Les cinq principaux facteurs économiques à surveiller en 2017 : l'économie mondiale

Le début d'une nouvelle d'année est un moment propice à la planification. L'équipe de l'Économie agricole de FAC veut vous aider à commencer 2017 sur la meilleure note possible en vous offrant une analyse détaillée des cinq principaux facteurs économiques qui influenceront l'agriculture canadienne cette année. Lisez le premier billet de cette série et suivez-nous la semaine prochaine. Nous examinerons le dernier facteur en détail.

L’année 2017 s’annonce bonne pour l’agriculture canadienne. L’Économie agricole de FAC prévoit que la rentabilité dans l’ensemble des différents secteurs sera soutenue par un huard à 0,75 $ US, de faibles coûts d’emprunt et une vigueur de la demande de produits de base, dans un contexte de hausse des prix des intrants agricoles et d’une certaine pression à la baisse exercée sur les prix des produits de base. Le Fonds monétaire international prévoit que la croissance économique mondiale croîtra de 3,4 % en 2017, ce qui se traduira par une forte demande alimentaire. Les questions entourant l’incidence des nouvelles politiques commerciales américaines sur la valeur du dollar américain par rapport à d’autres devises mondiales, y compris le dollar canadien, ainsi que la santé de l’économie américaine viennent brouiller les cartes. Ce qui est clair, cependant, c’est à quel point il sera important pour les producteurs canadiens de surveiller les relations commerciales mondiales entre les États-Unis et les économies de premier plan axées sur les échanges commerciaux, comme la Chine. Si cela pourrait créer des possibilités pour le Canada, il ne fait aucun doute que cela bouleversera les balances commerciales existantes. En raison de l’importance des échanges commerciaux pour assurer le succès de l’agriculture canadienne, nous considérons que l’économie mondiale est la dernière, mais non la moindre, des cinq tendances à surveiller au cours de l’année.

Pour en savoir plus au sujet des autres facteurs économiques qui, selon nous, auront une incidence sur l’agriculture canadienne, lisez nos autres billets de cette série traitant du dollar canadien, des prix de l’énergie, des prix des produits de base et du taux d’intérêt.

Quelle incidence l’économie mondiale aura-t-elle sur l’agriculture canadienne en 2017?

L’évolution des relations entre la Chine et les États-Unis à titre de partenaires commerciaux sera l’un des principaux éléments à surveiller en 2017. Il est certain que cette relation changera. Reste à savoir dans quelle mesure.

Compte tenu de la taille des deux économies et de leur présence dans les échanges commerciaux de produits agricoles, tout changement devrait influencer les prix des produits de base. En ce qui concerne les échanges commerciaux de soja, la Chine a importé 63 % du soja transigé sur la scène mondiale, et 36 % de ses importations provenaient des États-Unis. Un ralentissement des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine pourrait avoir une gamme de répercussions différentes, l’une d’entre elles étant l’ouverture possible du marché chinois à d’autres fournisseurs. Par exemple, une réduction soudaine et importante des importations américaines de produits chinois pourrait également entraîner un ralentissement de la croissance globale de la Chine, freinant ainsi l’un des plus grands marchés agricoles de la planète.

En dépit du ralentissement des échanges mondiaux en 2016 évoqué par certains, la demande mondiale de produits agricoles et agroalimentaires devrait rester forte. Les répercussions probables sur l’agriculture canadienne d’une économie mondiale en mutation auxquelles nous pouvons nous attendre découleront principalement des États-Unis et des orientations qu’adoptera la nouvelle administration américaine pendant sa première année au pouvoir en ce qui concerne le commerce mondial.

Une réduction des échanges commerciaux de la part des États-Unis aura un effet d’entraînement sur les marchés mondiaux et certainement ici au Canada. Si la logique économique prévaut, nos relations commerciales avec les États-Unis ne changeront pas beaucoup, compte tenu du degré d’intégration et d’interdépendance des deux économies. Voici les secteurs clés à surveiller :

  • Les exportations canadiennes de bœuf et de porc à destination des États-Unis totalisaient 2,2 milliards de dollars canadiens et représentaient 99,7 % de toutes les exportations en 2015. Les chaînes d’approvisionnement des deux pays sont étroitement intégrées et tirent profit de règles commerciales souples.
  • À l’heure actuelle, environ 40 % des stocks de maïs aux États-Unis sont destinés aux marchés de l’éthanol : tout changement dans la politique américaine relative à l’éthanol perturberait l’équilibre de l’offre et de la demande et aurait des répercussions sur les prix du maïs et d’autres marchés des produits de base. Notre prévision? Si on modifie la politique, ce changement ne serait pas immédiat et devrait faire l’objet de mesures législatives, ce qui n’est pas une mince affaire.

Que faut-il retenir?

En règle générale, tout changement dans les politiques commerciales qui renforcera le dollar américain aura aussi pour effet de maintenir le dollar canadien à un bas niveau. Ce sera avantageux pour les exportations canadiennes et pour les prix que les producteurs canadiens obtiennent pour leurs produits de base libellés en dollars américains.