Coup d’œil sur les moyens de maîtriser la hernie

Le nombre de cas confirmés de hernie dans l’Ouest canadien ne cesse d’augmenter, mais si elle est détectée à temps, cette maladie se traite beaucoup plus facilement et n’a que peu d’impact sur le rendement du canola.

Prévention

La hernie est une maladie tellurique qui se traduit par la formation de galles sur les racines et empêche les plants de canola d’absorber l’eau et les nutriments essentiels à leur survie.

Il est crucial de nettoyer le matériel, ou du moins d’en retirer un maximum de terre avant l’entreposage et, durant les mois d’été, entre les passages dans différents champs, afin d’empêcher la propagation des spores de la hernie, indique Dan Orchard, agronome au Conseil canadien du canola.

« L’équipement constitue le mode principal de transmission de la hernie, dit-il. Le risque de propagation diminue en fonction de la quantité de terre retirée de l’équipement avant le passage dans un champ. Si vous retirez 90 % de la terre, le risque de propagation diminue de 90 %. »

Michael Harding, phytopathologiste du ministère de l’Agriculture de l’Alberta, indique que l’ensemencement de canola résistant à la hernie est un autre moyen de lutte efficace. Toutefois, à la longue, la résistance finit par s’effriter.

« À force de semer des cultivars résistants dans des champs qui comptent de fortes populations de spores de repos, la résistance s’effrite en seulement trois cycles de culture du canola », prévient M. Harding.

Selon une enquête récente menée par l’Université de l’Alberta, plus de 170 champs de cette province sont aux prises avec des problèmes de résistance.

M. Harding souligne aussi l’importance de la rotation des cultures.

L’intervalle de rotation recommandé pour le canola est de trois ou quatre ans.

« Si nous voulons juguler cette maladie, nous devons planifier soigneusement la rotation des cultures et le nettoyage du matériel, dit M. Harding. Ce sont les deux principes de gestion qui nous permettront d’éviter de contaminer de nouveaux champs et de maîtriser cette maladie dans les champs où elle est déjà présente. »

Traitement

Selon les experts, les zones fortement infestées et les zones sensibles devraient être ensemencées en graminées. M. Orchard indique que l’herbe semble entraîner la levée de dormance des spores de la hernie et contribue à réduire les charges de spores plus rapidement. De plus, l’herbe indique les emplacements de la hernie, ce qui permet d’éviter toute circulation dans ces zones.

Le chaulage de certaines parties du champ pour augmenter le pH du sol peut s’avérer utile, dit M. Orchard, mais cette opération demande beaucoup de précision parce qu’un pH trop élevé pourrait aussi réduire les rendements.

La fumigation ou la solarisation semblent aussi bénéfiques, mais M. Orchard ajoute que ces mesures sont complexes et dispendieuses, même si la superficie à traiter est restreinte.

Le Conseil canadien du canola et le ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan (sites en anglais seulement) offrent de plus amples renseignements sur la lutte contre la hernie et sa prévention.

Incidents rapportés en 2018

Une nouvelle carte de la répartition de la hernie produite par Stephen Strelkov, professeur de phytopathologie de l’Université de l’Alberta, fait état de 3 044 cas confirmés de hernie depuis que cette maladie a été détectée pour la première fois, il y a 15 ans, dans la région d’Edmonton. Trois cents nouveaux cas ont été recensés cette année. La plupart de ces nouveaux cas, toutefois, ont été recensés à proximité de champs déjà contaminés.

Source : Université de l’Alberta

La hernie est beaucoup moins fréquente en Saskatchewan et au Manitoba, mais le nombre de cas est à la hausse. Des symptômes de la hernie ont été détectés dans 37 champs de la Saskatchewan et dans 33 champs du Manitoba.

Le ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan devrait publier une carte indiquant la prévalence de la hernie au début de 2019.

Parallèlement, 15 nouveaux cas de hernie ont été confirmés au Manitoba (en anglais seulement) en 2018.

« Il s’agit d’une hausse par rapport aux années précédentes, et cela s’explique probablement par des dépistages plus minutieux conjugués à un été sec », indique Dane Froese, spécialiste des oléagineux du ministère de l’Agriculture du Manitoba.

En conclusion

Des experts indiquent que la lutte contre la hernie repose sur la réduction des déplacements de terre, le prolongement des rotations culturales et l’utilisation accrue de variétés résistantes. La surveillance et le dépistage aident aussi à détecter la maladie avant que les concentrations de spores soient assez élevées pour entraîner d’importantes baisses de rendement.

Des experts indiquent que la réduction des déplacements de terre et l’augmentation des intervalles de rotation contribuent grandement à freiner la propagation de la hernie du canola, dont le nombre de cas ne cesse d’augmenter.

Article par : Neil Billinger