Les agriculteurs canadiens convoitent le marché chinois de l’avoine

Les producteurs des Prairies espèrent tirer parti de l’énorme demande projetée d’avoine de la part de la Chine.

« La demande chinoise devrait doubler tous les cinq ans et rivaliser avec celle des États‑Unis d’ici 15 ans si la tendance se maintient », indique Randy Strychar, président de la société Ag Commodity Research.

Les États‑Unis se classent au premier rang des pays importateurs d’avoine. Le département de l’Agriculture des États‑Unis (USDA) estime qu’environ 1,7 million de tonnes seront importées en 2017‑2018.

Le USDA prévoit que les importations chinoises d’avoine atteindront 300 000 tonnes en 2017‑2018, ce qui représente un bond prodigieux par rapport aux 87 000 tonnes importées en 2012‑2013.

Classe moyenne

« La nouvelle classe moyenne chinoise recherche des aliments plus sains et nutritifs à ajouter à des aliments traditionnels de base comme le riz et les nouilles de blé », explique Shawna Mathieson, directrice générale de la Prairie Oat Growers Association (POGA). « L’avoine s’intègre bien dans ce régime alimentaire. »

Les barres de collation et les céréales de petit déjeuner, en particulier, attisent l’intérêt croissant des Chinois pour l’avoine, ajoute M. Strychar.

« D’après les tendances en matière de consommation de céréales de petit déjeuner et de barres de collation jusqu’en 2022, la plus forte croissance à l’échelle planétaire se situe dans le marché de l’Asie pacifique, et c’est la Chine », dit‑il.

Le Canada tenu à l’écart

Toutefois, c’est l’Australie qui profite principalement de cette demande; elle accapare environ 97 % des importations chinoises d’avoine.

« À l’heure actuelle, les importations d’avoine [brute] du Canada à des fins alimentaires et fourragères sont tout simplement interdites en Chine », souligne Mme Mathieson.

En 2015, la POGA a présenté une demande par l’intermédiaire du Secrétariat fédéral de l’accès au marché pour que les restrictions soient levées.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments et son équivalent chinois, l’AQSIQ, ont signé un plan de travail pour 2018 visant notamment l’avoine. La POGA considère qu’il s’agit de la première étape importante vers un accord phytosanitaire et l’ouverture de l’accès au marché.

« La lenteur de la mise en place du protocole montre que la Chine n’est manifestement pas pressée de chercher d’autres sources ou de susciter une concurrence accrue », fait valoir M. Strychar.

Augmentation de la superficie

« Si l’avoine canadienne est admise en Chine, cela se traduira par une hausse de la demande et, en conséquence, un accroissement de la superficie ensemencée en avoine au Canada, analyse Mme Mathieson. En outre, cela créera un autre marché important pour l’avoine canadienne, qui, à l’heure actuelle, est exportée aux États‑Unis dans une proportion de près de 90 %. »

M. Strychar prévient toutefois que l’Australie pourrait demeurer le principal fournisseur d’avoine de la Chine.

« L’Australie jouit d’un marché très flexible... En fait, la Chine sera en mesure d’acheter la presque totalité de la production australienne d’avoine. »

En conclusion

La demande d’avoine de la Chine pourrait rivaliser avec celle des États‑Unis et représente une véritable bénédiction pour les producteurs des Prairies, à condition, bien sûr, qu’ils obtiennent l’accès à ce marché.

Article par : Richard Kamchen