Conseils sur la gestion des risques pour les producteurs de porcs

Alors que les producteurs de porcs s’attendaient à récolter les fruits de leur labeur, une augmentation de l’offre de porc aux États-Unis et l’imposition de tarifs sur leurs exportations de porc ont fait chuter les prix au Canada de pas moins de 55 $ par animal en juin. Le Conseil canadien du porc (CCP) estime que cette baisse soudaine a entraîné des pertes de 125 millions de dollars pour l’industrie porcine canadienne entre juin et septembre.

« Il s’agit d’une activité cyclique », dit Rick Bergmann, président du CCP et producteur de porcs au Manitoba. « En règle générale, le marché est en baisse vers la fin de l’automne et au début de l’hiver. Nous faisons ce que nous pouvons pour nous y préparer. »

Eric Olson, conseiller en gestion agricole du cabinet MNP Ltd. de Winnipeg, affirme que les producteurs de porcs sont déjà doués pour la gestion des risques.

« Au cours des 15 dernières années, l’industrie porcine a été confrontée à plus d’un ralentissement important. Les producteurs de porcs ont donc dû se mettre au régime minceur plus que tous les autres », explique M. Olson.

Planifier l’avenir

Les producteurs peuvent prendre des mesures pour gérer leurs risques. À court terme, le CCP les encourage à continuer de se concentrer sur la biosécurité.

« La DEP et la peste porcine africaine auraient un effet dévastateur si elles frappaient en ce moment inopportun », souligne Gary Stordy, directeur, Affaires gouvernementales et corporatives du CCP. « Nous ne voulons pas de ces maladies. »

Le CCP recommande aussi aux producteurs de s’assurer que leurs coûts correspondent à leur production.

« Il y a quelques années, les producteurs ont augmenté leur efficacité en surveillant leur consommation d’énergie et les rations alimentaires de leurs animaux ainsi qu’en gérant leurs dépenses, dit M. Stordy. Ce sont des facteurs qu’ils doivent à nouveau surveiller de près. »

M. Olson recommande aux producteurs de prendre du recul pour examiner le marché et comprendre pourquoi les prix sont à la baisse, quels facteurs ont conduit à la chute des prix et quels changements sur le marché vont les faire remonter.

« Les producteurs pourront ainsi évaluer la durée du ralentissement et déterminer pendant combien de temps ils devront exploiter leurs réserves », indique M. Olson, qui recommande aussi aux producteurs de retarder leurs dépenses en immobilisations. « Dans un contexte de ralentissement, il est essentiel de ménager les liquidités et les ressources. »

Les producteurs devraient aussi consulter leurs conseillers financiers. Financement agricole Canada, par exemple, a annoncé qu’elle collaborera avec ses clients afin de trouver des solutions, comme le report des paiements de capital ou d’autres modifications au calendrier de remboursement de leurs prêts, afin d’atténuer la pression financière exercée sur les producteurs touchés par la chute des prix.

M. Bergmann est optimiste.

« Le secteur de la production porcine au Canada se porte bien, dit-il. Nous avons un excellent produit et nous sommes très respectés. Nous devons simplement assurer la viabilité de nos fermes, et nous n’y manquerons pas. »

En conclusion

La baisse soudaine des prix des porcs a eu des répercussions considérables sur les producteurs de porcs du Canada, mais les prix remontent et l’industrie est en train de se stabiliser. Les producteurs ont accès à du soutien et peuvent prendre des mesures pour gérer les risques.

Tandis que les prix du porc se raffermissent au Canada, des experts conseillent aux producteurs de gérer les risques et d’évaluer leurs dépenses en immobilisations.

Article par : Trudy Kelly Forsythe