Prendre le bélier par les cornes pour changer les perceptions

Mark and Sandi Brock at Sheperd Creek Farms

Mark et Sandi Brock à Sheperd Creek Farms

Dès le moment où ils ont obtenu leur diplôme de l’Université de Guelph, dans les années 1990, à deux ans d’intervalle, Mark et Sandi Brock, chefs de file de l’agriculture en Ontario, se sont taillé une vaste réputation grâce à leur aptitude à présenter l’agriculture moderne au public en toute honnêteté. Et ils incitent les autres producteurs à se joindre à eux pour s’assurer que les citadins canadiens reçoivent les messages appropriés.

« L’agriculture doit être au diapason des acteurs influents et cesser de monologuer, estime Mark. Nous devons transmettre des messages cohérents qui marqueront les esprits. »

Un couple, deux parcours

Les Brock dirigent Shepherd Creek Farms, une exploitation mixte de céréales et d’élevage, près de Staffa, en Ontario. La ferme compte 1 600 acres de maïs, de soja et de blé d’hiver, ainsi que 500 brebis d’élevage commercial pour la production d’agneaux de marché. Mark s’occupe du volet céréalier tandis que Sandi s’occupe des animaux.

Mark et Sandi se sont mariés après avoir terminé l’université et ont commencé à pratiquer l’agriculture avec le père et le frère de Mark, dans le domaine de la volaille et de la vente de semences. Pendant treize ans, Sandi a occupé un poste de gestion dans cette entreprise familiale.

Toutefois, au bout de quelques années, le couple a ressenti le désir de voler de ses propres ailes. Il n’y avait pas de frictions (« Nous prenons toujours des repas en famille », assure Mark), mais le caractère indépendant du jeune homme et de sa conjointe les conduisait dans une autre direction.

Sandi avait grandi dans une ferme laitière près de Paris, en Ontario. Éleveuse dans l’âme, elle aimait passer du temps dans l’étable. Elle savait aussi qu’elle avait un message à transmettre aux consommateurs, dans les médias sociaux, au sujet de l’agriculture.

Pour sa part, Mark s’intéressait de plus en plus à la politique agricole. Élu au conseil d’administration des Grain Farmers of Ontario, en 2010, il aspirait à jouer un rôle qui aiderait à améliorer les perceptions des consommateurs et des décideurs à l’égard de l’agriculture.

Un autre facteur qui a incité Mark et Sandi à fonder leur propre exploitation était leur désir de constituer un legs pour leurs enfants, Jack, âgé de 16 ans, et Jess, âgée de 15 ans.

« Nous voulions créer quelque chose qui nous appartienne, à nous et à nos enfants, confie Mark. Sandi et moi ne confondons jamais nos rêves avec ceux de nos enfants, mais nous voulions bâtir cette ferme ensemble pour leur permettre de devenir agriculteurs s’ils en ont envie. »

En bref, ils voulaient tracer une nouvelle voie qu’ils avaient eux-mêmes choisie. C’est ainsi qu’en 2012, ils ont étendu leurs activités et créé Shepherd Creek Farms.

Amélioration des compétences en gestion

Pour aider la nouvelle ferme à prospérer, Mark et Sandi ont rehaussé d’un cran leurs compétences en gestion. Pour commencer, ils se sont inscrits au programme Canadian Total Excellence in Agricultural Management (en anglais seulement), où ils ont été sensibilisés à l’importance d’établir une vision stratégique pour leur exploitation.

La pierre angulaire du processus consistait à rédiger des objectifs quinquennaux afin de comprendre les obstacles et les défis auxquels ils étaient confrontés et de déterminer des moyens de faire fond sur leurs réussites. En définitive, ils ont mis l’accent sur trois aspects : l’établissement de relations, le  renforcement de leurs points faibles, et la détermination. Ils révisent leur plan périodiquement pour éviter de « se perdre dans les complexités », explique Mark.

« Il est facile de s’accoutumer à accomplir les tâches banales de tous les jours. Mais les entreprises agricoles doivent revenir régulièrement à leur plan stratégique pour s’assurer qu’elles sont sur la bonne voie », dit-il.

Les Brock ont aussi appris l’importance de la communication – non seulement l’art de s’exprimer, mais aussi l’art d’écouter. « Il est crucial de savoir d’où viennent les gens si on veut les comprendre », fait valoir Sandi.

Malgré les progrès accomplis pour aider les citadins canadiens à mieux comprendre l’agriculture, les consommateurs continuent d’éprouver une certaine réserve plutôt qu’un sentiment de confiance envers celle-ci. « En tant qu’agriculteurs, nous devons constamment nous défendre et nous sommes sous pression, plaide Mark. Il existe un manque de compréhension entre nous et les décideurs, et les organismes non gouvernementaux voués à la protection de l’environnement comblent cet écart. »

Ambassadeurs de l'agriculture

C’est à ce chapitre que les Brock estiment qu’eux-mêmes et les autres producteurs doivent redoubler d’effort. Ils croient que les agriculteurs doivent jouer un rôle de sensibilisation en diffusant une information solide aux responsables des décisions touchant l’agriculture, dont les consommateurs et les fonctionnaires. « Les efforts de sensibilisation peuvent parfois être désorganisés, déclare Mark. Il faut adopter une approche ciblée afin que les messages ne soient pas éparpillés. Autrement, nous ne faisons que raconter de belles histoires qui ne font pas avancer l’industrie. »

Les médias sociaux accroissent les possibilités de raconter ces histoires de façon différente et transparente. Par exemple, Sandi s’est taillé un créneau sur YouTube grâce à sa chaîne intitulée Sheepishly Me (en anglais seulement) où elle publie des vidéos accessibles montrant les coulisses de son exploitation ovine.

En matière de contenu, son approche divertissante et parfois un peu déjantée va plus loin que ce à quoi on pourrait s’attendre d’un blogue vidéo sur l’élevage de moutons. C’est le cas de cette vidéo publiée en août où Sandi et sa fille Jess, assises devant un miroir à maquillage, mettent jovialement à l’épreuve leurs connaissances respectives sur l’élevage de moutons et sur le maquillage.

Les Brock croient que les agriculteurs peuvent aider la population à comprendre ce qui se passe dans les étables et les champs partout au Canada, et même dans leurs propres maisons, qui ressemblent beaucoup à toutes les autres. Et ils comptent profiter au maximum de chaque occasion qu’ils ont de le faire. 

D'après un article de l'AgriSuccès (janvier 2018) d'Owen Roberts.

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