Les prix du pétrole poursuivront-ils leur chute?

Dans notre plus récente Chronique économique FAC, nous avons examiné les liens entre le pétrole et l’industrie agricole canadienne et nous avons avancé qu’une baisse des prix du pétrole avantagerait, en général, les producteurs agricoles. Nous nous sommes aussi demandé jusqu’à quel point les prix du pétrole poursuivraient leur descente.

On semble s’entendre au sujet des déterminants du fléchissement des prix de l’or noir : d’une part, la pointe de production de pétrole en Libye et aux États-Unis, et d’autre part, la faible demande en raison d’un ralentissement généralisé de l’économie mondiale. L’offre a donc augmenté au moment où la demande s’atténuait; les trois indices de référence du pétrole brut les plus utilisés ont aussi chuté au cours des trois derniers mois.

 

 

Les opinions sont partagées quant à la possible persistance de la baisse des prix du pétrole.

Les analystes ont souvent sous-estimé la croissance réelle de la production de pétrole brut léger aux États-Unis ces dernières années. Or, l’offre américaine a vraiment augmenté. Toutefois, la faiblesse des prix serait un vrai test pour la compétitivité des producteurs de pétrole des États-Unis. Certains croient que les habituels pays producteurs de pétrole comme l’Arabie saoudite fermeront le robinet pour favoriser une remontée des prix. En fait, ils n’ont pas avantage à diminuer leur production puisque cela aiderait les nouveaux producteurs émergents, dont les États-Unis. Il est donc peu probable que les prix amorcent une remontée à cause de faibles volumes de pétrole.

Par ailleurs, l’économie mondiale connaît un ralentissement. La Chine vient tout juste d’annoncer un taux de croissance annuel de son PIB de 7,3 % pour le troisième trimestre de 2014, soit le plus bas en cinq ans. Un ralentissement plus prononcé pourrait mener à de prochaines baisses des prix du pétrole. Cependant, la « Banque du Canada s’attend à ce que l’économie mondiale se renforce », soutient-elle dans son dernier Rapport sur la politique monétaire publié à la mi-octobre.

En somme, il est difficile de concevoir qu’à court terme, les prix du pétrole remonteront aux niveaux observés il y a quatre mois. Nous traversons donc, vraisemblablement, une période de faibles prix qui durera jusqu’à ce que la demande rebondisse et suive le rythme de croissance prévu de l’offre.

Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef