Une pénurie de main-d’œuvre aura-t-elle une incidence sur la croissance dans le secteur agricole?

L’article qui suit est reproduit avec l’autorisation de Ray Bollman, conseiller principal en recherche au Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (CCRHA) et ancien directeur du groupe de la recherche sur les milieux ruraux de Statistique Canada. Dans le texte qui suit, M. Bollman nous parle de la pénurie de main-d’œuvre attendue au Canada.

Dans mon article précédent, nous avons vu qu’on s’attend à une pénurie de main-d’œuvre au Canada dans un proche avenir. En agriculture, une industrie dont le PIB a progressé à un taux annuel moyen de 2 % de 1997 à 2012, le spectre d’une pénurie soulève des préoccupations quant à la capacité de l’industrie de maintenir ce rythme de croissance économique.

Cette pénurie peut donner l’impression de menacer la croissance, mais il faut savoir que le nombre total d’emplois en agriculture diminue de façon constante depuis longtemps (de plus de 900 000 dans les années 1950, ce nombre a fléchi à 315 000 en 2013). Le nombre de travailleurs salariés n’a pas beaucoup bougé depuis les années 1950, mais ces travailleurs représentent aujourd’hui une plus grande proportion de l’ensemble de la main-d’œuvre agricole. Pendant la même période, la production a augmenté de façon constante, en raison de l’importante substitution du capital au travail dans la production agricole.

En fait, les technologies qui permettent d’économiser la main-d’œuvre ont entraîné des regroupements dans le secteur agricole ainsi qu’une diminution du nombre d’emplois, surtout chez les agriculteurs indépendants. Si la pénurie de main-d’œuvre prévue a une incidence sur le nombre d’employés salariés disponibles pour travailler, la pénurie pourrait effectivement avoir des répercussions sur le PIB du secteur agricole. Cette pénurie risque également d’entraîner un ralentissement des consolidations.

Toutefois, s’il s’agit d’une « pénurie » de personnes qui remplacent les producteurs indépendants qui prennent leur retraite, l’incidence sur le PIB sera probablement peu importante. Les regroupements et les technologies qui permettent d’économiser la main-d’œuvre pourraient compenser toute diminution du nombre de travailleurs.

Il est important que les entreprises agricoles considèrent la main-d’œuvre comme un actif stratégique pour leurs activités et élaborent une stratégie adéquate qui permettra d’assurer la durabilité de leurs activités. Les producteurs disposent de nombreux moyens pour relever le défi qui consiste à trouver la bonne main-d’œuvre pour les exploitations de toutes les régions du Canada. Pour en savoir davantage, visitez le site du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (CCRHA).

Ray D. Bollman, Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture