Valeur des terres agricoles au Canada, en Australie et aux États-Unis : quel est le point en commun?

Canada, Australie, États-Unis : trois pays, trois industries agricoles. Acteurs importants sur la scène agricole mondiale, notamment par la valeur de leurs exportations respectives de produits agricoles qui comptent parmi les plus lucratives au monde, ces pays sont en concurrence directe les uns avec les autres. Malgré leurs similitudes, on constate que des moteurs économiques semblables peuvent créer des tendances tout à fait différentes pour ce qui est du taux de croissance de la valeur des terres agricoles.

Explications.

Évolution différente de la valeur des terres

Ces trois marchés ont vu la valeur de leurs terres agricoles augmenter au moins une fois au cours des trois dernières années, mais selon des tendances et à des rythmes radicalement différents. En Australie et au Canada, la valeur des terres agricoles ne cesse d’augmenter depuis les trois dernières années; aux États-Unis, elle a diminué pendant cinq trimestres d’affilée, mais semble maintenant s’être stabilisée.

Résultats différents malgré des moteurs économiques semblables

Nous l’avons souvent dit, le revenu agricole et les taux d’intérêt sont les facteurs les plus déterminants de la valeur des terres agricoles. De ce fait, on comprend aisément pourquoi la valeur des terres agricoles augmente dans ces trois pays. Le taux directeur de chacune des banques centrales est en baisse depuis plusieurs années. Malgré les récentes pressions à la hausse exercées sur les coûts d’emprunt aux États-Unis et au Canada, ceux-ci demeurent près des planchers historiques. Par ailleurs, la rareté des terres agricoles disponibles se traduit aussi par des offres d’achat ambitieuses et par une hausse des prix moyens.

Toutefois, le revenu agricole est le facteur le plus important.

En 2016, le revenu monétaire net canadien a atteint un record de 15,7 milliards de dollars canadiens, ce qui représentait une hausse de 23,7 % par rapport à 2014. La valeur nette de la production agricole en Australie a aussi atteint un sommet durant l’année commerciale 2015‑2016 grâce à une croissance de plus de 10 % au cours des trois dernières années.

La situation aux États-Unis a été différente. Le revenu monétaire net a diminué de pas moins d’un tiers, passant de 135,6 milliards à 91,9 milliards de dollars américains entre 2013 et 2016.

La robustesse du dollar américain est l’un des principaux facteurs expliquant la divergence entre ces trois marchés. En fait, la valeur moyenne cumulative du huard par rapport au dollar américain depuis le début de l’exercice est inférieure de 15 % à sa moyenne sur cinq ans. Au cours de la même période, le dollar australien a reculé de 14 % par rapport au dollar américain.

L’agriculture canadienne se porte bien à l’heure actuelle, et cette vigueur s’explique en partie par la faiblesse récente du huard. Nous prévoyons que celui-ci se situera en moyenne à 0,75 $US pour le reste de l’année, et si c’est le cas, il continuera à stimuler la croissance du revenu monétaire net. Tandis que les facteurs économiques sont favorables, profitez-en pour passer en revue vos plans marketing et pour accumuler des fonds de prévoyance en vue du jour où le marché amorcera une tendance différente.


Jean-Philippe Gervais
Vice-président et économiste agricole en chef

Jean‑Philippe Gervais est vice-président et économiste agricole en chef à Financement agricole Canada. Avant de se joindre à FAC en 2010, M. Gervais était professeur d’économie agricole à la North Carolina State University et à l’Université Laval. Il était aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en agroindustrie et commerce international à l’Université Laval. M. Gervais est l’ancien président de la Société canadienne d’agroéconomie. Il a obtenu son doctorat en économie de l’Université d’Iowa State en 1999.

@jpgervais