Entreposer du maïs ou du soja?

Il fait froid. Il fait gris. Il fait noir au beau milieu de l’après-midi. Mon équipe de sport préférée ne fait que s’enfoncer; je me dis que la saison va être longue. En revanche, c’est aussi le temps de l’année où ça sent bon dans la cuisine! Nichol me fait sa super recette; un mijoté de bœuf de chez nous avec des patates, des légumes racines, du pain frais et beaucoup d’amour. On a beau être en 2017 avec Internet, Facebook et YouTube, il n’y a rien comme la recette de maman, écrite à la main dans un livre. Maman va avoir 60 ans cette année, le temps passe trop vite. Quelques travaux à finir dehors avant que l’hiver s’installe pour de bon. On rentre avec les joues rouges, c’est l’heure du souper et le temps de se raconter notre journée.

Ma blonde ne l’avouera pas, mais elle commence à aimer ma moustache. C’est Movember.

Champs trop humides

« Ça prendrait une bonne gelée. » Je pense que je l’ai entendu 268 fois cette semaine. Je suis d’accord. Les récoltes sont lentes, la météo n’est pas clémente et l’humidité est encore trop élevée pour s’aventurer dans les champs et récolter le maïs. Les fèves soja sont sorties, le rendement était bon et j’en ai déjà vendu beaucoup sur le marché. Je regarde mon plan de mise en marché et il m’en reste peut-être de 20 à 25 % à commercialiser. Avec les rendements de maïs qui s’annoncent vraiment meilleurs que prévu, bien que le maïs soit léger cette année, je me demande si je dois entreposer du maïs ou du soja.

Entreposer du maïs ou du soja, être ou ne pas être, garnie ou pepperoni-fromage… C’est le même dilemme.

Quelle est la valeur de mon grain dans le temps?

Pour répondre à cette question éternelle, je regarde la structure du marché à terme. Je cherche à connaître la valeur de mon grain dans le temps; combien ça vaut aujourd’hui par rapport à combien ça vaut dans six mois, par exemple. Dans le cas du maïs, je reçois 8,50 % de plus si je vends plus tard; au lieu d’avoir 190 $ la tonne maintenant je pourrais avoir 205 $ si je vends en juin prochain. Dans le cas de la fève, c’est 4 % de plus pour vendre plus tard. Je me dis donc que mon opération « sans risque » c’est d’entreposer mon maïs et de recevoir un meilleur prix plus tard.

L’opération « sans risque » c’est d’entreposer mon maïs et de recevoir un meilleur prix plus tard.

Évidemment, il y a beaucoup d’hypothèses ou de cas par cas d’une entreprise agricole à l’autre, mais la structure du marché à terme est la même pour tous et donc ce raisonnement s’applique à tout le monde. Peu importe la vision du marché. Certains vont dire que le soja a tendance à être étonnant et peut parfois prendre de la valeur très rapidement. C’est vrai. Elle peut aussi baisser tout aussi rapidement.

En conclusion

Bref, pour répondre à la question, je me dis qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras et je préfère capturer la valeur sans risque en entreposant le maïs. 

Simon Briere est un stratège de marché qui travaille avec RJO Canada, une filiale de R.J. O’Brien & Associates, LLC (RJO) de Chicago, spécialisée dans les contrats à terme et les options. RJO est le plus ancien et le plus important cabinet indépendant de courtage aux États-Unis. 

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