Deux formidables possibilités attendent l’industrie bovine du Canada… pouvons-nous les saisir?

La demande de bœuf affiche une croissance à l’échelle mondiale

Le Canada et le reste de la planète veulent du bœuf canadien. Il faudra toutefois faire montre d’une certaine finesse stratégique pour assurer l’approvisionnement.

Une part importante de cette demande proviendra des marchés émergents. Les projections de l’OCDE et de la FAO indiquent que le marché mondial d’exportation du bœuf passera de 9,9 millions de tonnes métriques (mtm) en 2014 à 11,9 mtm en 2023.

Le Canada est le onzième producteur en importance dans le monde et le septième plus grand exportateur de bœuf, occupant une part de 5,8 % du marché mondial d’exportation. Une augmentation de cette part de marché est possible, à mesure que la demande partout dans le monde continue de progresser.

Sur le même sujet : FAC économie agroalimentaire : Tour du monde des échanges commerciaux de 2014

La demande bovine progresse également au pays

La demande de bœuf au Canada connaît également une croissance. Nous avons déjà expliqué que les Canadiens préfèrent toujours le bœuf, même si le taux de consommation a chuté. Les prix élevés que doivent payer les Canadiens pour se procurer du bœuf ces derniers temps ont eu un effet dépresseur sur la consommation, mais cela ne signifie pas qu’il n’existe pas une demande à cet égard.

Le fait est que ce sont les conditions du marché et non un intérêt moindre pour le bœuf qui ont freiné la consommation. Il faut s’attendre à ce que les Canadiens passent à l’acte et achètent plus de bœuf lorsque l’offre augmentera et que les prix élevés actuels reviendront à des niveaux plus normaux.

L’offre canadienne peut-elle répondre à la nouvelle demande?

Seulement pour conserver en 2019 la part qu’il occupe actuellement sur le marché mondial (5,8 %) et pour satisfaire à la demande nationale croissante, le Canada devra accroître sa production de 88 000 tonnes métriques par rapport aux niveaux estimés de 2014.

L’augmentation du poids des carcasses peut ajouter 41,300 tonnes métriques à l’augmentation totale de bœuf nécessaire, en supposant que le poids moyen annuel des carcasses poursuit une progression marquée semblable à celle enregistrée au cours des cinq dernières années (0,62 %). L’autre portion (47 000 tonnes métriques) devra provenir de l’accroissement du cheptel.

Encore une fois, en supposant que le taux d’abattage moyen enregistré de 2009 à 2013 demeure le même jusqu’en 2019, soit les trois quarts de la production dans les fermes, les éleveurs canadiens devront accroître leur production de moins de 1 % annuellement.

Cela semble raisonnable et réalisable mais à certaines conditions. Des défis attendent l’industrie dans ses efforts pour accroître la taille du cheptel.

  • Certains producteurs profitent de l’occasion pour rembourser leurs dettes au lieu d’augmenter la taille de leur troupeau.
  • Il est possible d’acheter le bétail des producteurs qui quittent l’industrie, or, consolidation n’est pas synonyme d’expansion.
  • Des pâturages ont été consacrés aux cultures ou au fourrage en raison de la vigueur des marchés des céréales et oléagineux.
  • Toujours et encore la main-d’œuvre… une pénurie de main-d’œuvre qualifiée pour les exploitations d’élevage et de transformation demeure un obstacle à l’investissement dans l’industrie.

Une stratégie qui permettra de saisir les possibilités

La récente Stratégie nationale du bœuf expose en détail les initiatives clés qui permettront de surmonter les obstacles. L’importance donnée au marketing à l’échelon national et mondial, une efficience accrue de la production et le contact avec les consommateurs ne sont que trois des moyens connus qui peuvent permettre au secteur bovin du Canada de tirer profit des possibilités qui s’offrent à lui.

Pour en savoir plus au sujet du secteur bovin canadien, vous pouvez lire le document FAC économie agroalimentaire : Rapport 2014 sur le secteur bovin qui se trouve à FAC-FCC.ca.

Martha Roberts, Spécialiste en recherche économique