La génération Y et les Néo-Canadiens à l’origine des nouvelles tendances horticoles

De nouvelles possibilités s’offrent aux horticulteurs qui sont disposés à aider les membres de la génération Y et les Néo‑Canadiens amoureux des plantes à devenir de bons jardiniers et à verdir leur intérieur.

Les ventes de plantes et de fleurs sont en pleine croissance. L’année dernière, elles ont contribué à faire bondir de près de 3 % les ventes totales des industries des serres, des pépinières, des fleurs coupées cultivées en plein champ et des gazonnières, selon Statistique Canada.

Les plantes cultivées dans les serres canadiennes ont représenté plus de 85 % des ventes totales de fleurs et de plantes, résultat que les spécialistes attribuent à l’intérêt des jeunes et des immigrants.

« C’est un tout nouveau marché », affirme M. Mike von Massow, professeur agrégé à l’Université de Guelph et titulaire de la chaire du Collège d’agriculture de l’Ontario sur la gestion des systèmes alimentaires. La popularité grandissante des plantes en pot se compare aux tendances qu’on observe actuellement dans le secteur alimentaire, et la possibilité d’assouvir cette convoitise est un véritable débouché pour les producteurs. »

Appel de la terre

Deux facteurs entrent en considération. D’abord, les membres de la génération Y recherchent ardemment des occasions de s’adonner à des activités concrètes et traditionnelles comme l’horticulture ou la cuisine. Leurs journées de travail sont mouvementées, et ils veulent vivre différemment à la maison — surtout ceux qui vivent en appartement et qui n’ont pas vraiment accès à des espaces verts.

« Les plantes apportent calme et réconfort dans nos vies de plus en plus urbaines et agitées, dit M. von Massow. Elles procurent des bienfaits psychologiques et aident les gens à se rapprocher de la nature. »

Dans certains cas, les plantes ont aussi des usages fonctionnels et esthétiques. M. von Massow donne comme exemple l’intérêt grandissant pour les fleurs comestibles.

« Ce sont des aliments que les gens n’ayant pas de jardin peuvent non seulement produire à la maison, mais aussi consommer », dit‑il.

Valeur sentimentale

Certaines plantes touchent la corde sensible des Néo‑Canadiens qui les associent à leur pays natal. Des études menées par Mme Alexandra Grygorczyk, professeure agrégée au Vineland Research and Innovation Centre de l’Ontario, indiquent que pas moins de 90 % des Canadiens d’origine asiatique aimeraient que l’offre de fleurs de leur pays natal soit plus grande au Canada.

Le centre en prend bonne note. Des essais de recherche laissent entrevoir un avenir prometteur pour le jasmin sambac, plante qui, depuis toujours, est bien‑aimée en Asie.

« Son parfum particulier touche la corde sensible des Canadiens d’origine asiatique », dit Mme Amy Bowen, directrice de la recherche sur les attitudes des clients au Vineland Research and Innovation Centre.

Débouchés pour les serres

Par ailleurs, en serre, le jasmin sambac est bien adapté aux conditions estivales — chaleur intense et longue période d’ensoleillement —, conditions qui peuvent être difficiles pour de nombreuses variétés de plantes canadiennes traditionnelles produites en serre.

Il en résulte un éventail élargi de possibilités pour les exploitants de serre au cours des saisons où ils ne fonctionnent pas au maximum de leur capacité.

Le prix de détail prévu de 20 $ la plante rend ce type de production attrayant pour les exploitants de serre, qui peuvent produire trois plants au coût d’environ 5 $, d’après des recherches menées au centre.

Mme Bowen indique que les stratégies marketing qui visent à séduire ces nouveaux acheteurs, en particulier le marketing numérique, qui influence bon nombre de leurs autres décisions, stimuleront la popularité des produits horticoles, encore plus que le prix.

« Nos recherches montrent que si ces clients veulent se les procurer, ils paieront le prix demandé, dit Mme Bowen, mais ils doivent d’abord savoir où les trouver. »

En conclusion

Les Néo‑Canadiens et les membres de la génération Y qui sont avides de détente à la maison créent une foule de nouveaux débouchés pour les horticulteurs. Des recherches sur les moyens de répondre à cette demande grandissante sont en cours, et les exploitants de serre cherchent à déterminer comment ils peuvent intégrer les nouvelles espèces à leur calendrier de culture.

Article par : Owen Roberts