Quelle direction prendra la valeur des terres agricoles?

On dit des économistes agricoles qu’ils sont rarement du même avis, et les perspectives en ce qui concerne la valeur des terres agricoles en sont un excellent exemple.

FAC a publié son rapport Valeur des terres agricoles annuel aujourd’hui. La valeur moyenne des terres agricoles canadiennes a augmenté de 22 %; cette hausse est la plus forte que FAC ait constatée dans ses rapports sur la valeur des terres agricoles. Les importantes marges de profit enregistrées par les producteurs de grandes cultures ainsi que la faiblesse soutenue des taux d’intérêt sont à l’origine de la récente flambée des prix surtout évidente au cours de la première moitié de 2013.

Dans un billet précédent, on prévoyait un resserrement des marges pour le secteur des cultures. Or, les experts ne s’entendent pas sur ce que l’avenir nous réserve. Les opinions divergent considérablement, comme en témoignent les deux perspectives distinctes sur les marchés des terres agricoles qui suivent.

Un rapport publié par Re/Max (en anglais seulement) indique qu’en dépit d’une modération des prix à court terme, les perspectives à long terme sont favorables, car l’agriculture canadienne soutiendra une « saine » demande en terres agricoles.

Les professeurs Baker, Boehlje et Langemeier de l’Université Purdue, en Indiana, ont mené une étude (en anglais seulement) qui préconise une plus grande prudence lorsqu’il est question d’évaluation des terres agricoles.

« Même si nos données confirment la croyance traditionnelle selon laquelle les terres agricoles produisent un rendement élevé, présentent peu de risques et constituent une bonne protection contre l’inflation, le ratio actuel [du prix sur le taux de location moyen sur dix ans] indique que ce n’est pas le moment d’acheter. Ceux qui achètent des terres agricoles aujourd’hui ne doivent pas négliger la possibilité qu’ils risquent de s’en mordre les doigts. »

Même si les prix des cultures se sont redressés après leurs récents creux, les causes de cette reprise pourraient être de courte durée; par exemple, elles pourraient dépendre de la situation en Ukraine. À mesure que l’année avance, j’incite fortement les producteurs de cultures à utiliser avec prudence les récents rendements dans leurs projections de liquidités futures.

Et vous, que constatez-vous dans votre région?

 

James Bryan, économiste agricole