Des projections à long terme encourageantes pour les marchés agricoles canadiens, selon l’USDA

L’USDA affirme que le repli économique dans le secteur agricole va persister en 2018 puisque le revenu agricole américain est prévu diminuer de 6,7 %; une baisse causée principalement par la faible croissance des prix des produits de base et des hausses constantes des coûts de production.

Les projections sur dix ans de l’USDA dressent toutefois un tableau légèrement encourageant pour les marchés agricoles. La demande demeurera forte dans un contexte d’accroissement de l’offre. Un redressement de l’économie mondiale est prévu, fondé principalement sur la progression du revenu dans les économies en développement. Cette croissance entraînera une demande accrue d’aliments et d’exportations.

Le Canada devrait en profiter de deux façons. La force soutenue du dollar américain atténuera la compétitivité des États-Unis sur les marchés mondiaux, et pourrait même diminuer leur part du marché, ce qui est une bonne nouvelle pour les producteurs canadiens. Et puisque les chaînes américaines et canadiennes d’approvisionnement des produits de base sont pour la plupart bien intégrées, les prix projetés de ces produits aux États-Unis (qui devraient augmenter, ne serait-ce que modestement, en raison de la demande mondiale croissante) pourraient se traduire par un regain futur du revenu agricole canadien.

Céréales et oléagineux

Selon les projections, la superficie en acres de maïs aux États-Unis connaîtra un sursaut en 2018‑2019, puis diminuera graduellement

Une superficie inférieure, combinée à une hausse constante de la demande de maïs américain, signifie que le prix du maïs se redressera après avoir accusé un repli durant l’année commerciale en cours (2017-2018). Ce redressement devrait être atténué par la remontée projetée des rendements.

La superficie ensemencée de soja augmentera progressivement au cours des cinq prochaines années, pour ensuite se stabiliser

Aux États-Unis, les prix du soja devraient demeurer autour de 9,50 $. Les rendements nets à l’acre du soja devraient dépasser ceux du maïs, ce qui est grandement attribuable à l’intérêt élevé des marchés étrangers pour les oléagineux.

Les prix du blé se redresseront après 2018

Une diminution de l’ensemencement aux États-Unis en 2018, combinée à une demande d’exportation élevée, contribuera au rétablissement des prix du blé à compter de 2019.

Bœuf, porc et volaille

La production de bœuf continue de remonter

Selon les projections, l’augmentation du cheptel de bétail américain ne ralentira pas, malgré un recul projeté de la rentabilité constaté par un ratio plus faible des prix du bétail par rapport à ceux du maïs.

Le secteur porcin des États-Unis devrait croître presqu’au même rythme que celui du bœuf

Les volumes de production de porc et de bœuf seront égaux au cours des dix prochaines années, la production de bœuf devançant légèrement celle du porc en 2027. Cependant, cette dernière devrait demeurer plus rentable que la production bovine.

La production de poulet à griller devrait ralentir comparativement à celle des dix dernières années

La consommation par habitant de poulet à griller devrait ralentir au cours des cinq prochaines années. La demande d’exportations mondiales contribuera grandement à la croissance de la production.

Lait

La production laitière aux États-Unis augmentera annuellement de 1,6 %

Cette croissance survient malgré le déclin constant du prix du lait américain d’ici à 2022. Le prix de la poudre de lait écrémé américaine devrait grimper en 2019.

L’incertitude des négociations commerciales, des taux d’intérêt haussiers et la volatilité des marchés financiers rendent les projections hasardeuses. Il est toutefois encore possible d’utiliser ces projections à long terme pour calculer la rentabilité selon divers scénarios de prix plus faibles et plus élevés.

Restez à l’affût de la publication d’Amy Carduner la semaine prochaine concernant la conférence des perspectives de l’USDA.


Jean-Philippe Gervais
Vice-président et économiste agricole en chef

Jean‑Philippe Gervais est vice-président et économiste agricole en chef à Financement agricole Canada. Avant de se joindre à FAC en 2010, M. Gervais était professeur d’économie agricole à la North Carolina State University et à l’Université Laval. Il était aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en agroindustrie et commerce international à l’Université Laval. M. Gervais est l’ancien président de la Société canadienne d’agroéconomie. Il a obtenu son doctorat en économie de l’Université d’Iowa State en 1999.

@jpgervais