L’importance de la saison des barbecues pour les éleveurs de bétail

L’ensemencement est presque terminé, les séries éliminatoires de la LNH ont été remportées et le baseball bat son plein : le moment est venu pour les Canadiens d’allumer leur barbecue et de déguster leur rafraîchissement préféré.

La saison chaude est celle des barbecues et donc, d’une demande élevée de produits de bœuf. Le dynamisme des marchés de l’exportation, conjugué aux prix de vente au détail plus faibles du bœuf qui ont eu pour effet de gonfler la demande globale de bœuf au Canada, signifie que les éleveurs de bovins devraient réaliser de bonnes marges de profit cet été.

La valeur du bœuf canadien est habituellement optimale en juin

La valeur des coupes de détail (en anglais seulement) du bœuf canadien est révélatrice de la demande de bœuf des consommateurs et de son offre par l’industrie. Elle mesure la valeur de la carcasse à l’aide d’une moyenne pondérée des coupes primaires. Augmentant habituellement au printemps, cette valeur atteint un sommet à la mi-juin, en réponse à la demande élevée des consommateurs pour la longue fin de semaine de juillet.

La haute valeur des coupes de détail du bœuf constatée à ce jour en 2017 est attribuable à la faiblesse de l’offre et à la force de la demande, et les prix du bœuf canadien demeurent plus élevés que la moyenne sur cinq ans.

Fait intéressant, selon Statistique Canada, les prix de vente au détail du bœuf en avril 2017 étaient inférieurs de 5 % à ceux d’avril 2016. Cette baisse s’explique principalement par la concurrence féroce que se livrent les détaillants alimentaires. En raison du prix au détail moyen plus faible du bœuf, la demande des consommateurs s’est accrue, ce qui s’est traduit par des prix plus élevés pour les valeurs des coupes de détail canadiennes.

Les valeurs des coupes de détail dictent les fluctuations des prix des bovins 

Une forte demande au détail et des valeurs élevées pour les coupes de détail favorisent habituellement le marché des bovins d’engraissement. Les prix des bovins d’engraissement atteignent généralement des sommets saisonniers vers la fin avril ou le début mai, lorsque la demande de bovins par les abattoirs est élevée en prévision de la demande des consommateurs pour la saison des barbecues. Cette année, les prix des bovins d’engraissement ont renversé cette tendance en demeurant élevés durant les mois de mai et de juin. À l’heure actuelle, les déterminants des prix des bovins d’engraissement sont très clairs; il s’agit de la forte demande des consommateurs et, dans une moindre mesure, de l’offre limitée de bovins. Le marché pourrait se retourner à l’automne, puisque le nombre de bovins en finition laisse présager une offre abondante de bovins et, par conséquent, des prix plus bas.

Tendances saisonnières de l’abattage 

L’abattage de bovins a suivi une courbe saisonnière particulière, le nombre d’abattages augmentant au mois de mars en réponse à la hausse prévue de la demande des consommateurs durant l’été. Il a ensuite diminué progressivement en avril et en mai, puis a connu le regain habituel en juillet et en septembre.

L’abattage de bovins mensuel est resté très près de la tendance moyenne sur cinq ans en 2017. Cette courbe de production normale suggère que la demande de bœuf des consommateurs sur les marchés intérieur et d’exportation est élevée.

La saison des grillades est l’une des plus importantes périodes pour tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement du bœuf. Les tendances des marchés intérieur et d’exportation sont favorables pour l’industrie du bovin canadien, qui tire profit de l’appétit des consommateurs.


Craig Klemmer
Économiste agricole principal

Craig Klemmer a commencé sa carrière à FAC en 2009 en tant qu’économiste agricole. Il se spécialise dans la surveillance et l’analyse de l’environnement macroéconomique, la modélisation de l’état de santé de l’industrie et la prestation d’analyses des risques liés à l’industrie. Avant son arrivée à FAC, il a travaillé à la Direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. M. Klemmer est titulaire d’une maîtrise en agroéconomie de l’Université de la Saskatchewan.

@CraigKlemmer