Nouvelles options de cultures : risques et débouchés

Aperçu

  • De nombreux producteurs réussissent avec de nouvelles cultures, mais beaucoup échouent également
  • Assurez-vous de tenir compte de tous les aspects de la production d'une nouvelle culture y compris l'offre et la demande, son potentiel de commercialisation ainsi que les facteurs économiques
  • Avant de choisir une nouvelle culture, adressez-vous à des spécialistes en commercialisation, des experts en agronomie et à d'autres producteurs

Dale Risula, agrologue au ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan depuis 33 ans, dont huit comme spécialiste des cultures spéciales, a vu des producteurs réussir avec de nouvelles cultures, mais il en a aussi vu échouer.

Prendre en compte tous les aspects de la production

« À mon avis, la plus grosse erreur, c’est de ne pas tenir compte de tous les aspects de la production d’une nouvelle culture », expose M. Risula.

Quelle que soit la région du pays, la liste des facteurs à prendre en considération est longue : besoins en équipement, compatibilité du sol, possibilité de commercialisation de la culture, facteurs liés à l’offre et à la demande, moment de l’ensemencement et de la récolte, coûts des intrants, désherbage, facteurs liés aux maladies, et, bien entendu, facteurs économiques.

« Quand avez-vous essayé une nouvelle culture pour la dernière fois? L’expérience a-t-elle été concluante, ou avez-vous regretté votre décision? Cette culture fait-elle toujours partie de votre rotation? »

Quelles sont les attentes réalistes en matière de rendement et de prix? Une fois les frais payés, que reste-t-il?

« Vous devriez aussi évaluer le désir de toutes les personnes concernées d’aller de l’avant avec une nouvelle culture, conseille M. Risula. L’absence de consensus risque de créer de la dissension. »

Bien comprendre les marchés

Au cours des dernières années, la superficie consacrée au soja a explosé au Manitoba. Elle a atteint plus de 1,3 million d’acres en 2015. Il s’agit d’une importante culture mondiale au sujet de laquelle nous avons beaucoup de données agronomiques et qui jouit d’un système de commercialisation bien en vue.

Les fournisseurs de semences investissent massivement pour mettre au point des variétés qui devraient rendre cette culture de plus en plus viable en Saskatchewan et en Alberta.

Comparativement au soja, le chanvre, le quinoa et la féverole à petits grains dans les Prairies, et le ginseng et le haricot adzuki dans le Centre du Canada, sont des cultures pour lesquelles les superficies, les marchés et les investissements dans la recherche sont beaucoup plus restreints. Cela ne signifie pas que les cultures secondaires ne sont pas une bonne idée pour votre ferme, mais il est important de comprendre dans quoi vous vous embarquez.

Les marchés et l’agronomie évoluent au fil du temps. Le marché de la graine de chanvre est beaucoup plus développé qu’il ne l’était il y a une dizaine d’années, et les producteurs se concentrent maintenant sur la production de semences plutôt que sur la production de fibre. Parallèlement, la superficie s’est déplacée du Manitoba à la Saskatchewan. En 2015, la Saskatchewan comptait environ 50 000 acres comparativement à seulement 7 000 au Manitoba.

La popularité du soja au Manitoba s’est traduite par une réduction de la superficie consacrée aux haricots secs. M. Risula se demande si cela ne crée pas un débouché pour la culture des haricots secs en terre non irriguée en Saskatchewan.

Certaines cultures connaissent un début modeste et finissent par être largement adoptées. De quelques milliers d’acres au milieu des années 1970, la superficie consacrée aux lentilles atteignait 3,6 millions d’acres en Saskatchewan l’année dernière. Au départ,on y produisait des lentilles vertes, mais aujourd’hui, les lentilles rouges sont reines.

D’autres cultures comme la coriandre sont peu susceptibles de s’étendre sur de grandes surfaces parce que le marché est limité. La surproduction peut faire faiblir les prix et retarder les possibilités de vente.

Quelles que soient les cultures que vous envisagez, il est essentiel de faire vos recherches. Obtenez réponse à toutes vos questions en vous adressant à des spécialistes en commercialisation, des experts en agronomie et, en particulier, à d’autres producteurs.

D'après un article de l'AgriSuccès (janvier/février 2016) de Kevin Hursh (@kevinhursh1).