Les frères Hiebert lancent une entreprise de service aérien par drone

Aperçu

  • L'exploitation de la famille Hiebert a prospéré pendant trois décennies grâce à des pratiques culturales de pointe
  • En 2013, Curtis et Scott Hiebert ont commencé à utiliser des drones pour le dépistage en culture
  • Les frères ont mené des essais sur de nombreux modèles populaires de véhicules aériens sans pilote à la ferme et en montagne
  • En 2015, les frères Hiebert ont créé Green Aero Tech, une entreprise offrant des services liés à l'utilisation des drones
  • Les frères Hiebert aiment avoir une longueur d’avance. À l’heure actuelle, ils sont en bonne voie de lancer la première entreprise pancanadienne de service aérien par drone.

Curtis (@CurtisHiebert) et Scott (@Scott_Hiebert), âgés respectivement de 39 et de 33 ans, ont grandi dans une ferme de la vallée de la rivière Rouge, près de Carman, au Manitoba. Sous la direction de leur père Ron, la ferme R&L Acres de Sperling, au Manitoba, a pris de l’expansion et prospéré pendant trois décennies grâce à des pratiques culturales de pointe.

Nous considérions que les avantages liés à l’utilisation des drones pouvaient s’étendre à d’autres entreprises. Il nous paraissait évident que d’autres industries pourraient en profiter.

La dernière entreprise des frères Hiebert a entrepris ses activités au début de 2013.

À cette époque, R&L Acres cultivait quelque 11 000 acres de maïs, de canola, de soja et de blé. La famille exploitait aussi d’autres entreprises. Elle a mis sur pied une entreprise de camionnage spécialisée dans la vente de grosses balles de paille carrées à des clients dans les États du Haut-Midwest. Elle vendait aussi des milliers de supports de fixation pour GPS à des producteurs agricoles au Canada, aux États-Unis et en Australie par l’intermédiaire de concessionnaires John Deere.

L’exploration d’un nouveau débouché

Ces deux activités d’appoint (le transport de paille par camion et la fabrication de supports permettant de fixer de vieux récepteurs GPS à de nouveaux équipements) étaient des idées de Curtis qui, irrité par un problème, avait flairé un débouché.

Parallèlement, sur la côte ouest, son cadet menait depuis 12 ans une carrière sur les marchés hypothécaires et des investissements. Il venait de déménager à Whistler, mais demeurait attaché à l’agriculture et cherchait une possibilité d’investissement.

En 2013, Scott a découvert que Curtis avait fait l’acquisition d’un nouveau jouet captivant : un drone DJI Phantom muni d’une caméra numérique. Il envisageait de le mettre à l’essai pour le dépistage en culture.

« Au départ, nous ne faisions que nous amuser avec des véhicules aériens sans pilote (UAV), relate Scott. À l’automne, nous commencions déjà à en explorer le potentiel commercial. L’année dernière, en 2014, nous avons mené des essais. Nous avons essayé environ sept véhicules aériens sans pilote, et nous avons investi des sommes importantes dans ces expérimentations. »

Leurs essais avec des drones ont eu lieu essentiellement à la ferme, mais aussi en montagne. Les frères ont exploré les capacités des appareils à voilure fixe et des appareils à rotor, du DJI Phantom bon marché à un modèle à voilure fixe de 65 000 $ fabriqué en Europe de l’Est. Scott a d’ailleurs passé plusieurs jours en Slovénie pour apprendre à piloter ce drone.

Les frères Hiebert ont aussi essayé le populaire eBee de SenseFly, une entreprise suisse, et le Precision Hawk, fabriqué à Peterborough, en Ontario.

Le plus particulier était le Big Guy, comme l’appelle Scott. Fabriqué sur mesure pour eux à Vancouver, le Big Guy possède huit rotors et « surpasse tous les autres » pour ce qui est de la capacité de transport, des capteurs et de la durée de vol. Il peut transporter une charge utile de cinq kilogrammes et plus, comme la caméra vidéo professionnelle Red Epic.

L’élaboration d'un plan

Tandis qu’il approfondissait ses connaissances et élaborait un plan d’entreprise, Scott a fait la démonstration de ses drones à des agents de recherche et de sauvetage en montagne à Whistler ainsi qu’à des enquêteurs en scène de crime et d’accident de la GRC à l’échelle des Prairies.

Il s’est aussi occupé de questions légales et d’enjeux pour les agriculteurs. « Nous considérions que les avantages liés à l’utilisation des drones pouvaient s’étendre à d’autres entreprises. Il nous paraissait évident que d’autres industries pourraient en profiter, mais nous devions faire la démonstration de notre modèle, explique Scott. Nous y travaillons toujours d’ailleurs. »

L’industrie naissante des drones au Canada est réglementée rigoureusement par Transports Canada. Les drones sont classés par catégories de poids. Les pilotes de drones sont autorisés à piloter les appareils de la catégorie qu’ils maîtrisent et doivent suivre un programme de formation à cet égard. Des restrictions très sévères s’appliquent au pilotage des drones en ce qui a trait aux lieux ainsi qu’aux heures de vol.

L’atteinte d'une étape clé

Au début de 2015, Scott et Curtis ont atteint une étape clé de leur projet concernant les drones. Transports Canada leur a accordé des permis d’exploitation en Colombie- Britannique, dans les Prairies, en Ontario et dans les Territoires du Nord-Ouest. Par ailleurs, leurs demandes de permis d’exploitation au Québec et dans les provinces de l’Atlantique sont en cours de traitement.

En outre, les frères ont créé une entreprise offrant des services liés à l’utilisation des drones, Green Aero Tech. Ils ont acquis des droits de distribution du Precision Hawk dans l’Ouest canadien et des permis de vente au détail pour la gamme de drones à rotor DJI ainsi que pour le Draganflyer à rotors multiples, qui est fabriqué en Saskatchewan.

Avec le Precision Hawk, Green Aero peut traiter des données obtenues au moyen d’un capteur fixé à un drone en quelques minutes plutôt qu’en quelques heures ou en plusieurs jours, et ce, pour aussi peu que 10 cents par acre. Parmi les premiers clients des frères Hiebert, on comptait deux entreprises de semences de renommée mondiale, un grand fabricant de machinerie, une société d’experts-conseils en agronomie en plein essor, des agronomes particuliers et une entreprise cinématographique.

Ils entendent consacrer la saison de croissance 2015 aux ventes au détail, à servir de nouveaux clients et à poursuivre les recherches sur leur propre terre. « À l’heure actuelle, Scott est autorisé à piloter des drones dans toutes les provinces canadiennes à l’ouest du Québec, dit Curtis. Très peu d’administrateurs possèdent tous ces permis. C’est comme si nous avions une ligne aérienne. Ses permis lui permettent d’offrir des services à des gens œuvrant dans le domaine cinématographique à Vancouver, dans l’immobilier en Ontario et dans la recherche agricole dans les Prairies. »

Comme le potentiel de la technologie des drones n’est pas encore pleinement exploité, les frères Hiebert ont littéralement le vent dans les voiles, et ce, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du secteur agricole.

D'après un article de l'AgriSuccès (septembre/octobre 2015) de Kevin Hursh (@KevinHursh1).