Les cinq principaux facteurs économiques à surveiller en 2017 : les taux d’intérêt

Le début d'une nouvelle d'année est un moment propice à la planification. L'équipe de l'Économie agricole de FAC veut vous aider à commencer 2017 sur la meilleure note possible en vous offrant une analyse détaillée des cinq principaux facteurs économiques qui influenceront l'agriculture canadienne cette année. Lisez le premier billet de cette série et suivez-nous la semaine prochaine. Nous examinerons le dernier facteur en détail.

L'agriculture est depuis toujours une industrie à prédominance de capital, car elle nécessite des fonds de roulement pour acheter des aliments pour animaux, des semences, etc. Elle a aussi besoin de capital à long terme pour financer les achats d'équipement et de terres. Les nouvelles tendances alimentaires et les pressions concurrentielles obligeront les entreprises canadiennes à continuer d'investir. Pour ces raisons, nous avons désigné les taux d'intérêt à titre de quatrième tendance à surveiller en 2017.

Pour en savoir plus au sujet des trois premiers facteurs économiques qui, selon nous, auront une incidence sur l'agriculture canadienne, lisez nos autres billets traitant du dollar canadien, des prix de l’énergie et des prix des produits de base.

Le contexte d'investissement dans le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire demeurera favorable au cours de l'année. La Banque du Canada (BdC) prévoit que la croissance de l'économie canadienne atteindra 2,1 % en 2017, après une année où l'on estime que l'économie canadienne a crû de 1,3 %. En dépit de cette accélération, la BdC n'a pas manifesté son intention de relever son taux directeur (le taux de financement à un jour), qui s'établit actuellement à 0,5 %.

Quelle incidence les taux d’intérêt auront-ils sur l’agriculture canadienne en 2017?

Les investissements commencent par le coût du capital (les taux d'intérêt). On prévoit une croissance de l'économie canadienne en 2017; or, quelques vents contraires risquent d'empêcher l'économie de réaliser son plein potentiel :

  • un ralentissement de la croissance économique dans les pays émergents pourrait faire en sorte que la demande de produits de base demeure modérée;
  • les prix du pétrole sont incertains et volatils;
  • le taux d'endettement des ménages reste élevé par rapport au revenu.

Avec une inflation qui devrait se maintenir autour de 2 %, nous croyons que la BdC ne modifiera pas son taux cible de financement à un jour en 2017.

Un taux de financement à un jour constant n'entraîne pas nécessairement une stabilité des coûts d'emprunt. Le taux d'intérêt moyen des entreprises au Canada a baissé pendant la majeure partie de 2016, ce qui a abaissé les coûts d'emprunt à des planchers historiques. Un léger renversement de la tendance est apparu au cours des derniers mois de 2016. Cette tendance à la hausse des coûts d'emprunt est elle susceptible de se prolonger?

Le début de la réponse se trouve au sud de la frontière. Les investisseurs ont davantage confiance dans l'économie américaine, ce qui fait grimper les rendements obligataires et l'ensemble des taux d'intérêt aux États Unis. En décembre dernier, la Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur de 0,25 % et d'autres hausses sont prévues (jusqu'à quatre) pour contrer l'augmentation attendue de l'inflation. Les marchés financiers étant intégrés, cette tendance a également entraîné une hausse des rendements obligataires au Canada. Nous prévoyons que les coûts d'emprunt continueront d'augmenter en 2017, quoiqu'à un rythme modéré.

La décision d'investir est également tributaire du taux de rendement attendu associé à un projet. Les perspectives pour la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire du Canada sont encourageantes. Un raffermissement de l'économie américaine est positif pour toute la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire du Canada. En effet, plus de 70 % des exportations alimentaires sont destinées au marché américain. Les exportations canadiennes de produits agricoles vers les États‑Unis représentent 30 % du produit intérieur brut (PIB) agricole du Canada. La faiblesse du dollar canadien contribuera à la vigueur soutenue de la demande de produits agricoles canadiens en 2017, ce qui devrait permettre au taux de rendement de l'actif agricole de demeurer supérieur à la moyenne.

Que faut-il retenir?

L'agriculture canadienne est une industrie à prédominance de capital et elle profite de la faiblesse des taux d'intérêt. Même si une légère tendance à la hausse est prévue pour les coûts d'emprunt en 2017, les taux d'intérêt demeureront à des planchers historiques.

Même si nous ne prévoyons pas de hausse majeure des taux d'intérêt en 2017, le degré d'incertitude entourant l'économie mondiale est une véritable préoccupation. Les entreprises devraient régulièrement réexaminer leur situation financière afin de bien mesurer l'incidence d'une hausse des taux d'intérêt et de réagir en conséquence. De plus, gardez toujours à l'esprit qu'il est opportun d'investir dans l'amélioration de l'efficience et l'accroissement de la productivité dans un contexte de resserrement des marges bénéficiaires.