L’étiquetage des aliments génétiquement modifiés aux États-Unis aura des répercussions au Canada

Le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) est en train d’étudier les moyens de mettre en œuvre l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés (GM). La stratégie du département et la réaction des consommateurs aux nouvelles étiquettes auront des répercussions des deux côtés de la frontière.

Cette initiative nationale a été mise en œuvre en 2016 à la demande du Congrès dans le but de contrer la prolifération de règles disparates sur l’étiquetage des aliments GM dans différents États, comme le Vermont. Toutefois, même si les États-Unis finiront par se doter d’un ensemble uniforme de normes d’étiquetage, les difficultés résident dans les menus détails.

Du 3 mai au 3 juillet dernier, l’USDA a invité la population à s’exprimer sur ce qu’il appelle une « norme nationale de divulgation sur les aliments transgéniques » (National Bioengineered Food Disclosure Standard). Des mois plus tard, le département continue d’étudier attentivement les milliers de commentaires reçus et s’efforce de déterminer la voie à suivre.

Le premier problème est qu’il existe différentes définitions de transgénique. La plupart des gens pensent que le génie biologique ou la modification génétique désigne le transfert de matériel génétique d’une espèce, en marge de la sélection végétale conventionnelle. Mais qu’en est-il de la nouvelle technologie de l’édition génétique, qui ne comporte aucun transfert de gènes?

Le premier problème est qu’il existe différentes définitions de « transgénique ». Comment décider ce qui doit être étiqueté?

Les seuils de tolérance constituent une autre question épineuse. Des cultures GM comme le soya, le canola et le maïs passent par le même système de manutention en vrac que les cultures non GM comme le blé, l’orge et le lin. Si l’on impose la tolérance zéro, la moindre poussière de grain GM pourrait rendre une expédition inacceptable.

Et comment traite-t-on les produits alimentaires hautement raffinés, comme l’huile de soya, l’huile de canola et la fécule de maïs? Qu’ils soient fabriqués à partir de grains GM ou de grains non GM, ces produits sont pratiquement impossibles à distinguer étant donné que la protéine a été retirée. Doit-on tout de même les étiqueter comme aliments GM?

Enfin, si un produit alimentaire contient seulement 1 % d’huile de canola, doit-on le considérer comme un produit alimentaire transgénique?

L’International Food Information Council (IFIC), basé à Washington, D.C., a mené un sondage auprès des consommateurs américains et a constaté que ceux-ci sont peu enclins à accepter les produits étiquetés comme transgéniques et peu disposés à payer pour se les procurer. En effet, cette étiquette soulève des préoccupations relatives à la santé humaine.

« Même si, de façon générale, les scientifiques s’entendent pour dire que les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont sans danger pour les consommateurs, une majorité d’Américains semblent convaincus du contraire », explique Joseph Clayton, directeur général de l’IFIC, à propos des résultats du sondage.

Le Canada et les États-Unis échangent pour plus de 47 milliards de dollars canadiens en produits agricoles chaque année. Même si l’étiquetage des aliments GM n’est pas en vigueur au Canada, les étiquettes utilisées aux États-Unis auront une incidence de ce côté-ci de la frontière.

Il est trop tôt pour savoir exactement comment les dispositions américaines en matière d’étiquetage seront appliquées ou quelles seront leurs répercussions. Toutefois, il y aura assurément des groupes qui préconiseront une approche similaire au Canada. De plus, étant donné le volume des échanges transfrontaliers, le Canada doit prendre en considération les politiques de son voisin du Sud.

D’après un article de l’AgriSuccès (novembre 2018) par Kevin Hursh.