Principales tendances économiques de 2018 : Paysage économique mondial

À l’approche de la nouvelle année, l’équipe de l’Économie agricole de FAC souhaite vous présenter cinq tendances économiques qui influenceront probablement l’industrie agroalimentaire canadienne cette année. 

Compte tenu du nombre de répercussions qui proviennent de l’extérieur du Canada et qui sont susceptibles d’être ressenties ici en 2018, nous avons déterminé que le Monde serait la plus importante tendance à surveiller en 2018.

En 2018, l’environnement économique mondial soutiendra l’industrie agricole et agroalimentaire, même si elle devra surmonter quelques obstacles en cours de route.

Le PIB mondial devrait croître de 3,7 % (en anglais seulement), croissance dirigée par les États-Unis et d’autres économies avancées. Cette stabilité permettra de faire face, en partie, à l’incertitude à laquelle les marchés mondiaux seront confrontés cette année. Qu’il s’agisse de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ou de l’influence massive qu’exerce la Chine sur le marché, le monde joue un rôle primordial dans les bénéfices du secteur canadien de l’agriculture et de la transformation alimentaire. 

Devises

En 2018, la valeur du dollar canadien devrait être plus élevée qu’en 2017, mais le huard se maintiendra tout de même à un niveau suffisamment bas pour soutenir les marges bénéficiaires. Il devrait se situer en moyenne à 0,78 $ US, en supposant que le baril du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) se transige autour de 55 $ US et que les taux d’intérêt au Canada et aux États-Unis suivent une évolution semblable. Un dollar canadien faible est avantageux pour les secteurs de l’élevage et des cultures.

Si les banques centrales de nombreuses économies développées n’ont pas été en mesure d’atteindre un taux d’inflation plus élevé jusqu’à présent, les devises de certains des principaux partenaires commerciaux du Canada (les États-Unis, le Japon et l’Europe) devraient toutefois se raffermir en 2018.

Marchés

La croissance des pays en développement devrait également faire grimper les dépenses consacrées aux produits de base et aux aliments importés. Les pays importateurs de pétrole ont stimulé la production économique à mesure que le prix du pétrole baissait, or le pire semble être passé, les pays exportateurs de pétrole devraient donc désormais connaître eux aussi une croissance. Celle-ci, conjuguée à un revenu supplémentaire, signifie que les consommateurs des marchés émergents achèteront plus de nourriture.

Certains marchés pèseront lourd sur la compétitivité canadienne.

La Chine devrait afficher une croissance de son PIB de 6,5 % et le PIB de l’Inde devrait grimper de 7,4 % en 2018. Ces croissances auront une incidence sur la production canadienne au cours de la prochaine année. L’imposition par l’Inde à la fin de l’année 2017 d’un taux de droit à l’importation de 50 % sur les exportations canadiennes de pois pourrait entraîner une modification aux superficies cultivées, ce qui risque aussi d’affecter, par ricochet, les prix relatifs à d’autres cultures. La consommation chinoise de protéines animales continue d’augmenter à un rythme qui oblige la Chine à se tourner vers les importations. Celles-ci pourraient totaliser 2,5 millions de tonnes en 2018 et proviendraient pour la plupart d’autres pays que les États-Unis.

La croissance du revenu et des salaires aux États-Unis – qui est le plus important marché d’exportation des produits agricoles et alimentaires du Canada – devrait continuer de stimuler les dépenses de consommation chez notre voisin du Sud.

Commerce

En 2018, la valeur relativement basse du huard devrait favoriser la compétitivité des exportations canadiennes. Mais ce qui marquera surtout le secteur des échanges commerciaux en 2018 sera l’évolution des affaires géopolitiques et les accords qui en résultent.

L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) renégocié aura de profondes répercussions, qui dépasseront largement le cadre des taxes commerciales et des règles d’accès au marché applicables aux importations et aux exportations canadiennes. L’ALENA pourrait également modifier les procédures actuelles de règlement des différends et il risque de faire fluctuer la valeur du dollar canadien. Tout changement à ces égards pourrait se répercuter sur le prix des produits agricoles au Canada.

Par ailleurs, l’Accord économique et commercial global (AECG) permettra aux producteurs canadiens de bénéficier d’un accès élargi à l’énorme marché de l’Europe tandis que la relance de l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (anciennement le PTP 11) pourrait ouvrir l’accès au Japon – qui est un marché mature – ainsi qu’à plusieurs autres marchés émergents.

Que faut-il retenir?

Le monde est vaste et il pourrait revêtir une importance accrue pour l’industrie agricole et les entreprises de transformation alimentaire canadiennes en 2018. Les forces du marché mondial détermineront les prix que les producteurs recevront et, en définitive, les recettes monétaires agricoles. Ces forces risquent d’entraîner quelques remous cette année, mais le secteur canadien devrait être assez vigoureux pour les surmonter. 


Martha Roberts
Spécialiste en recherche économique

Martha Roberts est une spécialiste en recherche qui étudie le rendement économique et les facteurs de réussite pour les producteurs agricoles et les agroentreprises. Mme Roberts compte 20 années d’expérience dans la réalisation de recherches qualitatives et quantitatives et la communication des résultats à divers publics. Elle est titulaire d’une maîtrise en sociologie de l’Université Queen’s située à Kingston en Ontario.

@MJaneRoberts


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