Bilan de l'année : les principaux enjeux qui ont eu une incidence sur l'agriculture canadienne en 2015

Chronique économique FAC

Aperçu

  • Le commerce, et les négociations commerciales comme celles qui entourent le Partenariat transpacifique, ont été au cœur des préoccupations des agriculteurs canadiens.
  • Des questions comme les baisses de taux d'intérêt et le déclin du huard ont aussi été d'importantes préoccupations.
  • Les ventes d'équipements agricoles neufs ont diminué au cours de la dernière année, mais les recettes tirées des ventes d'équipements usagés, des pièces et de l'entretien sont à la hausse.
  • L'économie chinoise continue de ralentir et l'industrie agricole canadienne l'a à l'œil.

L'année 2015 tire à sa fin, et c'est un bon moment pour porter un regard rétrospectif sur les principaux enjeux économiques qui ont eu une incidence sur l'agriculture canadienne au cours de l'année.

Voici les cinq principaux enjeux que nous avons surveillés en 2015 :

Les négociations entourant le Partenariat transpacifique
Le Partenariat transpacifique (PTP) a été sans conteste la question économique la plus importante de 2015, mais il faudra encore du temps avant que tous les détails soient réglés. Au début de janvier, nous avons donné un aperçu de ce qu'il fallait savoir au sujet du PTP dans la mesure où une entente était imminente. Après la conclusion des négociations, en octobre, le texte du PTP a laissé entrevoir les débouchés et les enjeux commerciaux qui découleraient de l'accord à supposer qu'il soit ratifié et mis en œuvre.

« Même si ce sont les principes de base de l'offre et de la demande au Canada et aux États‑Unis qui déterminent les prix régionaux, la faiblesse du dollar canadien a apporté un soutien solide aux marges bénéficiaires dans les secteurs nationaux des cultures agricoles et de l'élevage. »

Les baisses de taux d'intérêt
La Banque du Canada a abaissé son taux directeur deux fois en 2015, en réaction essentiellement à la chute des cours pétroliers qui affaiblit l'économie canadienne.

Par contraste, le secteur agricole canadien demeure vigoureux.

La faiblesse des taux d'intérêt permet aux exploitations agricoles et aux agroentreprises de profiter de possibilités de croissance et d'effectuer des investissements pour assurer leur prospérité à long terme.

Le déclin du huard
En 2015, les prix à la ferme au Canada étaient le reflet du dollar canadien, qui contrebalançait les chutes de prix à l'échelle mondiale. La valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain a diminué de 0,10 $ en 2015 et s'établit actuellement à 0,75 $, ce qui s'explique par la diminution des prix du pétrole et les variations des taux d'intérêt. Même si ce sont les principes de base de l'offre et de la demande au Canada et aux États‑Unis qui déterminent les prix régionaux, la faiblesse du dollar canadien a apporté un soutien solide aux marges bénéficiaires dans les secteurs nationaux des cultures agricoles et de l'élevage.

De nombreux facteurs influencent les prix, mais retenez ceci :

  • En 2015, les prix du maïs aux États-Unis ont été inférieurs d'environ 10 % à ceux de 2014, alors qu'en Ontario, les prix du maïs ont été supérieurs de près de 4 % à ceux de 2014. 
  • Les prix du soja aux États-Unis ont diminué de plus de 20 %, tandis qu'ils ont reculé en moyenne de seulement 13 % au Canada, conséquence de la valeur de notre dollar.
  • Les prix des bovins et des veaux ont augmenté de 3 à 10 % aux États‑Unis, tandis qu'ils ont bondi de 20 % au Canada cette année.

Les ventes inégales d'équipements agricoles
La baisse des prix des produits de base et le déclin du dollar canadien ont entraîné une diminution des ventes d'équipements agricoles neufs tout au long de 2015.

Par exemple, depuis le début de l'exercice, les ventes de moissonneuses-batteuses sont inférieures de 15 % à celles de 2014, et les ventes de tracteurs à quatre roues motrices sont inférieures de 33 %.

Ce ralentissement n'est pas surprenant étant donné les volumes de ventes élevés enregistrés en 2013 et en 2014. Toutefois, si les ventes d'équipements neufs ont diminué, les recettes tirées des ventes d'équipements usagés, des pièces et de l'entretien ont augmenté. Les données provisoires indiquent que les ventes d'équipements usagés pourraient avoir bondi de 30 %. Consultez notre page Web où nous publierons bientôt nos prévisions concernant les tendances des ventes d'équipements en 2016.

Ralentissement de l'économie chinoise
L'économie chinoise ne cesse de ralentir.

Avant 2015, la croissance prévue du PIB de la Chine était de l'ordre de 7 %, ralentissement qui, selon nous, était inévitable . Au moment de la rédaction de cette chronique, on prévoit que la croissance du PIB de la Chine en 2015 sera de 6,8 %. Dans le contexte où l'économie chinoise passe d'un modèle axé sur les investissements et les exportations à un modèle axé sur les dépenses de consommation, la demande de certains produits de base de la part de la Chine s'est affaiblie. Toutefois, la demande chinoise de produits agricoles de base et de produits alimentaires est vigoureuse. Nous prévoyons donc que la Chine demeurera un marché en croissance pour l'agriculture canadienne .

Au début de janvier 2016, nous publierons notre palmarès des cinq principaux enjeux économiques à surveiller au cours de la nouvelle année. Ne manquez pas de le lire. Selon vous, quels seront ces cinq enjeux?

Leigh Anderson, Économiste agricole principal