Canaliser l'énergie de la jeunesse

Marketing changes for Prairie wheat and barley

Aperçu

  • Le combat de Mike Fata pour perdre du poids l’a amené à développer une passion pour le chanvre
  • Il a appris qu’une histoire solide devait aussi être accompagnée d’une situation financière solide
  • Les « petites victoires » lui ont permis de constituer un dossier de réalisations et de bâtir la confiance
  • La connaissance de ses faiblesses a joué un rôle primordial dans sa progression.
  • Les jeunes agriculteurs ambitieux ont besoin de ces éléments clés pour gagner l’appui envers leur plan

Les prix élevés des céréales ont non seulement renforcé le bilan, mais ont aussi attiré des jeunes dans un secteur où les gens âgés de 40 ans sont considérés comme de jeunes agriculteurs.

Mais en raison de la baisse des prix, les jeunes gens ambitieux trouveront-ils que leurs parents ne sont pas si ouverts que ça aux nouvelles idées?

Mike Fata espère que ce ne sera pas le cas.

« L’agriculture ressemble à n’importe quel autre secteur. Elle est confrontée à deux réalités : innover ou périr », fait observer le directeur général de Manitoba Harvest Hemp Foods. « Les jeunes ne sont pas intimidés par le changement et sont prêts à essayer de nouvelles choses et à innover. Il est donc agréable de voir des agriculteurs dans la vingtaine et la trentaine chercher audacieusement des occasions de croissance. »

L’agriculture ressemble à n’importe quel autre secteur. Elle est confrontée à deux réalités : innover ou périr.

Il est plus facile d’être audacieux en période de prospérité. Par les temps qui courent, les plans ambitieux de la nouvelle génération, qu’il s’agisse de prendre de l’expansion, d’acquérir de l’équipement de pointe, de démarrer de nouvelles entreprises ou de nouvelles cultures, pourraient bien se heurter à un sec « pas maintenant » de la part des parents.

Une passion personnelle

À l’âge de 21 ans, Mike Fata, totalement inexpérimenté mais franchement passionné, a dû surmonter un scepticisme semblable lorsqu’il a voulu faire du chanvre la prochaine merveille. Dix-sept ans plus tard, Manitoba Harvest Hemp Food est maintenant une grande entreprise. Elle enregistre un chiffre d’affaires annuel de plus de 50 millions de dollars et croît à pas de géant.

Son expérience livre une leçon à tout jeune agriculteur ambitieux qui souhaite progresser, mais se heurte à de la résistance.

La passion demeure un élément essentiel et M. Fata en avait plus que la plupart des gens. Adolescent, il pesait près de 300 livres. Comme il n’entrait pas dans le moule social de l’école secondaire, il a abandonné ses études après le troisième secondaire. Désireux de perdre du poids, il a entrepris des régimes à la mode où le gras était banni, s’est mis à l’entrainement intense et s’est rapidement retrouvé avec des problèmes de santé graves.

Un engagement audacieux

C’est à ce moment qu’il a entendu parler des bons gras et qu’il a découvert que le chanvre constituait une excellente source d’acides gras essentiels comme les oméga-3 et les oméga-6. La graine de chanvre est donc devenue un élément clé de son régime et un carburant dans le cadre d’un programme d’exercices qui lui a permis d’atteindre, et de conserver, un poids inférieur à 200 livres.

Ainsi naissait Manitoba Harvest Hemp Foods, que Mike Fata a démarré avec deux partenaires d’affaires, sans oublier, le soutien de sa mère. Mais pour certains, cette entreprise était vouée à l’échec. Après tout, il ne démarrait pas une mais bien trois entreprises spécialisées dans la transformation du chanvre, la fabrication de produits alimentaires et le marketing afin de créer une demande pour un produit confondu à tort avec son cousin le cannabis.

« Avec un peu de recul, aurions-nous couru les risques que nous avons courus si j’avais eu un diplôme en administration des affaires et une connaissance de ce secteur difficile, se demande M. Fata. Je n’en sais rien. Je suppose que le fait d’être jeune et de poursuivre sa passion, plutôt que de se préoccuper des obstacles, a une certaine valeur. »

Une leçon tirée de la réalité

Aujourd’hui, les produits Hemp Hearts (graines de chanvre cru écalées) et Hemp Protein Powders (poudre de protéine de chanvre) sont vendus dans les grandes chaînes d’alimentation. Mais M. Fata a fait ses débuts en vendant de l’huile de chanvre et en faisant de la sollicitation à froid auprès de petits magasins d’aliments santé situés à Winnipeg.

« Je me promenais avec des cuillères de dégustation jetables, de l’huile de chanvre et de la documentation publicitaire, dit-il. Je disais aux gens : Vous devez gouter à cette huile. Elle est nutritive et savoureuse. »

Ces débuts auraient été insuffisants si M. Fata n’était pas passé à l’étape suivante. D’où son premier conseil : transformez votre vision en un plan d’affaires.

« Après ces deux premières années où nous sommes passés des cartes de crédit et d’emprunts auprès d’amis et de membres de la famille à ce que j’appelle le monde réel, j’étais en mesure d’exposer aisément notre but et l’occasion offerte, dit-il. Vous devez avoir une histoire solide, mais aussi des réponses financières solides. Quels sont les coûts? Quels niveaux de ventes devrez-vous atteindre? Combien d’argent devrez-vous investir?

Bâtir la confiance

La prochaine étape devrait être l’accumulation de « petites victoires »

« Les jeunes entrepreneurs doivent faire leur preuve. Ensuite, les gens, que ce soit vos parents, vos mentors ou vos prêteurs, auront davantage confiance en vous. »

Les deux sont étroitement liés. Pour Mike Fata, convaincre 20 cultivateurs de chanvre du Manitoba de devenir actionnaires en investissant 20 000 $ dans la construction de la première usine de transformation a été un jalon clé. (L’entreprise avait déjà transformé des lots dans un centre de développement des produits alimentaires.)

Combler les lacunes

Finalement, il faut connaître ses forces et ses faiblesses.

« Parfois, l’ego constitue un obstacle; il est donc important de déterminer ses forces et ses faiblesses et de chercher du soutien auprès de son entourage, explique M. Fata. Je ne possède pas de diplôme universitaire, mais j’ai eu de nombreux enseignants : des gens de l’industrie à qui je pouvais demander de l’aide. »

Ils étaient de jeunes entrepreneurs dans le secteur des aliments santé. Mike Fata s’empresse d’ajouter qu’il est important d’échanger vos connaissances, vos expériences et votre liste de contacts pour créer une situation gagnant-gagnant.

La conclusion?

Vos parents éprouvent peut-être une aversion pour le risque. Mais si vous ne possédez pas un plan d’affaires, un dossier de réalisations et un réseau de soutien solides, pouvez-vous le leur reprocher?

Glenn Cheater est un journaliste agricole d’expérience spécialisé dans la gestion des affaires, l’entrepreneuriat et l’innovation. Il travaille à partir d’Edmonton.