Les principaux facteurs économiques à surveiller en 2017 : les prix de l'énergie

Le début d'une nouvelle d'année est un moment propice à la planification. L'équipe de l'Économie agricole de FAC veut vous aider à commencer 2017 sur la meilleure note possible en vous offrant une analyse détaillée des cinq principaux facteurs économiques qui influenceront l'agriculture canadienne cette année. Lisez le premier billet de cette série et suivez‑nous au cours des prochaines semaines. Nous examinerons chaque facteur en détail.

De la production d'équipement et d'intrants agricoles au carburant utilisé pour acheminer les produits sur le marché, l'énergie est un élément important de la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire canadienne. En 2017, les prix de l'énergie risquent d'être instables en raison de l'offre mondiale incertaine. Comme ils sont susceptibles d'avoir des répercussions considérables sur la rentabilité globale, les prix de l'énergie représentent la deuxième tendance à surveiller en 2017.

Pour en savoir davantage sur le facteur qui, selon nous, aura l'incidence la plus marquée sur l'agriculture canadienne, consultez notre billet intitulé Les principaux facteurs économiques à surveiller en 2017 : le dollar canadien.

Même si tous les marchés énergétiques (charbon, gaz naturel et pétrole) sont importants pour le secteur agricole et agroalimentaire canadien, c'est le pétrole qui aura une influence prépondérante. Au début de 2015, le prix du pétrole s'établissait à 30 $ US le baril par rapport à son sommet de 110 $ US atteint au milieu de 2014, recul attribuable à l'abondance des excédents mondiaux. Le prix a remonté quelque peu au cours de 2016.

Nous prévoyons qu'en 2017, le prix moyen du pétrole se situera autour de 50 $ US le baril, ce qui est supérieur au prix moyen de 2016, conséquence de la diminution des stocks. Le prix moyen de l'essence sera aussi plus élevé. Les prix de l'engrais et d'autres intrants devraient augmenter tout au long de 2017, mais demeureront inférieurs aux prix moyens de 2016. Les hausses de prix devraient se produire durant les périodes de forte demande.

Quelle incidence l'offre et la demande de pétrole auront‑elles sur l'agriculture canadienne en 2017?

En 2016, le prix de l'essence à usage agricole en Alberta s'est établi en moyenne à 0,81 $ le litre, et le prix du diesel à usage agricole s'est situé en moyenne à 0,78 $ le litre. Si le prix moyen du pétrole s'établit à 50 $ US le baril comme nous le prévoyons, le prix moyen à la ferme en Alberta devrait se situer dans les fourchettes suivantes en 2017 :

  • Essence : de 0,85 $ à 0,88 $ le litre 
  • Diesel : de 0,86 $ à 0,90 $ le litre

Les tendances des prix du carburant dans chaque province devraient correspondre grosso modo aux tendances ci‑dessus.

Le ralentissement prévu de la croissance économique mondiale en 2017 laisse présager que la demande de pétrole ne différera pas beaucoup de la demande enregistrée en 2016. En revanche, l'augmentation du prix du pétrole en 2017 reflétera la diminution des réserves. Vers la fin de 2016, l'OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) (en anglais seulement) a annoncé des baisses de production de l'ordre de 1,2 million de barils par jour pour contrer la faiblesse des prix et l'accroissement des réserves mondiales. D'importants pays non membres de l'OPEP (notamment la Russie, le Mexique, Oman et le Kazakhstan) se sont engagés à réduire leur production de 558 000 barils par jour. Cette nouvelle a eu pour effet immédiat de faire grimper le prix du pétrole avant la fin de l'année.

La difficulté sera de maintenir ces baisses de production même si les hausses de prix encouragent un accroissement. La production des États‑Unis, en particulier, risque d'augmenter en 2017 en raison de l'assouplissement des règlements gouvernementaux et de la rentabilité accrue des projets pétroliers.

Que faut-il retenir?

Les baisses de production pétrolière dans certaines parties du monde risquent d'être contrebalancées par les hausses de production dans d'autres, ce qui aura pour effet de stabiliser les prix du pétrole. Cette tendance ne devrait pas entraîner d'importantes tensions inflationnistes sur la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire canadien en 2017; elle pourrait même soutenir la rentabilité.

Notre conseil? Surveillez les baisses de production pétrolière tout au long de l'année. Les baisses soutenues pourraient facilement faire grimper le prix du pétrole au‑dessus de 50 $ US le baril.