Que signifie la récente hausse de taux de la Banque du Canada pour votre exploitation?

Le 17 janvier, la Banque du Canada (BdC) a relevé son taux directeur de 25 points de base et a publié son rapport économique trimestriel. Il s’agit de la troisième hausse de taux au cours des sept derniers mois. Cette mesure reflète le dynamisme soutenu de l’économie canadienne et la confiance à l’égard de celle-ci ainsi que la vigueur du marché du travail, les investissements commerciaux accrus et le soutien sous‑jacent pour une hausse de l’inflation.

Or, si l’économie a récemment affiché une solide performance, elle fait toutefois face à certains vents contraires. Les effets de la montée du dollar ont été visibles lorsque le déficit commercial du Canada s’est creusé en raison de l’importation accrue de marchandises en novembre. L’inflation reste dans la fourchette cible de la BdC, malgré le fait que les entreprises canadiennes signalent des pressions inflationnistes exercées sur les coûts de la main‑d’œuvre et les prix des intrants. La BdC maintient que les renégociations de l’ALÉNA présentent un risque important pour l’économie canadienne.

Il est toujours important de surveiller la courbe des taux d’intérêt, notamment le taux d’endettement des ménages canadiens, qui demeure élevé par rapport au revenu disponible, et la hausse des taux d’intérêt qui fait grimper les coûts d’emprunt des entreprises qui envisagent d’investir. Néanmoins, c’est l’impact majeur des taux d’intérêt sur la valeur du dollar canadien qui se répercute principalement sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire. 

Les hausses de taux d’intérêt soutiennent la valeur du huard

L’écart entre les taux d’intérêt au Canada et aux États‑Unis est vraiment ce qui dicte la valeur du taux de change entre les deux monnaies à l’heure actuelle. Une hausse des taux plus rapide au Canada qu’aux États‑Unis fait grimper la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain. En règle générale et pour de nombreux maillons de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire, les exploitations sont avantagées par une baisse du huard.

Le taux de la BdC n’est qu’une des variables à surveiller lorsqu’on considère les tendances liées aux coûts d’emprunt. Par conséquent, ne vous concentrez pas exclusivement sur les décisions que prend la BdC, prêtez également attention à l’environnement macroéconomique global, car il influence les marchés obligataires qui déterminent, quant à eux, l’évolution des taux d’intérêt à court et à long termes.

Que doit-on privilégier, un prêt à taux fixe ou à taux variable?

Il n’y a pas de bonne réponse toute simple, car tout dépend de la situation personnelle de chacun. L’aversion au risque, le stade de maturité de l’entreprise et la solidité financière ne sont que quelques‑uns des facteurs à considérer. Examinez votre propre situation et choisissez la stratégie financière qui convient le mieux à votre exploitation.


Leigh Anderson
Économiste agricole principal

Leigh Anderson a commencé à travailler à FAC en 2015 en tant qu’économiste agricole principal. Sa spécialité est le suivi et l’analyse du portefeuille de FAC et de la santé de l’agroindustrie ainsi que l’évaluation des risques inhérents à ces activités. Avant d’entrer au service de FAC, il a travaillé à la direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.
M. Anderson est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@AndersonLeigh3