Prix des bovins en 2019 : l’incertitude règne chez les éleveurs

De nombreux facteurs pourraient changer la donne pour les éleveurs de bovins de boucherie de l’Ouest canadien en 2019; malgré tout, les perspectives de rentabilité pour cette région demeurent supérieures à celles du secteur éprouvé de l’Est du Canada.

Conditions météorologiques

Une amélioration des conditions d’humidité contribuerait à stabiliser le troupeau de bovins de l’Ouest canadien et pourrait faire augmenter le taux de rétention des génisses, ce qui stimulerait la croissance, explique Brian Perillat, gestionnaire et analyste principal de Canfax.

En 2018, des tempêtes printanières et des conditions de sécheresse dans les Prairies ont fait bondir les taux de réforme des bovins de boucherie de 2 %, indique Canfax (en anglais seulement).

« Notre taux de réforme a augmenté, notre taux de rétention des génisses a diminué légèrement, et un certain nombre de génisses n’ont sans doute pas abouti dans le troupeau reproducteur, dit M. Perillat. Donc, seulement à cause de la liquidation des femelles, notre troupeau risque de rétrécir quelque peu (en 2019). »

Le nombre de veaux nés en 2018 serait inférieur de plus de 1 % à celui de 2017, et M. Perillat croit qu’il pourrait diminuer d’encore 1 % à 2 % en 2019.

Le nombre de veaux nés en 2018 dans l’Ouest canadien serait inférieur de plus de 1 % à celui de 2017, et on estime qu’il pourrait diminuer d’encore 1 % à 2 % en 2019. Tweet ça

Bovins vivants

Dans ses récentes perspectives du secteur de la viande rouge, FAC prévoit que les parcs d’engraissement canadiens importeront à nouveau un nombre accru de bovins vivants des États-Unis.

Canfax ajoute que les exportations totales de bovins vivants du Canada en 2018 frôlaient le niveau le plus bas depuis la réouverture de la frontière, en 2005.

La donne pourrait toutefois changer; en effet, l’accroissement du troupeau des États-Unis ralentit et pourrait être de l’ordre de seulement 1 % en 2019 comparativement à 3 % en 2018, précise M. Perillat.

Demande de bœuf

L’accroissement projeté de 4,5 % des exportations de bœuf en 2018 a été soutenu par une production accrue de bœuf, mais les exportations en 2019 risquent d’être limitées à moins que la production nationale augmente, souligne Canfax.

Le secteur fonde ses espoirs sur l’Asie comme source de demande supplémentaire. L’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste confère au Canada un avantage sur le plan des tarifs douaniers qui peut l’aider à supplanter les États-Unis, indique FAC. Le Japon, deuxième marché d’exportation de bovins en importance pour le Canada, importe habituellement environ 30 % du bœuf que ses habitants consomment des États-Unis, souligne FAC.

Volatilité

« Des facteurs extérieurs au marché comme l’économie nord-américaine, la peste porcine africaine en Chine, et l’incertitude qui persiste en ce qui a trait aux relations géopolitiques entre les États-Unis et la Chine pourraient créer de la volatilité sur les marchés », prévient Anne Wasko, analyste de marchés de la société Gateway Livestock Exchange.

Toutefois, un dollar canadien inférieur à 0,77 $ US apporterait un soutien au secteur bovin, dit M. Perillat.

FAC prévoit qu’en 2019, le huard se situera en moyenne à 0,75 $ US.

Est du Canada

L’Ontario a éprouvé des difficultés comparativement à l’Alberta, qui a enregistré les prix les plus élevés en Amérique du Nord pour les bovins de boucherie en 2018.

La faible capacité de conditionnement, les poids en carcasse élevés et la diminution des achats des États-Unis ont porté atteinte aux prix en Ontario de même qu’au Québec, explique M. Perillat.

En conclusion

Les conditions météorologiques, les importations de bovins vivants, les débouchés extérieurs et certains facteurs en marge de l’économie nord-américaine devraient influencer les prix des bovins en 2019. On prévoit que la hausse des prix dans le secteur des bovins de boucherie sera plus marquée dans l’Ouest canadien que dans l’Est.


Article par : Richard Kamchen