La gestion de l’alimentation animale est cruciale pour améliorer les conditions d’élevage du bétail

Les résultats des éleveurs de bovins devront contrebalancer les répercussions du mauvais état des pâturages et des pénuries de fourrage enregistrées cette année dans certaines parties des Prairies.

Le ministère de l’Agriculture de l’Alberta a indiqué récemment que les pâturages provinciaux étaient dans un piètre état, et le ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan a fait état de stocks insuffisants de fourrage d’hiver et probablement de pénuries dans les régions du Sud.

Les conditions très sèches qui ont touché les régions du Sud des Prairies ont réduit le rendement des pâturages et la quantité de biomasse disponible, ce qui entraîne une baisse de la qualité et une forte teneur en fibres des plantes fourragères destinées au pâturage, selon Bart Lardner du Western Beef Development Centre.

Analyse des aliments pour animaux

M. Lardner conseille aux éleveurs d’analyser leurs aliments pour animaux afin de déterminer toute carence nutritive ainsi que la valeur nutritionnelle de tous les aliments dont ils disposent pour l’hiver, puis de se procurer des suppléments au besoin.

« Il peut s’agir de suppléments en granulés, de drêches de distillerie avec solubles, de criblures de grain ou de mélange de foin, par exemple. »

Vaches maigres

Barry Yaremcio, spécialiste des bovins et du fourrage au ministère de l’Agriculture de l’Alberta, souligne que les vaches maigres doivent consommer plus d’aliments pour rester au chaud durant l’hiver.

Une vache dont le poids est inférieur de 200 livres au poids optimal devra ingérer 1 400 livres de foin de plus pour rester au chaud.

Il est possible d’éviter cette dépense supplémentaire en gérant l’alimentation des vaches à la fin de l’automne.

Options

« C’est habituellement à cette période-ci de l’année que les éleveurs commencent à recourir au pâturage en andain », indique M. Yaremcio.

Le pâturage dans les prairies de fauche qui n’ont pas subi une deuxième ou une troisième coupe de foin est une autre option.

Depuis les cinq à huit dernières années, un nombre croissant d’éleveurs dans l’Ouest canadien donnent des plants de maïs entiers en pâture à leurs vaches, ajoute M. Lardner.

Le maïs comble largement les besoins nutritifs des vaches de boucherie au cours de leurs deux premiers trimestres de gestation, mais cela n’est pas sans risque. En effet, les vaches ont tendance à choisir la partie la plus savoureuse du maïs, soit la rafle, qui est riche en amidon, ce qui pourrait causer des problèmes de surcharge par les grains.

Veaux et vaches

M. Yaremcio recommande aussi de sevrer les veaux âgés de plus de 150 jours, expliquant qu’une ration riche en grains donnera des résultats comparables, voire meilleurs. Par la même occasion, les besoins nutritifs des mères des veaux diminueront de 25 %.

« Toute mesure que vous pouvez prendre pour engraisser vos vaches avant le début de l’hiver vous épargnera de nombreux tracas et beaucoup de frustration à long terme », dit M. Yaremcio.

Les vaches maigres produisent un colostrum de moindre qualité et un volume réduit de lait, prennent plus de temps à entamer leur cycle après le vêlage, et ont un taux de conception plus faible.

Par ailleurs, l’état des vaches peut avoir une incidence sur les flux de trésorerie et sur le taux de naissance de veaux vivants au cours des deux années qui suivent, ajoute M. Yaremcio.

Pour obtenir plus d’information sur l’optimisation de l’état de chair des bovins, consultez le site Web du Beef Cattle Research Council website (en anglais seulement).

En conclusion

On conseille vivement aux éleveurs de prendre des mesures pour maintenir leurs vaches à un poids optimal pendant l’hiver et pour prévenir les problèmes immédiats et futurs afin d’éviter des dépenses supplémentaires.

Article par : Richard Kamchen