La Chine continuera-t-elle d’offrir des débouchés importants pour le porc canadien?

La très forte demande de porc en Chine crée des débouchés pour les producteurs canadiens. En 2016, les exportations de porc du Canada vers la Chine représentaient 15 % de ses exportations totales de porc évaluées à un montant record de 590 millions de dollars canadiens, ce qui constitue une hausse de 160 % par rapport à l’année précédente. Il n’est donc pas étonnant que la découverte de ractopamine dans une cargaison canadienne ait suscité des inquiétudes quant à la stabilité de ce marché d’exportation.

Au-delà des possibles perturbations à court terme du commerce, la forte demande de porc en Chine offrira-t-elle des occasions durables aux producteurs et transformateurs canadiens?

La liquidation du cheptel porcin chinois est à l’origine de la montée des importations

La production porcine a rapidement chuté en Chine au cours des trois dernières années. Le cheptel de truies chinois a diminué de 20 % entre 2013 et 2016, principalement en raison des prix élevés du maïs et du tourteau de soja. Le recul de la production de verrats n’a pas été aussi marqué, car des gains de productivité ont compensé une partie du manque à gagner.

La consolidation des exploitations chinoises a entraîné une expansion des échanges commerciaux du pays. En 2013, la Chine a importé 12 % de l'ensemble du porc vendu sur les marchés mondiaux. Cette proportion est passée à 27 % en 2016, et on prévoit qu’elle atteindra 28 % en 2017. Puisque la Chine produit et consomme près de la moitié de la production mondiale de porc, même une faible fluctuation de la demande dans ce pays a une incidence importante sur le marché porcin canadien.

La Chine domine le commerce mondial de porc et pourtant, ses exportations totales de porc ne correspondent qu’à une infime partie de sa consommation. La croissance est lente : les importations de porc de la Chine représentaient 1,4 % de ses besoins en 2013, contre 4,0 % en 2016.

La demande croissante amplifie l’insuffisance de l’approvisionnement en Chine

La demande de porc en Chine a augmenté considérablement au cours des dix dernières années, en parallèle avec la croissance rapide de la classe moyenne chinoise. Le département de l'Agriculture des États-Unis estime que la Chine a consommé 55 millions de tonnes de porc en 2016, soit la quantité la plus faible en 3 ans, et que la baisse de la consommation découle de la pénurie de porc sur le marché intérieur. Selon les projections de l’OCDE-FAO, la consommation totale de porc en Chine atteindra 63 millions de tonnes d’ici 2025.

La compétitivité de l’industrie porcine chinoise est limitée depuis longtemps comparativement à celle des pays développés, en raison des coûts de production élevés et de la diminution des terres arables. Les réformes des politiques environnementales ont contraint des millions de petits producteurs à cesser leurs activités depuis quelques années. Le prix du porc chinois étant souvent inférieur aux coûts de production, la récente chute des prix découle d’une modeste hausse de la production en 2016 et d’une stagnation de la demande saisonnière après le Festival du printemps chinois (une importante fête nationale).

Des perspectives positives pour les 12 prochains mois

Les grandes et moyennes exploitations ont récemment accru leur production par suite de l'amélioration des prix dans le secteur porcin. La capacité de production croissante de la Chine pourrait faire diminuer les importations de porc en 2018, sans toutefois annuler complètement les débouchés dans ce pays. La consommation de porc en Chine devrait se maintenir sur une tendance haussière, ce qui permettra aux exportateurs canadiens de combler l'écart entre l'offre et la demande.