L’art de gérer ses flux de trésorerie

Une bonne gestion financière repose notamment sur le traitement de vos factures et le maintien des liquidités nécessaires pour les payer. Cela influe sur tous les aspects de votre exploitation, des mesures que vous prenez pour vendre vos stocks à votre relation avec votre fournisseur de crédit. Et pourtant, un nombre surprenant de producteurs y arrivent difficilement.

« À court terme, la gestion des flux de trésorerie consiste à s’assurer de disposer de liquidités suffisantes, que ce soit dans le compte bancaire ou au moyen d’un crédit d’exploitation, au moment où l’on en a besoin », explique Terry Betker du cabinet Backswath Management de Winnipeg, au Manitoba. « À long terme, il s’agit de gérer les liquidités de l’exploitation; vous devez avoir une idée claire des rentrées et des sorties de fonds et veiller à ce que les fonds soient utilisés à bon escient. Par exemple, l’achat d’équipement au moyen d’un crédit d’exploitation entraîne souvent des difficultés de trésorerie. »

L’élaboration d’un budget de trésorerie est un bon point de départ. Financement agricole Canada offre un modèle de budget mensuel dans son Guide de planification des flux de trésorerie à télécharger. Il permet de consigner la trésorerie d’ouverture et les recettes provenant de toutes les sources et les dépenses mensuelles totales. Le résultat fait ressortir les manques à gagner potentiels longtemps d’avance afin d’éviter qu’ils ne s’aggravent.

Une exploitation classique combinant la production de céréales, d’oléagineux et de cultures commerciales a besoin de liquidités importantes au printemps pour l’ensemencement. Les paiements de l’hypothèque ou du prêt pour l’achat de machines peuvent être programmés pour n’importe quel mois de l’année, et les frais de subsistance sont constants.

Certains producteurs ont un ratio de liquidité de 100 % : ils disposent d’un fonds de roulement situé à hauteur des dépenses de l’année. La plupart d’entre eux comptent sur des crédits d’exploitation pour se garder une marge de manœuvre jusqu’à la vente des stocks.

Nombreux sont ceux qui ont du mal à établir un plan de trésorerie assorti de prévisions exactes concernant le revenu et les dépenses, déplore M. Betker. Mais ils s’améliorent après quelques tentatives et apprennent à mieux connaître la dynamique de leurs revenus et dépenses.

Vous pouvez essayer différents scénarios pour savoir comment composer avec une baisse du prix d’un produit de base ou une hausse des frais de réparation. Vous devriez avoir suffisamment de fonds pour réduire au minimum les répercussions de fluctuations mineures sur votre exploitation.

« Si vos flux de trésorerie influent sur vos décisions de gestion, vous forcent à vendre des biens à contrecœur ou vous empêchent d’acheter un bien dont vous avez besoin, vous êtes dans de beaux draps, prévient M. Betker. Plus les liquidités de votre exploitation sont importantes, plus vous êtes apte à faire face à l’adversité. »

D’après un article de l’AgriSuccès (mars 2019) par Lorne McClinton