Coup d’œil sur les solutions de rechange en matière de désherbage

Les herbicides ne sont plus la solution miracle aux problèmes de mauvaises herbes. De nouvelles solutions sont à l’étude en raison des nombreux obstacles auxquels se heurtent les herbicides.

Dans le « bon vieux temps », la vie semblait plus simple. Il suffisait de se faire conseiller un produit ou un mélange d’herbicides à utiliser pour détruire une gamme de mauvaises herbes dans une culture donnée.

La résistance se développe

De nos jours, les populations de mauvaises herbes sont de plus en plus résistantes à certains produits chimiques, et il n’existe pas toujours d’herbicides de substitution. De plus, peu de nouvelles compositions chimiques sont en cours d’élaboration.

En outre, des limites maximales de résidus (LMR) ne sont pas toujours en vigueur dans les pays importateurs, et celles-ci ne sont pas toujours normalisées. Cela restreint aussi le nombre d’options qui s’offrent aux producteurs. Le site Web KeepingItClean.ca a été créé pour aider les producteurs à démêler les produits autorisés et les produits non autorisés.

Les populations de mauvaises herbes sont de plus en plus résistantes à certains produits chimiques, et les LMR limitent les options. Que peuvent faire les producteurs?

Supposons qu’une parcelle de lentilles sur le point d’être récoltée est envahie par le kochia à balais (kochia weed). Par le passé, un producteur aurait peut-être utilisé du glyphosate pour tuer et assécher les mauvaises herbes afin de faciliter le moissonnage-battage. Toutefois, depuis quelques années, une proportion croissante de ces mauvaises herbes géantes en forme de sapin de Noël résiste au glyphosate.

Il existe des produits que l’on peut associer au glyphosate pour contrer la résistance, mais il n’y a pas toujours de LMR en vigueur pour ces produits dans les pays acheteurs de lentilles. De plus, le glyphosate est constamment la cible d’activistes. Certains acheteurs veulent éviter tout résidu de glyphosate, peu importe le seuil autorisé.

Recours aux stratégies de lutte intégrée

Désormais, les stratégies de lutte intégrée contre les mauvaises herbes seront beaucoup plus répandues. Les herbicides continueront à jouer un rôle déterminant, mais on aura de plus en plus recours aux solutions de substitution.

Le travail du sol comporte des désavantages, mais de nouvelles méthodes de travail du sol sont en cours de développement, dont la culture entre les rangs, qui est facilitée par l’utilisation de caméras et de logiciels adaptés.

On s’efforce aussi de limiter la quantité de graines de mauvaises herbes qui retourne dans le sol. Le Harrington Seed Destructor, outil créé en Australie, fait l’objet d’évaluations au Canada, et on explore d’autres méthodes de destruction des graines de mauvaises herbes au moment où elles sortent des moissonneuses-batteuses.

L’agronomie est un autre outil important. La rotation des cultures, l’augmentation des taux de semis, le rétrécissement des rangs de semis, les cultures intercalaires et les cultures-abris peuvent aider les cultures à l’emporter sur les mauvaises herbes.

Aucune de ces solutions de rechange n’est une solution absolue. Il n’existe aucun moyen unique de remplacer les herbicides. Toutefois, nous pouvons apprendre des producteurs biologiques qui ont toujours dû compter sur d’autres stratégies.

En tant que producteurs, nous devons changer notre façon de penser. Concrètement, nous devons tâcher d’utiliser les herbicides plus intelligemment tout en explorant d’autres méthodes de désherbage.

D’après un article de l’AgriSuccès (janvier 2019) par Kevin Hursh.


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