La valeur de vos cultures et les populations de parasites justifient-elles le recours à la pulvérisation?

Les insectifuges coûtent cher. Il est donc judicieux de déterminer si la gravité du problème – et la valeur des cultures – justifient le recours à cette méthode d’un point de vue économique, disent des experts.

Selon Brian Voth, président de la société IntelliFARM (une entreprise de commercialisation du grain établie dans l’Ouest canadien), le fait d’investir davantage dans la protection des cultures de grande valeur, comme le canola, est sensé pour ses clients. Cela est d’autant plus vrai que chaque acre coûte aussi plus cher à exploiter.

Le ratio coût-bénéfice des cultures de moindre valeur ne justifie pas nécessairement le recours à la pulvérisation.

« Les producteurs ont tout intérêt à faire le nécessaire pour tirer le meilleur rendement de leurs cultures, dit M. Voth. Si [l’avoine] rapporte 3 $ le boisseau, vous pouvez absorber une certaine perte avant que la pulvérisation soit justifiée sur le plan économique. »

James Tansey, spécialiste provincial de la lutte contre les insectes et les ravageurs vertébrés au ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan, ajoute que les seuils de tolérance aux parasites diminuent généralement lorsque les prix des cultures sont élevés et que les coûts de la lutte antiparasitaire sont bas.

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Les recommandations en faveur de la pulvérisation reposent sur des calculs exhaustifs, dit Emma Epp, conseillère agricole agréée et spécialiste de la vente de cultures de la coopérative AGRIS, dans le Sud de l’Ontario.

« Il faut piéger des insectes, recenser leurs populations et déterminer les seuils selon le stade de croissance des cultures, explique Mme Epp. Les producteurs qui en prennent l’habitude acquièrent de bonnes pratiques de lutte intégrée contre les ravageurs. »

Il est important, dit-elle, de se mettre au diapason du conseiller agricole de la ferme et de tenir compte de son avis lorsqu’il indique qu’un ravageur a atteint le seuil maximal.

« Nous recommandons la pulvérisation uniquement lorsque c’est essentiel », dit Mme Epp.

L’importance de connaître son budget

De façon générale, M. Voth indique que pour déterminer s’il est raisonnable d’entreprendre la lutte contre les parasites, il faut dresser un budget rigoureux. Toutefois, ce ne sont pas toutes les fermes qui en possèdent un.

« Une fois que le coût de production (en anglais seulement) est établi, il convient d’échafauder des scénarios. Il est très facile de monter un scénario hypothétique pour déterminer l’incidence éventuelle sur le ratio coûts-intrants, dit M. Voth. Si le résultat est douteux, je remettrais en question la pertinence de cette intervention. »

M. Tansey rappelle l’importance de calculer soigneusement le coût d’une mesure de lutte antiparasitaire afin d’éviter qu’il dépasse les rendements des cultures. Pour ce faire, il faut tenir compte de tous les coûts connexes – dont le carburant, la main-d’œuvre, l’usure des machines et même les effets sur les insectes bénéfiques.

« Une certaine connaissance de la biologie et des caractéristiques particulières des parasites est essentielle et améliorera la prévisibilité et l’efficacité des mesures de lutte », souligne M. Tansey.

« La simple présence d’insectes dans un champ ne justifie pas le recours à la pulvérisation. S’il n’y a pas d’insectes nuisibles, ou que le seuil de rentabilité économique n’est pas atteint, vous dépenserez de l’argent inutilement. »

En conclusion

Des experts conseillent aux producteurs de calculer soigneusement les coûts liés à la protection de leurs cultures contre les insectes nuisibles avant de décider de pulvériser. Des questions comme la valeur des cultures, les pratiques de lutte intégrée contre les parasites à la ferme et le coût de la pulvérisation doivent aussi être prises en compte.

Article par : Matt McIntosh