Cinq éléments à surveiller sur les marchés de grains

Mike Jubinville

Aperçu

  • La sortie de dormance des cultures d'hiver dans l'hémisphère Nord influencera les marchés de blé
  • Le débat sur la répartition des acres au printemps est sur le point de commencer
  • Divers enjeux géopolitiques sont susceptibles d'entraîner des fluctuations périodiques de la valeur des grains et des oléagineux sur les marchés étrangers

Quels facteurs risquent d'entraîner de la volatilité sur les marchés au cours des prochains mois? Les marchés étrangers peinent toujours à prendre une nouvelle direction dans un contexte où l'offre mondiale de grains demeure abondante.

Tandis que l'ensemencement et la récolte de nombreuses cultures se dérouleront à l'échelle planétaire au cours des prochains mois, voici cinq sources potentielles de volatilité des marchés qui se profilent à l'horizon.

1. La récolte du blé d'hiver dans l'hémisphère Nord

Le blé d'hiver est déjà en train de sortir de dormance dans les plaines du Sud des États-Unis grâce aux températures supérieures à la normale, qui finiront par progresser vers le nord.

Les résultats de la lutte aux acres entre de nombreuses cultures influenceront l'idée que les marchés se feront de la façon dont l'offre pourrait évoluer au cours de l'année qui vient.

Les conditions météorologiques pour la région où l'on produit du blé de force rouge d'hiver, dans les plaines du Sud des États-Unis, s'annoncent essentiellement sèches pour les prochains jours, et le retour de la pluie au Texas est prévu en fin de semaine et au début de la semaine. Les températures devraient revenir autour de 20 degrés Celsius dans des régions aussi nordiques que celle du Kansas à la fin de la semaine. Aussi réjouissant que cela puisse paraître, une sortie de dormance aussi hâtive est quelque peu préoccupante pour le blé d'hiver, et cela pourrait poser un problème en cas de chute soudaine des températures au point de congélation, mais rien n'annonce un tel refroidissement pour l'instant.

Les marchés étrangers continueront à surveiller de près l'évolution de cette récolte.

2. L'ensemencement des cultures de printemps dans l'hémisphère Nord

Les résultats de la lutte aux acres entre de nombreuses cultures, dont le blé de printemps, le maïs, le soja, le canola et les légumineuses, influenceront l'idée que les marchés se feront de la façon dont l'offre pourrait évoluer au cours de l'année qui vient. Des pourcentages élevés de la production de blé (92 %), de maïs (81 %) et de soja (66 %) proviennent de l'hémisphère Nord. Pour l'heure, on s'attend à une diminution des superficies de maïs et de blé au profit des oléagineux.

3. La récolte de soja de l'Amérique du Sud

Le volume de soja de l'Amérique du Sud, et la vitesse à laquelle il arrivera sur les marchés étrangers des oléagineux, auront probablement des répercussions profondes sur le complexe oléagineux mondial au cours des prochains mois. Cinquante-quatre pour cent de la récolte mondiale de soja provient de l'hémisphère Sud, et cette récolte arrive sur le marché dès le début mars.

Tandis que la récolte progresse rondement au Brésil et qu'aucune menace météorologique importante ne se dessine dans les prévisions cette semaine, cette période-ci de l'année est habituellement celle où les exportations de soja du Brésil s'intensifient et où celles des États-Unis commencent à diminuer.

Jusqu'ici, toutefois, les prix du soja, fret à bord, sont à peu près égaux dans ces deux pays, et les prix du soja du Brésil demeurent confinés dans une fourchette latérale à un niveau nettement supérieur au creux de janvier. Ce comportement des prix est quelque peu bizarre en pleine période de la récolte, et il explique en partie pourquoi les prix du soja pourront continuer d'augmenter graduellement en mars – c'est du moins ce que l'on prévoit à ce stade-ci. Toutefois, la récolte du Brésil, qui atteindra probablement un record, est effectuée à près de 20 % à l'heure actuelle, de sorte que la concurrence à l'exportation s'annonce vive.

4. La volatilité des marchés de grains étrangers

Sur la scène internationale, plusieurs enjeux géopolitiques continueront presque assurément d'entraîner des fluctuations périodiques des prix des grains et des oléagineux sur les marchés étrangers. Il est presque certain que ces enjeux continueront d'entraîner de la volatilité sur les marchés internationaux des devises, ce qui contribue à faire fluctuer les prix internationaux des grains et des oléagineux en dollars canadiens.

5. L'incertitude des échanges avec l'Inde a une incidence sur les exportations de légumineuses du Canada

Cette semaine, l'Inde a annoncé qu’elle ne reconduira pas une disposition de longue date en vertu de laquelle les importations canadiennes de légumineuses (notamment les pois et les lentilles) n'étaient pas soumises à la fumigation avant l'expédition à partir du lieu d'exportation (en l'occurrence la côte Ouest du Canada). La production de légumineuses est une mine d'or pour les producteurs canadiens depuis deux ans, mais cette modification soudaine à la politique d'un important pays importateur entraîne de l'incertitude sur le plan des échanges commerciaux de légumineuses.

Les détails entourant chaque facteur sont complexes, et nous pouvons uniquement les surveiller et les évaluer au fil du temps. Nous ne pouvons jamais présumer, mais mon point de vue concilie réalisme et optimisme, partant du principe que chaque pays a besoin de l'autre; le Canada est un fournisseur et l'Inde est un utilisateur, ce qui laisse présager qu'un accord fondé sur un compromis sera trouvé en temps voulu d'ici le 31 mars. Du moins, c'est ce que nous espérons.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l'information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Composez le 204-654-4290 ou visitez www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu'il offre.

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