Printemps hâtif prévu dans certaines régions des Prairies

La plupart des producteurs agricoles des Prairies canadiennes peuvent s’attendre à des conditions sèches au début du printemps.

« Les perspectives de ruissellement sont assurément inférieures à la moyenne dans une grande partie des Prairies », indique Drew Lerner, météorologue de World Weather Inc. « Les régions les plus menacées par la sécheresse sont celles qui ont reçu les chutes de neige les plus faibles au début de l’hiver, et où le sol est gelé le plus profondément. »

D’après les dernières données de l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada, la région comprise entre Regina et Saskatoon est aux prises avec une « sécheresse grave », et les régions avoisinantes, dans le Sud du Manitoba et le Sud de l’Alberta, composent avec une « sécheresse modérée ».

« Le manque d’humidité dans le sol va nuire à l’établissement des cultures et aux rendements dans ces régions », avance Andrew Nadler, météorologue agricole de la société Farmers Edge.

Saskatchewan

M. Lerner constate que les conditions sont particulièrement sèches dans certaines parties du Centre et du Sud-Ouest de la Saskatchewan, mais que l’humidité du sol est abondante dans certaines parties du Nord-Ouest et de l’extrême Nord-Est de la province.

Vers le début du mois de février, la Water Security Agency de la Saskatchewan a publié des perspectives concernant le ruissellement printanier, selon lesquelles le ruissellement sera inférieur à la normale dans le Sud de la Saskatchewan.

« Malgré les précipitations considérables enregistrées au cours du dernier mois, les perspectives ne semblent pas avoir trop changé par rapport à nos prévisions de février pour l’ensemble de la province », indique le porte-parole Ron Podbielski.

Alberta

Dans les régions au nord de l’autoroute 16, qui traverse l’Alberta d’est en ouest dans le Centre de la province, le manteau neigeux se situe près de la normale ou est supérieur à celle-ci, dit Ralph Wright, gestionnaire du service d’agrométéorologie du ministère de l’Agriculture de l’Alberta.

« Le ruissellement s’annonce abondant au nord de l’autoroute 16 », confirme M. Lerner. Cela s’explique par l’excès d’humidité qui touchait certaines zones l’automne dernier et pendant une grande partie de l’été.

Au sud de l’autoroute 16, de nombreuses zones sont en situation de déficit hydrique, en particulier dans le Centre-Est de la province, souligne M. Lerner.

Manitoba

Les résultats des relevés hydrologiques effectués au Manitoba l’automne dernier indiquent que la plupart des endroits bénéficient d’une humidité de surface, mais que dans le profil de sol, la capacité de rétention d’eau est de 80 à 100 % dans les deux tiers du Manitoba agricole, et de seulement 20 à 40 % dans les régions près de la rivière Rouge.

« Les précipitations enregistrées durant l’hiver 2018-2019 sont, de façon générale, inférieures à la normale partout au Manitoba, en particulier dans la vallée de la rivière Rouge », ajoute Lynn Manaigre, gestionnaire du Ag Weather Program du ministère de l’Agriculture du Manitoba.

Début hâtif

Compte tenu des précipitations inférieures à la normale reçues durant la saison de croissance 2018, des faibles précipitations reçues à l’automne dans certaines régions et du manteau neigeux inférieur à la normale, les semailles devraient débuter tôt, prévoit M. Nadler.

Des météorologues indiquent que les précipitations inférieures à la normale durant la saison de croissance 2018, les faibles précipitations enregistrées à l’automne et la mince couche de neige pourraient se traduire en un début hâtif des semailles dans les Prairies cette année. Partagez sur Twitter

Les réserves d’humidité sont plus satisfaisantes dans la région comprise entre Regina et Estevan, en Saskatchewan, et le long de la frontière entre la Saskatchewan et le Manitoba, souligne-t-il.

M. Lerner n’entrevoit pas d’atténuation des déficits hydriques au printemps, mais il prévoit que juin, juillet et août apporteront des pluies salutaires et opportunes dans le Centre et le Sud de la Saskatchewan, dans le Sud-Est de l’Alberta et dans certaines parties du Manitoba. « En plus de soutenir la croissance des cultures, ces pluies contribueront à améliorer légèrement les réserves d’humidité du sous-sol. »

En conclusion

Les conditions sèches prévues ce printemps laissent présager que les producteurs pourraient entreprendre les semis hâtivement, mais l’humidité insuffisante pourrait nuire à l’établissement des cultures et aux rendements.

Article par : Richard Kamchen