Interruption de la hausse des prix sur le marché des aliments pour animaux

Mike Jubinville

Aperçu

  • Les offres au comptant pour l'orge fourragère dans les Prairies semblent s'être stabilisées
  • Les stocks plus abondants de blé et de blé dur de faible qualité qui sont intégrés aux rations du bétail exercent une concurrence accrue cette année
  • Les producteurs d'orge devraient faire preuve de patience et attendre que des offres exceptionnelles isolées se présentent

Les offres au comptant pour l'orge fourragère dans les Prairies semblent s'être stabilisées. Au cours des trois dernières semaines, elles ont reculé légèrement après avoir remonté par rapport à leurs creux de septembre.

Dans la région de Lethbridge, les offres au comptant pour l'orge s'établiraient à environ 170 $ la tonne, comparativement au sommet de 175 $ à 178 $ la tonne atteint cet automne; ce niveau est toutefois supérieur au creux de 150 $ la tonne atteint pendant la récolte.

Les mauvaises conditions météorologiques enregistrées en octobre ont ralenti les livraisons des producteurs, mais les acheteurs ont comblé leurs besoins à court terme d'aliments pour animaux et ne cherchent pas vraiment à en acheter davantage compte tenu des prix élevés qui étaient offerts il y a quelques semaines.

Les mauvaises conditions météorologiques enregistrées en octobre ont ralenti les livraisons des producteurs, mais les acheteurs ont comblé leurs besoins à court terme d'aliments pour animaux et ne cherchent pas vraiment à en acheter davantage.

Il faut aussi tenir compte de la concurrence accrue qui est exercée cette année par les stocks plus abondants de blé et de blé dur de faible qualité qui sont intégrés aux rations du bétail. Les excédents de grains contenant des taux élevés de fusarium ou de vomitoxines persisteront dans la chaîne des aliments pour animaux pendant au moins un an.

Les placements de bovins dans les parcs d'engraissement se sont améliorés, ce qui a stimulé la demande nationale d'aliments pour animaux en octobre, mais il faut garder à l'esprit que les stocks dans les parcs d'engraissement atteignent un sommet saisonnier en décembre.

De plus, les parcs d'engraissement de l'Alberta ne cessent de recevoir des stocks de blé fusarié, ce qui procure aux grands éleveurs un vaste choix d'aliments à donner à leurs animaux, raison pour laquelle le prix de l'orge fourragère demeure paralysé.

Étant donné que le blé de printemps et le blé dur importés de la Saskatchewan représenteront un pourcentage accru des aliments consommés par les animaux en Alberta cet hiver, on peut s'attendre à ce que les prix locaux grimpent subitement de 10 $ la tonne en réaction à toute perturbation périodique de la logistique du transport cet hiver.

Par ailleurs, rien n'indique que le programme d'exportation d'orge fourragère est en train d'épuiser les réserves, si bien qu'à mon avis, nous n'assistons qu'à une hausse saisonnière du marché de l'orge fourragère.

Au vu de la piètre performance récente du marché du maïs aux États-Unis, je suis aussi un peu préoccupé par les perspectives des prix du maïs fourrager d'ici Noël.

Comme il y a peu d'espoir que les prix entreprennent une tendance haussière soutenue pour l'instant, les producteurs d'orge devraient faire preuve de patience et attendre que des offres exceptionnelles isolées se présentent ou que des perturbations logistiques se produisent, ou bien espérer que la saison de croissance 2017 apporte de nouveaux débouchés commerciaux liés à un quelconque stress des cultures.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l'information sur les marchés des produits de base et les stratégies de marketing. Composez le 204-654-4290 ou visitez www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu'il offre.

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