Chanvre et féverole à petits grains

Nouvelle culture

Aperçu

  • Agronome, producteur et formateur D'Agri-Trend, Terry Aberhart a connu beaucoup de succès grâce à deux cultures émergentes : le chanvre industriel et la féverole à petits grains
  • Terry attribue son succès à l'établissement de bonnes relations avec un partenaire d'affaires et à la conclusion de contrats bien définis
  • Il suggère également de partager votre plan de cultures avec votre équipe de gestion agricole pour que celle-ci comprenne ce qui motive les décisions

En 2015, Terry Aberhart, agronome, producteur et formateur d’Agri-Trend, à Langenburg, en Saskatchewan, a décidé de produire deux cultures émergentes : le chanvre industriel et la féverole à petits grains.

« Il y a cinq ans, je dirais que le blé et le canola représentaient entre 80 et 90 % de nos cultures. Cette année, nous avons cultivé environ 3 200 acres de canola, 2 200 acres de blé de printemps, 1 500 acres de blé d’hiver, 1 500 acres de chanvre, 1 400 acres d’orge brassicole, 1 000 acres de lin et 150 acres de féverole à petits grains », dit-il.

Des relations locales

« J’aime beaucoup produire une culture pour un utilisateur final qui se trouve à Winnipeg et avec qui j’ai une relation directe, explique M. Aberhart. Mon produit est utilisé par une entreprise locale et aboutit sur les tablettes d’une épicerie à laquelle je peux me rendre à pied. J’aime cette proposition de valeur et l’idée de la chaîne d’approvisionnement. »

« Mon produit est utilisé par une entreprise locale… J’aime cette proposition de valeur et l’idée de la chaîne d’approvisionnement. »

Avant de s’engager, M. Aberhart veut être assez certain de ses chances de réussite : un bon rendement la première fois, des contrats attrayants, un niveau de protection, des livraisons en temps opportun et un profit  pour ses efforts. Toutes ces conditions étaient réunies pour sa première tentative avec du chanvre industriel : en 2014, il a cultivé 400 acres pour Manitoba Harvest Hemp  Foods.

Leçons apprises

« Notre première récolte de chanvre, grâce à l’encadrement et à la rétroaction que nous avons obtenus, a été une grande réussite. Quand nous nous sommes lancés, nous étions au courant des nombreux défis associés à la récolte et à la manipulation, et nous avons  tout de même tiré certains enseignements. En fin de compte, ce fut notre meilleure récolte cette année-là. »

« Sur le plan de la commercialisation, les choses vont bien. Nous poursuivons nos études de marché, mais cette année, nous avons cultivé 1 500 acres, principalement parce que nous savons qu’il y a un débouché prometteur », confie-t-il.

La féverole à petits grains présente un attrait énorme. « J’aimerais beaucoup avoir une autre légumineuse dans ma rotation, dit-il. Nous avons retiré les pois, à cause de problèmes comme le pourridié, et nous avons essayé le soja, mais à l’heure actuelle, cette culture n’est pas rentable pour notre région. »

La vente de féveroles à petits grains a soulevé certaines préoccupations. « J’étais plutôt méfiant en raison de ce que j’avais entendu au sujet de certains contrats et de certains acheteurs. Par ailleurs, c’est la première fois que je fais affaire avec cette entreprise, explique-t-il. Pour réduire le risque, nous avons cultivé seulement un quart de section et avons conclu un contrat pour la moitié de la production. »

M. Aberhart dresse son propre plan de cultures, puis il l’examine avec son équipe de gestion agricole.

« J’expose à l’équipe les raisons pour lesquelles nous voulons produire ces cultures, et je m’assure que l’équipe nous soutient. Lorsque le bec arrière de la moissonneuse- batteuse souffle du chanvre, il est utile que l’équipe sache pourquoi nous en cultivons », conclut-il.

D'après un article de l'AgriSuccès (janvier/février 2016) de John Dietz.