La baisse du mercure accroît les besoins en aliments du bétail

Les températures glaciales du Canada font augmenter les besoins en alimentation des bovins, selon des experts de l’élevage.

« Le bétail a besoin de plus d’aliments par temps plus froid, que ce soit en termes de volume, d’énergie et de protéines », explique Shawn Cabak, spécialiste de l’élevage au ministère de l’Agriculture du Manitoba. « Lorsque les températures chutent de plus de 10 degrés Celsius sous la normale, les besoins énergétiques des animaux grimpent de 15 à 20 %. »

La spécialiste régionale de l’élevage au ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan Leah Clark ajoute que pour chaque tranche de 5 degrés Celsius en dessous de -20 degrés Celsius, il faut augmenter d’environ un kilogramme (2,2 livres) la quantité de céréales que reçoivent normalement les animaux.

À l’inverse, lorsque les températures dépassent la normale, les besoins en alimentation diminuent.

Les conditions météorologiques influencent les besoins énergétiques

La température a atteint les deux extrémités du thermomètre dans la majeure partie du Canada. Ainsi, la plupart des régions ont connu des températures inférieures et supérieures à la normale.

« L’environnement influence grandement les besoins énergétiques des animaux, c’est pourquoi il est important que les producteurs surveillent les fluctuations de température afin d’éviter de suralimenter ou de sous‑alimenter leurs animaux », précise Mme Clark.

« Il est important que les animaux reçoivent une ration équilibrée pour satisfaire tous leurs besoins en nutriments, notamment l’énergie, les protéines, les minéraux, les vitamines et l’eau, et ce, peu importe la température », ajoute M. Cabak.

Pour les aider à déterminer les modifications à apporter aux rations, les éleveurs peuvent téléphoner à un nutritionniste ou saisir leurs données dans Cowbytes (en anglais seulement), le logiciel d’équilibrage des rations offert par le ministère de l’Agriculture de l’Alberta.

« Lorsque les températures chutent, il est important d’ajuster rapidement les rations afin de répondre aux besoins quotidiens du bétail », rappelle M. Cabak.

Maïs

Le maïs est une option de pâturage d’hiver qui est de plus en plus populaire, déclare Mme Clark.

« Cette popularité s’explique en grande partie par les nouvelles variétés de pâturages et à faibles unités de degrés‑jours actuellement mises à point », explique‑t‑elle.

« Le pâturage du maïs est efficace par temps froid car le maïs a une valeur énergétique élevée, qui dépasse les besoins du bétail, ajoute M. Cabak. Comme le maïs est offert en libre choix, les animaux en consommeront davantage à mesure que leurs besoins augmenteront. On doit donc prévoir une plus grande quantité. »

Mme Clark prévient toutefois que le pâturage du maïs peut causer des problèmes d’acidose ruminale ou de surcharge par les céréales.

Eau et abri

Comme la consommation d’aliments est liée à la prise d’eau, M. Cabak affirme qu’il est particulièrement important de fournir de l’eau ou de s’assurer qu’il y a assez de neige pour offrir une source d’eau lorsque les températures sont inférieures à la normale. On doit cibler tout particulièrement les animaux plus jeunes, plus âgés ou plus petits car leurs besoins nutritionnels sont plus élevés.

Le froid extrême accentue également la nécessité d’avoir un abri adéquat.

« Le froid et le refroidissement éolien sont difficiles pour les animaux, qui ont donc besoin de plus d’énergie pour rester en santé », ajoute‑t‑il.

En conclusion

Le froid polaire qui caractérise l’hiver canadien cette année exige d’augmenter les rations alimentaires du bétail. Pour chaque tranche de 5 degrés Celsius en dessous de -20 degrés Celsius, il faut augmenter d’environ un kilogramme (2,2 livres) la quantité de céréales que reçoit normalement le bétail.

Article par : Richard Kamchen