de transformer le paysage agricole.

Vers la fin de l’année dernière, on annonçait la construction d’une usine de fractionnement des pois d’une valeur de 75 millions de dollars à Moose Jaw, en Saskatchewan. Quelques mois plus tard, on apprenait qu’une usine de transformation des pois serait construite au coût de 400 millions de dollars à Portage la Prairie, au Manitoba.

L’usine de Moose Jaw est un projet de l’entreprise Canadian Protein Innovation financé par une agroentreprise allemande. L’usine de Portage la Prairie est une initiative de l’entreprise familiale française Roquette (en anglais seulement), qui affirme qu’il s’agira de la plus grande installation de transformation des pois au monde.

Ce sont les secteurs des protéines végétales et des ingrédients de spécialités alimentaires qui affichent la croissance la plus rapide.

« Un investissement de 400 millions de dollars dans la transformation alimentaire, c’est du jamais vu », lance Gordon Bacon, président de Pulse Canada (en anglais seulement), qui indique que d’autres annonces sont prévues. Selon lui, ces investissements témoignent de l’énorme intérêt porté aux protéines végétales.

« Aux yeux des consommateurs, les protéines sont synonymes de bienfait, mentionne M. Bacon. Cet engouement est suscité par la demande d’aliments riches en protéines, et le nouvel intérêt pour les légumineuses est attribuable aux préoccupations liées aux allergies, à la fonctionnalité et aux étiquettes simples. »

Une étiquette simple affiche une liste d’ingrédients dont les consommateurs sont capables de prononcer le nom et qui semblent être d’origine naturelle. Les grandes entreprises alimentaires font des pieds et des mains pour retirer les agents de conservation artificiels et les ingrédients que les consommateurs considèrent comme hautement  transformés.

Les protéines d’origine végétale font l’objet de nombreuses recherches depuis des décennies. Selon le pays, pour arriver à une allégation relative aux protéines sur une étiquette de produit alimentaire, il faut souvent obtenir une forme concentrée de protéines lorsque la portion est petite. La science alimentaire sous‑jacente est complexe en raison de la fonctionnalité alimentaire qui varie selon la taille des différentes particules.

Les isolats de protéines proviennent de différentes sources d’origine végétale ou animale. Les pois jaunes qui seront utilisés dans les nouvelles usines en Saskatchewan et au Manitoba sont exempts d’OGM, abondants et relativement peu chers compte tenu de la source de protéines qu’ils représentent.

Des promoteurs comme Dennis McKnight, président de la société The Innovators Inc. (en anglais seulement) de Vancouver, croient que le Canada pourrait devenir un chef de file mondial dans le domaine des protéines d’origine végétale et dans celui des ingrédients de spécialités.  En conférence lors du Global Crops Symposium (en anglais seulement), tenu à Calgary en avril dernier, M. McKnight a affirmé qu’il s’agit d’un débouché à valeur ajoutée qui est complémentaire à notre production et à nos exportations de légumineuses, de grains et d’oléagineux.

La technologie ne cesse d’évoluer grâce au soutien apporté par d’importants investisseurs et à des travaux de recherche et de développement de pointe, ce qui se traduit par la création de nombreux emplois hautement spécialisés.

Lorsqu’il est question de transformation alimentaire, on pense immédiatement au conditionnement des viandes, à la fabrication de fromage et de yogourt, à la mouture ou à  la production de pâtes alimentaires. Or, ce sont les secteurs des protéines végétales et des ingrédients de spécialités alimentaires qui affichent la croissance la plus rapide.

Les entreprises alimentaires tiennent compte des préférences des consommateurs, et les avantages se feront sentir tout au long de la chaîne de valeur, ce qui stimulera la demande nationale de cultures canadiennes. 

D'après un article de l'AgriSuccès (septembre 2017) de Kevin Hursh