Malgré l’amélioration de l’économie agricole aux États-Unis, il y a encore des défis à surmonter

J’ai participé au forum sur les perspectives agricoles du département de l'agriculture des États-Unis USDA Agricultural Outlook Forum (en anglais seulement) qui s’est tenu récemment à Washington, DC. Avec en toile de fond la faiblesse de l’économie agricole aux États-Unis, les fermiers et les décideurs politiques américains auront des décisions difficiles à prendre tout au long de 2017.

Voici les faits saillants de cette conférence :

L’importance du prochain Farm Bill (projet de loi agricole)

Mike Conaway, président du comité de l’agriculture de la Chambre des représentants des États-Unis, a mentionné que les trois priorités du prochain Farm Bill (projet de loi agricole) en matière d’adaptation des politiques touchaient les secteurs suivants :

  1. L’industrie laitière
  2. Le coton
  3. La conservation des terres

Le Farm Bill (projet de loi agricole) actuel a introduit l’assurance de revenus nets pour les producteurs laitiers en établissant un plancher relatif aux marges bénéficiaires. Le nouveau Farm Bill (projet de loi agricole) modifierait légèrement le programme actuel afin d’offrir des avantages accrus et un meilleur rendement pour ce qui est des contributions effectuées au programme par les producteurs laitiers. Les prix élevés du maïs et du soja des dernières années ont accru la superficie des terres en production, ce qui a eu pour effet d’augmenter les réserves aux
États-Unis. Les ajustements apportés à la politique auraient pour objectif de retirer de la production un plus grand nombre de zones humides et de terres peu productives, ce qui aurait l’avantage supplémentaire de réduire la production agricole aux États-Unis.

La baisse des revenus agricoles a des répercussions sur l’agroindustrie

Luke Chandler, économiste en chef adjoint chez John Deere, a abordé la question des répercussions de la diminution des revenus agricoles nets aux États-Unis sur les ventes d’équipements. Entre 2013 et 2016, les ventes nettes chez John Deere ont diminué de 34 % au Canada et aux États-Unis. Il n’y a que dans la région de l’Asie-Pacifique où les ventes sont demeurées stables. Malgré les défis actuels, il a indiqué qu’il était optimiste en raison de l’augmentation du PIB mondial, de la croissance de la population et de l’urbanisation qui font augmenter la demande mondiale en nourriture et entraînent le besoin d’accroître la production. 

La production de bœuf et de porc devrait augmenter, malgré des indicateurs de mise en garde

John S. Nalivka, président de Sterling Marketing Inc., a pour sa part abordé la question du recours à des transformateurs et des réserves en viande disponibles, de même que des répercussions potentielles sur les marchés bovins et porcins. Actuellement, les abattoirs de porcs aux États-Unis fonctionnent en moyenne à 98 % de leur capacité et en 2017, on prévoit qu’ils fonctionneront à 95 % de leur capacité, la production à de nouvelles usines de transformation commençant à tourner à plein régime. Cela appuiera l’augmentation prévue des stocks de porcs aux États-Unis de 1,5 % en 2017. La capacité d’abattage des porcs devrait augmenter d’environ 10 % d’ici la fin de 2018.

Les abattoirs de bovins aux États-Unis fonctionnent à environ 93 % de leur capacité et en 2017, on prévoit qu’ils fonctionneront à 90 % de leur capacité, car un nouvel abattoir entrera en activité aux États-Unis en mai 2017. Une capacité d’abattage accrue est une bonne nouvelle pour les producteurs, car la taille du troupeau de bovins aux États-Unis est aussi en hausse. L’offre par habitant de viande rouge et de volaille a augmenté de 6 % depuis 2014 et devrait augmenter encore de 2 % en 2017. L’augmentation de l’offre fera baisser les prix au détail, à moins que de nouveaux marchés d’exportation ne soient trouvés.

Maintien de la pression sur les revenus provenant de la culture du maïs et du soja 

Dan Basse, président d’AgResource Company, a présenté son point de vue sur les marchés du maïs et du soja pour 2017. Les prévisions indiquent que la culture du soja sera rentable pour la première fois depuis 2014. Cependant, on prévoit que les revenus nets provenant de la culture du maïs seront négatifs et que des ajustements dans les dépenses doivent être apportés. Les principaux coûts liés à la production de maïs sont les suivants :

  1. L’achat ou la location de terres (ces dépenses représentent 33,3 % des coûts totaux)
  2. Les semences (13,2 %)
  3. L’azote (13 %)
  4. La machinerie de récolte (11,9 %)

En se fondant sur ces hypothèses, on s’attend à ce que les pressions à la baisse se poursuivent sur le marché des terres agricoles aux États-Unis, en 2017. La semaine prochaine, notre blogue traitera des perspectives de l’agriculture canadienne pour 2017.