La vente en ligne vous intéresse?

Lorsque l’apiculteur Richard Ozero a fondé Good Morning Honey en 2010 près de Stony Plain, en Alberta, il croyait d’entrée de jeu que le commerce électronique devait faire partie intégrante de son entreprise.

« Nous nous rendions compte que beaucoup de nos amis et clients se tournaient vers les achats en ligne, explique M. Ozero. De nos jours, une entreprise doit se trouver là où les gens dépensent leur argent. Certains le font à l’épicerie, d’autres le font à partir de leur ordinateur. »

Si certains produits agricoles sont périssables et peuvent être difficiles à expédier, le miel, la cire d’abeille et le pollen de M. Ozero se conservent plus longtemps et se prêtent à merveille à la vente en ligne. Même s’il fait maintenant affaire avec des clients aux États-Unis, en Asie et en Europe, il continue à vendre ses produits dans les marchés fermiers, dans les épiceries locales et sous la marque de la coopérative Beemaid.

M. Ozero a confié la création de son site Web de commerce électronique à un concepteur numérique d’Edmonton afin d’offrir une plateforme conviviale et fiable aux consommateurs. Il sait d’expérience que l’établissement d’une infrastructure virtuelle peut se révéler dispendieux. Compte tenu des coûts permanents liés au marketing, et pour suivre les progrès de la technologie, la vente en ligne sans intermédiaire n’entraîne pas nécessairement d’économie. Malgré tout, il compte mener des affaires en ligne encore longtemps.

« C’est la nouvelle réalité, dit M. Ozero. Si vous voulez tirer parti de ce nouveau commerce agricole, vous devez avoir une présence en ligne qui vous permet de vendre vos produits directement aux consommateurs. »

Guichet unique pour l’achat de produits agricoles

Si certains agriculteurs canadiens choisissent de créer un site Web comportant un magasin en ligne, d’autres recourent à la vente en ligne par l’intermédiaire d’un supermarché virtuel axé sur les produits agricoles.

En 2013, Nathan Steele a fondé My Farmers’ Market à Winnipeg, au Manitoba, pour offrir des aliments frais provenant de plus de 70 producteurs locaux et livrés le jour même. Contrairement aux producteurs qui suivent le modèle de l’agriculture soutenue par la communauté, son entreprise permet aux clients de personnaliser leur commande en ligne selon leurs besoins, au lieu de recevoir un panier mystère.

« Mes clients sont des jeunes qui veulent connaître l’agriculteur (qui remplit leur panier) ou la provenance de leurs aliments, explique M. Steele. Tout le monde y gagne parce que nous offrons aussi à nos producteurs un modèle pratique du point de vue logistique. »

M. Steele est fier du chemin que son entreprise a parcouru et de la représentation positive qu’il offre aux producteurs qui utilisent sa plateforme. Néanmoins, il admet que la voie de la commercialisation des aliments en ligne n’est pas pavée d’or.

Au cours de ses cinq années d’activité, M. Steele a vu d’autres portails de l’alimentation s’ouvrir sur le marché en ligne, offrant de grandes marques à bas prix. C’est un marché concurrentiel qui exige beaucoup de travail et qui accorde rarement un répit.

« Je dirais que nous progressons lentement, mais sûrement, confie M. Steele. On ne réussit pas du jour au lendemain. C’est un travail de longue haleine. »

Tandis que Richard Ozero de Good Morning Honey considère son marché en ligne comme un aspect important de son activité de distribution, il est intéressant de souligner que M. Steele, qui est pourtant un pionnier de la vente d’aliments en ligne, a dernièrement décidé d’avoir pignon sur rue pour profiter de l’achalandage devant son entrepôt.

« Winnipeg accueille ce concept à bras ouverts, assure-t-il. Il y a des hauts et des bas, mais nous sommes ravis de ce que nous avons créé. »

Cinq conseils pour vous préparer à faire du commerce en ligne

Cinq conseils pour vous préparer à faire du commerce en ligne.

Préparez votre plateforme de commerce électronique. Trouvez un modèle de site Web de commerce électronique, faites affaire avec une entreprise qui se spécialise dans la création de boutiques en ligne personnalisées, ou faites équipe avec quelqu’un qui possède déjà un site Web éprouvé.

Déterminez votre mode de paiement. Les banques canadiennes offrent différentes options de paiement en ligne, mais vous pouvez aussi utiliser des services comme Square, Stripe, PayPal ou Shopify. Attendez-vous à payer des frais mensuels, des frais par transaction ou les deux.

Réfléchissez à vos options de livraison. La plupart des clients s’attendent à payer des frais de livraison. Selon votre modèle d’entreprise, vous pouvez livrer votre produit vous-même ou par l’entremise d’un service de messagerie ou de transport commercial. Si vous livrez à l’étranger, vous risquez d’être assujetti à certaines restrictions ou à certains règlements. Réglez ces questions d’avance.

Créez vos politiques. Il arrive que des produits soient endommagés durant le transport, ou qu’ils ne correspondent pas aux attentes du client. Communiquez clairement vos politiques de retour ou de remboursement sur le site Web de votre magasin virtuel. Si vous n’acceptez pas les retours, indiquez-le, mais rappelez-vous que le service après-vente est très important.

Passez le mot. Comme pour une entreprise traditionnelle, vous devrez attirer la clientèle dans votre magasin. Ajoutez l’adresse de votre site Web sur tous vos supports publicitaires, y compris vos cartes de visite, vos brochures, vos fiches de recettes, vos affiches et vos comptes dans les médias sociaux.

D’après un article de l’AgriSuccès (juin 2018) de Kieran Brett.