Une combinaison de facteurs mondiaux influe sur les perspectives de la viande rouge

Perspectives du bœuf et du porc

Aperçu

  • Les variations de prix sur les marchés canadiens du bœuf ont été extrêmes en 2016.
  • La faiblesse des prix du grain donne un coup de pouce aux éleveurs de porc; les coûts de production devraient demeurer favorables en 2017.
  • Les secteurs canadiens du porc et du bœuf surveilleront la valeur du dollar canadien.

Brian Perillat : perspectives du bœuf

Au cours de la dernière année et demie, les prix des bovins ont suivi une tendance généralement baissière. En 2016, les prix des veaux ont diminué de près de 1,10 $ la livre entre leurs sommets du début de l’année et les creux atteints en octobre, soit un peu moins de 40 %.

Ces variations de prix sont extrêmes, en particulier lorsqu’on se rappelle que même en 2003, année de la crise de l’ESB, les prix avaient chuté de 0,44 $ la livre, ce qui constituait une baisse de 31 % entre le sommet printanier et le creux automnal.

Fluctuation des prix

Même si les prix des veaux se situent au troisième rang des niveaux les plus élevés atteints cet automne, cette forte baisse des prix déçoit de nombreux producteurs et les fait douter de l’avenir.

La production de viande devrait continuer à croître, en particulier la production de bœuf. (Dans le cas du porc), nous pourrions assister à une diminution des marges des transformateurs [...] en raison de la capacité qui excéderait les stocks de porcs disponibles.

L’accroissement rapide et marqué de la production de viande rouge en Amérique du Nord est la cause principale du recul des prix. Aux États-Unis, la production de bœuf a augmenté de plus de 5 % en 2016, tandis qu’au Canada, elle s’est accrue de 10 %. Parallèlement, les exportations des États-Unis progressent lentement, ce qui entraîne une augmentation considérable du volume de viande rouge qui doit être consommé sur le marché national.

Croissance soutenue

La production de viande devrait continuer d’augmenter, en particulier la production de bœuf. Selon les dernières projections du département de l’Agriculture des États-Unis, la production de bœuf devrait connaître une autre augmentation de 4,2 % en 2017; au Canada, la production de bœuf pourrait croître dans une proportion similaire. Même si le marché des bovins a affiché une remontée saisonnière vers la fin de 2016, la tendance des prix des bovins demeure baissière en raison de l’accroissement du nombre de bovins prévu en 2017.

Valeur du huard

Le dollar canadien est une autre variable importante à surveiller. Le huard affiche des signes de faiblesse en cette fin de 2016, ce qui peut contrebalancer en partie le climat négatif entourant les prix des bovins. Il pourrait y avoir une certaine instabilité sur le marché des États-Unis, alors il sera important de surveiller à la fois le dollar canadien et le dollar américain. Par exemple, si le dollar canadien gagnait cinq cents par rapport à son niveau actuel, les prix des veaux reculeraient d’environ 0,20 $ la livre, à supposer que tous les autres facteurs du marché demeurent stables.

Ron Gietz : perspectives du porc

Pour les producteurs canadiens de porc, l’année 2017 s’annonce porteuse à la fois de bonnes et de mauvaises nouvelles. La rentabilité devrait être au rendez-vous pendant certaines périodes, mais à d’autres moments, les producteurs auront de la difficulté à couvrir leurs coûts. Voici certains des principaux facteurs du marché :

Tendance du dollar canadien

Si la baisse du taux de change qui prévaut depuis des années se poursuit, les producteurs de porcs seront avantagés. Toutefois, si le huard se stabilise et reprend de la vigueur, cela fera directement diminuer les prix des porcs.

Diminution de la demande chinoise de porc

En 2016, la Chine a importé un volume record de porc en réaction aux prix exceptionnels. Toutefois, les prix élevés sont en train de s’autocorriger dans un contexte où les producteurs de porc chinois cherchent à profiter des marges de production exceptionnelles. Les grands exportateurs de porc comme l’Union européenne devront faire des pieds et des mains pour trouver des clients qui achèteront leurs produits en 2017, en raison de la réduction marquée des importations de la Chine. Cela aura des répercussions négatives sur les marchés internationaux du porc; il s’agit probablement du facteur le plus défavorable pour la prochaine année.

Diminution des coûts des aliments pour animaux

La faiblesse des prix du grain donne un coup de pouce aux éleveurs de porcs. Les coûts de production tendent à la baisse à l’heure actuelle et devraient demeurer favorables en 2017, à moins que survienne un phénomène météorologique grave.

Les marges et la capacité des transformateurs ont une incidence déterminante sur le marché des États-Unis

Même si la production de porc continue d’augmenter aux États-Unis, la principale dynamique du marché pour 2017 a trait aux marges des transformateurs. À l’heure actuelle, la production excède la capacité de transformation, ce qui se traduit par des marges qui atteignent des sommets inégalés pour les transformateurs. À mesure que les stocks diminueront au cours de l’hiver et du printemps, ces marges se redresseront, au profit de celles des éleveurs. Et compte tenu de l’entrée en service de deux grandes usines de transformation du porc prévue d’ici l’automne prochain, nous pourrions assister à une baisse marquée des marges des transformateurs dans un contexte où la capacité excéderait l’offre de porcs.

Gestionnaire et analyste principal chez CanFax, Brian Perillat veille à ce que CanFax offre des renseignements à jour, exacts et pertinents sur les marchés. De plus, il fournit des analyses de marchés et supervise celles qui sont présentées à ses membres et à l’industrie.

Ron Gietz est le spécialiste du porc au ministère de l’Agriculture et de la Foresterie de l’Alberta à Brooks, en Alberta. Auparavant, il a travaillé pendant douze ans à Informa Economics and Sparks Companies à Memphis, au Tennessee. Les domaines d’expertise de M. Gietz sont l’analyse de marchés, l’économie animalière et la gestion du risque.