Les frères Maynard : Quand la relève agricole saute une génération

Aperçu

  • Les frères Bryan et Kyle Maynard ont saisi l’occasion de reprendre l’exploitation de pommes de terre de leur grand-père
  • Pour réussir en affaires, il faut savoir reconnaître une occasion lorsqu’elle se présente
  • Dès l’annonce du départ à la retraite de leur grand-père, les frères se sont tout de suite attelés à créer un plan d’affaires et à obtenir du financement

Selon deux frères de l’Île-du-Prince-Édouard, pour bâtir une entreprise florissante, il faut savoir reconnaître une occasion lorsqu’elle se présente. Il faut aussi être préparé et avoir confiance en ses compétences.

Lorsqu’ils ont eu la possibilité de racheter la ferme de leur grand-père près de Summerside et de devenir propriétaires d’une exploitation de pommes de terre clé en main, Bryan et Kyle Maynard savaient que la chance leur souriait.

« Lorsque cette occasion s’est présentée, nous étions tous deux disposés à la saisir », affirme Kyle, âgé de 31 ans, au sujet de l’achat de la ferme, en 2015. Ils avaient une décision à prendre : acheter la ferme ou laisser passer cette occasion. « Nous sommes arrivés à la conclusion que nous étions capables d’exploiter cette ferme avec succès. »

« À mon avis, nous possédions l’expertise et l’expérience nécessaires pour réussir », ajoute Bryan.

Les frères ont grandi dans cette ferme, que Kyle a finalement quittée pour devenir opérateur certifié. Puis, un jour, il a été promu directeur du service à la clientèle d’une entreprise aérospatiale, ce qui l’a amené à traiter avec des clients internationaux et à acquérir une expérience financière.

Parallèlement, Bryan, qui est âgé de 33 ans, a continué à travailler aux côtés de son grand-père, ce qui lui a permis d’acquérir une expérience pratique inestimable.

Appel à l’action

Leur grand-père était propriétaire de l’entreprise Arlington Farms et produisait des pommes de terre de transformation pour les Fermes Cavendish (en anglais seulement).  Sa décision de prendre sa retraite, à l’âge de 80 ans, s’est avérée un appel à l’action pour les frères Maynard. Ils se sont tout de suite attelés à créer leur plan d’affaires, à obtenir du financement et à tirer profit de l’occasion qui se présentait à eux.

Comme des pommes de terre de l’année précédente étaient toujours entreposées à la ferme et que les semis pour l’année suivante étaient déjà établis, Bryan et Kyle se trouvaient dans une situation avantageuse.

« Nous n’avions qu’à entrer dans le feu de l’action, lance Bryan. Nous avions un contrat de vente avec le même client, et bon nombre des employés désiraient rester en poste. »

La reprise des activités a été rapide, une fois la vente conclue, mais le passage de l’idée embryonnaire d’acheter la ferme à la conclusion de la vente a été long. Les négociations ont débuté en 2014 et se sont poursuivies pendant environ quatre mois avant que les frères parviennent à un accord avec leur tante, qui négociait la vente au nom de son père.

Planification de la transition

La question principale était de savoir si tout cela était vraiment possible.

« La transition s’est faite en toute transparence, relate Kyle. La question principale était de savoir si tout cela était vraiment possible. Si nous avions la capacité d’assurer le service de la dette. »

Au moment où ils sont parvenus à un accord, les frères détenaient 70 % des actifs d’Arlington Farms. C’est ainsi qu’est née l’entreprise Farmboys Inc., appellation qui se veut un clin d’œil à leur père Kent, décédé dans un accident à la ferme en 1993. « Notre père n’a-t-il pas élevé deux garçons de ferme? », souligne Bryan.

À l’heure actuelle, la ferme s’étend sur 3 000 acres : environ 1 400 acres sont consacrés aux pommes de terre, 1 200 aux céréales, et le reste à la production de fourrage.

Même après l’aboutissement des négociations et la signature des papiers, la transition à la pleine propriété a été un défi, mentionne Bryan. Arlington Farms possédait les stocks de l’année précédente et avait toujours des employés chargés de gérer cette récolte. Parallèlement, Farmboys préparait le terrain en vue de fonctionner à plein régime.

De plus, le contrat de vente contenait un plan de transition détaillé qui exposait à peu près toutes les situations auxquelles les deux fermes étaient susceptibles d’être confrontées pendant la transition. Il contenait même des dispositions en cas de tempête de neige.

« Nous aurions été pris de court si, en pleine tempête de neige, nous n’avions pas su qui avait la responsabilité de déblayer la cour. Ce genre de question peut devenir problématique si vous laissez les choses aller, mais si vous vous en tenez à votre plan de transition, tout se déroulera bien », affirme Bryan. Il souligne que le plan précisait quels employés de quelle ferme étaient chargés de déneiger la cour, qui payait les salaires des employés et qui payait le carburant du tracteur après le déneigement.

Modifications à la ferme

Kyle et Bryan ont délibérément modifié le plan de rotation des cultures de l’entreprise qu’ils ont créée. Bryan avait remarqué au fil des ans qu’environ 25 % de la récolte posait toujours problème, que ce soit à l’étape de l’ensemencement ou de la récolte, et parfois entre les deux. Après avoir étudié le processus d’approvisionnement, les Maynard ont décidé de réduire la production de pommes de terre de 25 % afin d’optimiser l’exploitation.

« Arlington Farms semblait constamment accuser un manque à gagner d’environ 25 %, explique Kyle. Il aurait fallu acheter plus d’équipement et accroître la main-d’œuvre pour pouvoir conserver la taille qu’avait Arlington Farms. » Or, Farmboys n’était prête à aucune de ces éventualités. « Au cours des années à venir, nous aurons assurément des projets d’expansion. Mais pour l’instant, la taille de notre entreprise est beaucoup plus facile à gérer. Cela nous permet de mettre l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité. Si nous voulons prendre de l’expansion, je pense que nous serons mieux préparés ultérieurement. »

Bryan et Kyle affirment que lorsqu’ils étaient enfants, il régnait entre eux un esprit de compétition féroce qui se manifestait durant les parties de hockey en hiver ou durant les parties de baseball en été dans la cour.

Aujourd’hui, dans cette même cour, ils ont recentré leur caractère compétitif pour se consacrer à la production de pommes de terre. 

D’après un article de l’AgriSuccès (mars 2017) d’Allison Finnamore

Vous avez toujours rêvé de poursuivre une carrière en agriculture? Nous sommes là pour vous aider.

Découvrez comment