La taille des troupeaux de bétail augmente mais le nombre de fermes diminue

Le secteur de l’élevage bovin n’échappe pas aux tendances à la concentration de la production en agriculture.

« Qu’il s’agisse du nombre d’éleveurs de porcs, de producteurs de poulet, de producteurs laitiers ou de céréaliculteurs, le constat est le même : le nombre de fermes diminue et leur taille augmente, et je pense que c’est pareil pour le secteur de l’élevage bovin », expose Brian Perillat, gestionnaire et analyste principal de Canfax, la division de l’analyse de marchés de la Canadian Cattlemen's Association.

Tandis que le Recensement de l’agriculture 2016 de Statistique Canada indiquait une diminution de 5,9 % du nombre total de fermes à l’échelle du pays par rapport à 2011, l’Alberta, principale province productrice de bovins, a vu son nombre d’éleveurs‑naisseurs reculer d’un peu plus de 10 % au cours de la même période.

Ce déclin indique que la taille des troupeaux augmente, selon Herman Simons, spécialiste des exploitations d’élevage au ministère de l’Agriculture de l’Alberta.

« Au cours des 15 dernières années, la taille du troupeau moyen s’est accrue de 50 %, passant de 63 vaches à 95 vaches par ferme », dit‑il.

Rentabilité

Les marges par animal ne sont plus aussi élevées qu’auparavant, et les exploitations doivent atteindre une taille critique plus importante pour être viables, indique M. Perillat, qui ne voit pas comment cette tendance pourrait se renverser.

M. Simons partage cet avis.

« Le problème en agriculture [...], c’est que les prix des produits de base ne semblent pas suivre la même tendance que les coûts, alors la seule option qui s’offre aux producteurs est de prendre de l’expansion, explique‑t‑il. Tant que rien ne changera dans la structure de rémunération des producteurs, la taille des exploitations continuera d’augmenter. »

Âge

Selon Al Mussell, responsable de la recherche auprès de l’organisme Agri-Food Economic Systems, l’âge de la population agricole est aussi un facteur important de la diminution du nombre de producteurs.

« À certains égards, la vie d’un éleveur de vaches de boucherie et de veaux n’est pas facile, et il est possible que les producteurs âgés s’en lassent, ou que leur capacité physique diminue », fait‑il valoir.

Les données du recensement indiquent que l’âge moyen des exploitants agricoles au Canada est passé de 54 à 55 ans entre 2011 et 2016; toutefois, en Alberta, l’âge moyen est passé de 54,5 à 55,7 ans au cours de la même période. Et si la moyenne est de 55,7 ans, c’est que de nombreux producteurs sont beaucoup plus âgés que cela, souligne M. Mussell.

L’avenir

Même si les marges du secteur de l’élevage bovin sont satisfaisantes ces dernières années, ce secteur n’attire pas de nouveaux venus, constate M. Perillat.

Il faut plusieurs années pour constituer un troupeau, et les coûts initiaux liés à l’achat de la terre, du bétail et de l’équipement peuvent être faramineux, indique‑t‑il.

Les grands éleveurs qui ont quitté l’industrie n’y reviennent pas non plus.

« Une fois qu’ils n’ont plus de vaches et qu’ils tirent des profits satisfaisants de la production de céréales, ils n’ont aucun intérêt à ramener des vaches », dit M. Perillat.

L’élevage de bovins n’atténue pas le risque parce que les fermes céréalières sont devenues si grandes que même quelques centaines de vaches ne sauveraient pas une ferme au cours d’une année catastrophique, souligne‑t‑il.

En conclusion

Tout indique que le nombre d’éleveurs de bovins continuera à diminuer et que les fermes devront être de plus en plus grandes pour être rentables.

Article par : Richard Kamchen