Comment protéger vos données agricoles

Les mégadonnées sont hautement susceptibles d’améliorer la rentabilité des agriculteurs et de promouvoir les produits agricoles et alimentaires canadiens partout dans le monde. Toutefois, une étude sur les données agricoles commandée par Vision FAC en novembre 2018 indique que le degré d’aisance de 58 % des participants vis-à-vis la technologie ne s’est pas amélioré ces deux dernières années. De plus, 25 % des participants se méfient de plus en plus de la façon dont les entreprises recueillent et utilisent les données.

Si les sociétés ne prennent pas rapidement des mesures pour préciser qui possède les données, comment elles sont utilisées et avec qui elles sont partagées, les possibilités qu’offre la technologie risquent de s’évaporer en raison de cette méfiance.

« Cette étude a été une sorte de prise de conscience; elle a vraiment touché une corde sensible », dit Fred Wall, vice-président du Marketing de FAC, à Regina. « J’avais eu écho de la réticence ou des soupçons de nombreux producteurs, mais j’oserais dire que personne n’aurait prévu le résultat de ce sondage il y a deux ans. À l’époque, on se disait que les producteurs s’habitueraient, ou qu’ils devraient se résoudre à partager [leurs données]. Il est très intéressant de voir la portée de cette question de confiance. Le niveau de confiance des participants était aussi susceptible d’avoir diminué ou d’être resté inchangé, et ce, que les technologies numériques occupent très peu ou beaucoup de place dans leur vie. »

Qui a le droit de savoir?

Les producteurs sont bien prêts à partager des données sur la production avec des membres de groupes de gestion agricole pour déterminer comment leur exploitation se compare avec les autres et quels aspects ils peuvent améliorer. Toutefois, dit M. Wall, ce type de partage est ouvert, volontaire et transparent. Les producteurs savent exactement quelles données ils partagent, avec qui ils les partagent et pourquoi ils le font. Il en va autrement lorsque des étrangers possèdent une connaissance intime de leur exploitation agricole grâce à des données générées par leurs machines ou leurs logiciels de gestion qui sont stockées dans le nuage.

Les producteurs sont prêts à partager des données sur la production avec des membres de groupes de gestion agricole… Il en va autrement lorsque des étrangers possèdent une connaissance intime de leur exploitation grâce à des données générées par leurs machines agricoles. Partagez sur Twitter

La plupart des fournisseurs de technologie agricole recueillent des données pour optimiser leurs produits et leurs services et pour apporter une valeur ajoutée aux producteurs, indique M. Wall. Par exemple, les données pourraient servir à fournir le maximum d’information sur chaque champ à un agronome afin qu’il puisse formuler de meilleures recommandations. Ce type de partage de données peut être très avantageux pour une exploitation agricole. Il permet de déceler des tendances et de cerner des défaillances à corriger pour améliorer la rentabilité.

Cependant, les producteurs veulent avoir la certitude qu’ils ne livrent pas accidentellement des secrets commerciaux. De la même façon, le franchisé du restaurant PFK local se servira avidement des moyens de communication en ligne pour annoncer ses heures d’ouverture et recevoir des commentaires des clients. Toutefois, il voudra éviter de communiquer accidentellement son mélange secret de onze herbes et épices.

Certification Ag Data Transparent

Personne ne veut se casser la tête à lire un long contrat de licence d’utilisateur final pour savoir quels droits un fournisseur demande que l’on cède. C’est pourquoi 20 produits phares de l’industrie, dont le progiciel Centre des opérations de John Deere et la plateforme AgExpert de FAC, ont obtenu la certification Ag Data Transparent (ADT). Ce sceau garantit que le contrat d’utilisation du fournisseur est conforme aux principes fondamentaux de la American Farm Bureau Federation en matière de confidentialité et de sécurité des données agricoles.

Les producteurs peuvent consulter le site Web d’ADT pour savoir d’un seul coup d’œil quels types de renseignements une entreprise recueille, qui possède les données et avec qui elles seront partagées.

« Dans une certaine mesure, chaque entreprise obtient le consentement de tous ses collaborateurs pour recueillir leurs données », indique Todd Janzen, administrateur d’ADT à Indianapolis, en Indiana. « Dans certains cas, il s’agit d’un consentement général; dès que vous laissez l’entreprise accéder à vos données, celle-ci peut les utiliser comme bon lui semble. D’autres fois, le consentement est plus précis. Vous autorisez l’entreprise à stocker vos données, mais si elle souhaite les partager, elle devra solliciter votre permission de communiquer avec un tiers. »

« Le fait d’être la première société canadienne à obtenir la certification ADT nous procure de grands avantages, affirme M. Wall. Tout d’abord, cela a grandement simplifié nos contrats avec les producteurs. Ils sont maintenant rédigés dans un langage simple et clair et sont beaucoup plus courts qu’avant. Cela nous oblige aussi à inscrire au dossier – à des fins de vérification auprès de personnes en dehors de FAC – qui est propriétaire des données. »

La certification ADT aide les producteurs à répondre aux trois questions cruciales qu’ils devraient se poser avant d’envisager de s’abonner à un outil numérique ou à un progiciel, indique M. Wall :

  1. Qui possède mes données? N’importe quel fournisseur ou concessionnaire devrait être en mesure de répondre à cette question en termes simples.
  2. Avec qui les données sont-elles partagées, et pourquoi?
  3. Ai-je le droit de me retirer et d’emporter mes données?

« Le simple fait de poser ces questions clarifiera beaucoup de choses, dit M. Wall. Puis, selon les réponses, vous pourrez déterminer si vous êtes à l’aise ou non. »

Il est facile de négliger la troisième question, dit M. Wall. Pourtant, c’est sans doute la question la plus importante, parce que si vous pouvez vous retirer et reprendre vos billes, alors ces billes sont à vous.

« Les données agricoles offrent de nombreux avantages potentiels aux producteurs agricoles, mais si nous voulons en profiter, nous devrons franchir le fossé de la méfiance », conclut M. Wall. 

D’après un article de l’AgriSuccès (juin 2019) par Lorne McClinton.

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    Darcy Herauf d’Odessa, en Saskatchewan, a une bonne mémoire des intrants. Mais il était heureux de pouvoir compter sur des registres de production électroniques au cours de la dernière année lorsqu’il a vendu du canola et du lin à des acheteurs qui demandaient des détails très précis sur la protection des cultures.