Faites-vous passer la famille ou la ferme en premier?

Kevin Hursh est agronome-conseil, journaliste et rédacteur en chef. Il vit à Saskatoon, en Saskatchewan. Il exploite aussi une ferme céréalière près de Cabri, en Saskatchewan.

La grande majorité des fermes canadiennes sont des fermes familiales, source de grande fierté, mais aussi de vitalité et de résilience pour l’industrie. Mais cela suppose aussi une recherche constante d’équilibre : est-ce la famille ou la ferme qui prime?

La plupart d’entre nous répondraient probablement que la famille passe avant tout, mais, dans les faits, qu’en est-il vraiment? Je me rappelle encore la déception ressentie lors de ma dernière année de secondaire, étant le seul élève dont la famille n’assistait pas au bal des finissants. Ma famille était présente à la cérémonie, mais elle est partie après le banquet parce qu’on était en pleine période des semis.

La petite promotion dont je faisais partie comptait beaucoup d’autres jeunes issus de familles d’agriculteurs, mais celles-ci avaient accordé une priorité quelque peu différente à la remise des diplômes.

Au fil des ans, il m’est assurément arrivé de décevoir mes propres enfants de temps à autre lorsque le travail à la ferme et d’autres corvées ont pris le pas sur les activités familiales. La communication entre les membres d’une famille est importante parce qu’elle aide à comprendre pourquoi certains choix doivent être faits. Et les choix difficiles abondent.

Autrefois, il allait de soi que les enfants prêteraient main-forte à la ferme dès leur jeune âge. Aujourd’hui, ce n’est plus aussi systématique. Dans certaines familles, les enfants y participent activement; dans d’autres, ils ont des aspirations tout à fait différentes.

Dans de nombreuses fermes partout au pays, la longue fin de semaine de septembre est consacrée à la récolte. Dans les familles qui comptent des adolescents, ceux-ci participent-ils à la récolte ou privilégient-ils leurs activités sportives ou leurs sorties entre amis? Les enfants éprouvent-ils un sentiment d’appartenance envers la ferme, ou celle-ci leur inspire-t-elle du ressentiment?

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Les temps changent et la participation de la famille aux activités de la ferme n’est dictée par aucun mode d’emploi. Tout comme il faut concilier travail et vie personnelle, nous devons trouver le juste équilibre entre la ferme et la famille.

D’après un article de l’AgriSuccès (septembre 2017) de Kevin Hursh