Les acheteurs se réjouissent de la croissance modeste de la valeur des terres agricoles

On pourrait penser qu’une baisse de la valeur moyenne des terres agricoles est quelque peu consternante pour un agent immobilier agricole comme Tim Hammond de la Saskatchewan.

Mais il n’en est rien. En fait, c’est tout le contraire.

Ce mois-ci, FAC a annoncé que la valeur des terres agricoles au Canada a continué de s’essouffler au cours de la première moitié de 2019.

Après avoir augmenté de 6,6 % en 2018, la valeur moyenne des terres agricoles à l’échelle nationale a grimpé de 3 % au cours de la première moitié de 2019.

Et FAC prévoit que cette tendance se maintiendra jusqu’à la fin de l’année.

« Le marché pourrait encore subir certains ajustements mineurs, mais les hausses marquées de la valeur des terres agricoles ont maintenant cédé la place à une croissance plus modeste », dit Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef à FAC.

Les répercussions surprenantes du ralentissement de la hausse des prix

On pourrait s’attendre à ce qu’une croissance modeste des prix ait pour effet de décourager les ventes.

Toutefois, Tim Hammond et ses huit associés de l’une des plus grandes sociétés immobilières agricoles au pays, Hammond Realty, à Biggar, constatent une intensification des achats parallèlement à l’apaisement des prix.

Jusqu’ici cette année, Hammond Realty a réalisé des transactions à hauteur de 150 millions de dollars, et il reste encore tout un trimestre. Ce résultat est supérieur au record précédent de 140 millions de dollars et est nettement plus élevé que les ventes de 100 millions de dollars enregistrées en 2018.

« Les acheteurs arrivent sur le marché maintenant que les vendeurs ont cessé de tester le marché avec les prix, explique M. Hammond. Les vendeurs sont déterminés et, par conséquent, les acheteurs sentent qu’ils ont un pouvoir de négociation accru par rapport aux deux dernières années, où il y avait très peu de terres à vendre. »

Au cours de cette période-là, Hammond Realty comptait dix acheteurs pour chaque ferme. Il y avait donc peu de place à la négociation.

« Maintenant, le ratio acheteurs-vendeurs est plus équilibré, et ceux-ci sollicitent notre aide pour conclure des transactions équitables », dit-il.

Le fléchissement du marché immobilier agricole équilibre le ratio acheteurs-vendeurs. Partagez sur Twitter

Hausses plus faibles dans cinq provinces

Le rapport de FAC fait état d’augmentations plus faibles qu’en 2018 en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario et au Québec. Le Manitoba est la seule province où la hausse de la valeur a été légèrement supérieure.

Les transactions rendues publiques dans les quatre provinces atlantiques n’ont pas encore été examinées et évaluées.

En Ontario, Don Kabbe, directeur général de la société Great Lakes Grain de Chatham, indique que les conditions météorologiques ont freiné les hausses de la valeur des terres dans cette province.

« L’Ontario a eu une saison de croissance difficile. En raison des retards d’ensemencement et du temps moins chaud enregistré cet été, les rendements des cultures sont inférieurs aux attentes, dit M. Kabbe. Il s’agit d’un recul par rapport aux sommets enregistrés entre 2011 et 2015. »

Les producteurs de l’Ontario s’attendaient à ce que les prix restent stables ou augmentent

Comment cette tendance se compare-t-elle aux attentes des producteurs?

Brady Deaton Jr., professeur à l’Université de Guelph et titulaire de la Chaire de la famille McCain en sécurité alimentaire, a mené une enquête auprès des producteurs de l’Ontario pour avoir une idée de leurs perceptions à l’égard de l’évolution des prix des terres agricoles en 2019.

Presque la moitié des répondants s’attendaient à ce que les prix restent stables, tandis que près de 30 % s’attendaient à ce qu’ils augmentent.

« Je suppose que les attentes des producteurs interrogés découlent d’un sentiment général que l’appréciation rapide de la valeur des terres agricoles ces dernières années doit être contrebalancée par des fluctuations plus modestes dans un avenir prochain », avance M. Deaton.

Pour sa part, M. Gervais conseille vivement aux producteurs de se préparer à affronter des circonstances imprévisibles en conservant un plan de gestion du risque et en restant concentrés sur le tableau d’ensemble.

« La demande de produits agricoles canadiens devrait demeurer vigoureuse au Canada et à l’étranger en 2019-2020, alors l’avenir à long terme est positif pour l’agriculture », assure-t-il.

En conclusion

Les hausses marquées de la valeur des terres agricoles au Canada ont cédé la place à une croissance plus modeste. Les experts affirment que les vendeurs sont déterminés et les acheteurs sentent qu’ils ont un pouvoir de négociation accru. De façon générale, les producteurs doivent se préparer à affronter des circonstances imprévisibles en mettant en place un plan de gestion du risque.

Article par : Owen Roberts