Le secteur céréalier se prépare pour une récolte exceptionnelle

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Aperçu

  • Dans l'Ouest canadien, on s'attend à une récolte exceptionnelle cette saison
  • Les compagnies de chemin de fer du Canada semblent avoir confiance en leur capacité d'expédier une récolte potentiellement massive cette année

Les intervenants de l'industrie céréalière se préparent à composer avec une récolte qui pourrait être exceptionnelle dans l'Ouest canadien.

« Je m'attends à une récolte abondante, mais je ne saurais dire si elle sera aussi abondante que celle de 2013, parce que les conditions sont un peu plus sèches cette année dans le sud de l'Alberta, et [en raison des] violentes tempêtes de pluie qui ont touché certaines parties de la Saskatchewan et du Manitoba », indique Gary Stanford, président des Producteurs de grains du Canada.

En faisant la moyenne des estimations de ses six grandes sociétés céréalières membres, la Western Grain Elevator Association (WGEA) a prévu le mois dernier que la récolte dans l'Ouest canadien s'établira à 68,6 millions de tonnes cette année. La WGEA ajoute que la production pourrait varier entre 63,3 millions et 74,1 millions de tonnes, ce qui est nettement supérieur à la moyenne quinquennale, qui est de 61 millions de tonnes.

Les sociétés céréalières ont investi dans leur capacité dans les Prairies et sur la côte Ouest, ce qui leur permet de charger et de décharger plus de wagons porte-rails chaque semaine.

Les compagnies de chemin de fer sont confiantes

L'aspect logistique a causé des maux de tête en raison d'une récolte record inattendue de 76 millions de tonnes en 2013, mais les deux grandes compagnies de chemin de fer du Canada semblent avoir confiance en leur capacité d'expédier une récolte potentiellement massive cette année.

« Le CN est tout à fait prêt et résolu à expédier la récolte imminente de façon sécuritaire, efficace et rapide », déclare Mark Hallman, porte-parole de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. « Évidemment, le CN compte sur l'entière collaboration de ses partenaires de la chaîne d'approvisionnement du grain. »

Le chef de la direction du Chemin de fer Canadien Pacifique (CP), Hunter Harrison, a livré un message similaire dans une lettre adressée au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, et à d'autres ministres fédéraux et provinciaux.

La plus grande agroentreprise du Canada, Richardson International, estime aussi que le succès de l'année d'expédition 2016 repose sur un effort concerté.

« Si, de fait, nous avons une autre récolte exceptionnelle, tous les intervenants de la chaîne d'approvisionnement devront faire de leur mieux pour que les céréales et les oléagineux canadiens circulent de façon continue de la ferme aux marchés d'utilisation finale », déclare Tracey Shelton, porte-parole de la société.

Préoccupations

M. Harrison s'est dit préoccupé par les milliers de wagons-trémies et de locomotives du CP qui sont actuellement garés, et a appelé à une réduction des stocks de report de céréales afin de diminuer les volumes globaux avant la période de pointe des expéditions.

« Il serait désolant que la chaîne d'approvisionnement voie sa capacité considérablement affaiblie parce que des clients veulent attendre que les prix atteignent un niveau particulier avant de vendre leur grain, comme cela s'est passé à l'été et au début de l'automne 2013 », fait valoir M. Harrison.

La WGEA estime que 8,76 millions de tonnes de céréales de la récolte 2015 2016 seront reportées à la nouvelle campagne.

Mesures proactives

Wade Sobkowich, directeur général de la WGEA, indique que les producteurs et les sociétés céréalières peuvent être proactifs en réduisant leurs volumes reportés avant la récolte.

Toutefois, il ajoute que même si les exploitants de silo-élévateur expédient le maximum de grain pour honorer leurs ventes, « ce facteur a une incidence limitée sur les cours mondiaux et sur la disposition des producteurs à vendre à ce moment-ci et aux prix actuels. »

Récolte échelonnée

Une récolte échelonnée aiderait à atténuer la pression sur le réseau de transport.

« La plupart des associations agricoles entrevoient une récolte abondante, mais prévoient qu'elle s'échelonnera sur trois mois, ce qui facilitera le remplissage des silos et permettra aux producteurs de livrer une partie de leur grain excédentaire, dit M. Stanford. La récolte du blé d'hiver aura lieu [cette semaine] dans le sud de l'Alberta, et une partie des cultures tardives dans l'est de la Saskatchewan sera récoltée fin octobre. »

À son avis, la construction d'autres cellules à grains n'était pas nécessaire cette année, mais un certain nombre de structures ont été érigées pour remplacer des cellules vieillissantes et plus petites.

Capacité accrue

M. Sobkowich souligne que les sociétés céréalières ont investi dans leur capacité dans les Prairies et sur la côte Ouest, ce qui leur permet de charger et de décharger plus de wagons porte-rails chaque semaine.

« Le printemps dernier, nous avons terminé un agrandissement majeur de nos installations d'entreposage à notre terminal de Vancouver, ce qui a presque doublé notre capacité d'entreposage à notre terminal portuaire le plus occupé, dit Mme Shelton. Nous accroissons aussi notre capacité d'entreposage en menant des projets d'agrandissement des cellules à grains de bon nombre de nos installations de Richardson Pioneer dans les provinces de l'Ouest afin d'améliorer notre capacité à manutentionner les grains des producteurs. »

« La grande variable sera la capacité ferroviaire pendant la période automne hiver 2016 2017 », dit-il.

Utiliser d'autres points d'expédition

M. Harrison estime que l'industrie céréalière doit réduire sa dépendance à l'égard de Vancouver.

« Comme tous les terminaux ferroviaires, Vancouver possède une capacité limitée; si l'on y achemine plus de grain que le volume qui peut être traité, cela entraîne une congestion qui se répercute sur le réseau tout entier », explique M. Harrison.

L'utilisation d'autres points d'expédition comme Thunder Bay réduirait la pression sur Vancouver, ajoute-t-il.

Journaliste agricole de Winnipeg, Richard Kamchen est aussi coauteur des livres de hockey Don't Call Me Goon et The Goaltenders' Union. Vous pouvez lui écrire à l'adresse richardkamchen@hotmail.com.

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