Les besoins en évolution des baby-boomers et de la génération Y créent des débouchés

Les besoins en évolution des baby-boomers et de la génération Y créent des débouchés

Aperçu

  • Les baby-boomers (50 ans et plus) représentent le segment de la population qui croît le plus rapidement
  • La génération Y recherche des produits uniques, authentiques qui se démarquent et leur procurent une expérience
  • La diversité ethnique permet d'introduire de nouveaux aliments au Canada en plus d'augmenter la demande pour la viande de chèvre et d'agneau

Les communautés canadiennes sont en pleine mutation. Les personnes que l’on croise dans la rue ou à l’épicerie sont de plus en plus âgées, branchées sur Internet, et plus susceptibles que jamais d’être de nouveaux arrivants au pays. Les préférences alimentaires évoluent au même rythme que les caractéristiques démographiques des consommateurs, et les producteurs et les transformateurs doivent tâcher de satisfaire ces besoins changeants.

Nombreux baby-boomers

Selon Statistique Canada, les personnes âgées sont le segment de la population canadienne qui croît le plus rapidement. Le groupe des personnes âgées de plus de 65 ans s’accroît quatre fois plus rapidement que la population en général et continuera à croître à mesure que les baby-boomers (soit les personnes nées entre 1946 et 1965) vieilliront.

L’importance croissante qui est accordée à la confiance et à la transparence crée aussi une possibilité pour les producteurs canadiens de consolider leur présence sur le marché national.

« Le nombre important de baby-boomers est à l’origine de certaines tendances sur le marché, indique M. John Cranfield, professeur au Département d’économie de l’alimentation, de l’agriculture et des ressources de l’Université de Guelph. Ces personnes vieillissent et ont une espérance de vie accrue, et leurs préoccupations en matière de qualité de vie évoluent au fil du temps. »

L’importance que les baby-boomers attachent à la santé et au bien-être stimule la tendance aux aliments fonctionnels, et les transformateurs et détaillants en tiennent compte.

« D’une certaine manière, les baby-boomers considèrent les aliments comme des médicaments. Ils recherchent des aliments peu transformés, raison pour laquelle nous assistons à une croissance de l’achalandage dans le rayon des yogourts et des aliments fermentés comme le kéfir et le kombucha, explique Jo-Ann McArthur, directrice générale de Nourish Food Marketing (en anglais seulement), une agence de commercialisation qui se spécialise dans l’alimentation. La tendance est aux aliments naturels, simples et peu transformés. »

Les valeurs de la génération Y

Parallèlement au vieillissement des baby-boomers, la génération Y, qui regroupe les personnes nées entre 1981 et 2000, est en plein essor.

« Les Y ont un rapport différent avec les aliments. Ils recherchent des produits uniques, authentiques, qui se démarquent et leur procurent une expérience », fait valoir M. Cranfield.

Si ces deux groupes représentent 27 % de la population canadienne actuelle, les Y jouissent d’un pouvoir d’achat grandissant alors que les baby-boomers voient le leur diminuer. Les Y sont généralement instruits, ont beaucoup voyagé et ont des réseaux sociaux très développés. Ils ont aussi des valeurs différentes qui influencent leurs choix alimentaires.

« Les membres de la génération Y sont très différents de leurs parents et de leurs grands- parents, en ce sens qu’ils se méfient beaucoup des aliments produits à grande échelle, souligne Mme McArthur. Pour nos parents, les grandes sociétés alimentaires étaient synonymes de meilleure qualité; elles inspiraient confiance. Aux yeux des Y, la production à grande échelle est mauvaise et n’inspire pas autant confiance. Ils accordent de l’importance au mode de fabrication; ils veulent savoir qui a fabriqué les aliments qu’ils consomment, où ils ont été fabriqués et à partir de quels ingrédients. »

Les ingrédients alimentaires authentiques, les listes d’ingrédients simples, les aliments locaux et les produits artisanaux sont des tendances que Mme McArthur associe à l’essor des Y. Ceux-ci apprécient réellement la valeur des aliments, mais peu possèdent de véritables compétences culinaires ou de connaissances pratiques de l’agriculture. Cette génération est aussi celle qui est la plus active sur les médias sociaux.

« Les médias sociaux amplifient les tendances alimentaires et appellent à une certaine transparence. Le pouvoir est passé des mains des fabricants à celles des consommateurs, d’où la nécessité de faire preuve de transparence », dit Mme McArthur.

Elle ajoute que l’intérêt pour des questions comme le bien-être des animaux est de plus en plus vif, ce qui est largement attribuable aux médias sociaux.

Diversité ethnique

Si les facteurs démographiques liés à l’âge entraînent une modification des préférences alimentaires, la capacité de conserver des marchés et de façonner de nouveaux débouchés dépend d’une clientèle solide. À mesure que le taux de natalité baisse, l’immigration est de plus en plus importante. Selon Statistique Canada, plus de 60 % de la croissance à l’heure actuelle est attribuable aux néo-Canadiens.

« Les gens qui émigrent apportent leur cuisine, leurs traditions et leurs types d’aliments, et les marchés évoluent en conséquence, explique M. Cranfield. C’est ainsi que de nouveaux aliments arrivent sur le marché et que de nouvelles cultures sont produites au Canada. »

Les détaillants en épicerie ont été témoins de l’essor des aliments préparés d’inspiration internationale et de l’arrivée de produits de plus en plus diversifiés, comme le pak-choï et l’okra. La demande de viande de chèvre et d’agneau est aussi à la hausse, dépassant la capacité de production et de transformation canadienne.

Selon Mme McArthur, le groupe démographique qui grandit le plus rapidement au Canada à l’heure actuelle est celui des consommateurs musulmans; il croît à un rythme de 11 à 13 % par année.

« Ce marché est très mal desservi. Les gens associent principalement le marché halal à la viande, mais il englobe beaucoup plus que cela, explique Mme McArthur. Par exemple, la gélatine entre dans la fabrication de nombreux produits, comme les friandises, les bonbons gélifiés, les guimauves et les produits cosmétiques, entre autres, qui ne sont pas offerts sur le marché halal. »

Nouvelle réalité, nouveaux débouchés

La demande alimentaire est plus complexe que jamais, mais cela crée aussi des débouchés pour les producteurs.

« Ces débouchés découleront du fait qu’il n’y a pas un consommateur unique, mais une variété de consommateurs, explique M. Cranfield. Nous assistons à l’émergence de plus petits segments de consommateurs, donc il est important d’être attentifs à ces débouchés et disposés à adopter une perspective de commercialisation. »

L’importance croissante qui est accordée à la confiance et à la transparence crée aussi une possibilité pour les producteurs canadiens de consolider leur présence sur le marché national.

« De nos jours, les produits locaux sont bien en vue à l’entrée des supermarchés. Les détaillants emploient la mention “local” comme gage de qualité, dit Mme McArthur. Les gens veulent soutenir leurs voisins, et la dimension locale est donc plus importante que jamais. »

D'après un article de l'AgriSuccès (numéro spécial de 2017) de Tamara Leigh 

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