Les cinq principaux facteurs économiques à surveiller en 2017 : les prix des produits de base

Le début d'une nouvelle année est un moment propice à la planification. L'équipe de l'Économie agricole de FAC veut vous aider à commencer 2017 sur la meilleure note possible en vous offrant une analyse détaillée des cinq principaux facteurs économiques qui influenceront l'agriculture canadienne cette année. Lisez le premier billet de cette série et suivez‑nous au cours des prochaines semaines. Nous examinerons chaque facteur en détail.

Toute la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire du Canada devrait être rentable en 2017, stimulée par un dollar canadien se maintenant autour de 0,75 $ US. La croissance économique aux États-Unis fera grimper la valeur du dollar américain par rapport aux autres devises mondiales, ce qui permettra aux exportations canadiennes de demeurer concurrentielles sur les marchés mondiaux. Cela risque toutefois de nuire aux produits de base libellés en dollars américains. En 2016, les prix que les producteurs canadiens ont obtenus pour leurs produits de base étaient inférieurs à leur moyenne sur cinq ans et ceux-ci continueront d'exercer une pression sur de nombreuses exploitations et entreprises dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire canadienne en 2017. Compte tenu de l'accroissement de la production mondiale et de l'augmentation des stocks pour la plupart des produits agricoles, les prix des produits de base représentent notre troisième tendance à surveiller au cours de l'année.

Pour en savoir plus au sujet des deux premiers facteurs économiques qui, selon nous, auront une incidence sur l'agriculture canadienne, lisez nos autres billets traitant du dollar canadien et des prix de l'énergie.

Quelle incidence les prix des produits de base auront-ils sur l'agriculture canadienne en 2017? 

La planification entourant le choix des cultures ensemencées pourrait mettre les nerfs des producteurs à rude épreuve en 2017; l'importance des stocks mondiaux de céréales et d'oléagineux nous laisse croire que leurs prix ne s'amélioreront pas beaucoup en 2017. Les ratios stocks-utilisation à l'échelle mondiale indiquent que plus de céréales secondaires que d'oléagineux seront disponibles à l'utilisation, de sorte que le prix des oléagineux demeurera supérieur à celui des céréales durant la première moitié de 2017.  

Le resserrement des stocks canadiens de canola en 2017 par rapport aux niveaux observés en 2016 et à leur récente moyenne sur cinq ans favorisera la rentabilité du canola. On ne peut en dire autant des marchés du blé, qui ont été assombris par des ratios stocks-utilisation croissants ainsi que par les problèmes de qualité de la récolte de 2016, qui a été déclassée au rang de céréale fourragère à prix moins élevé. 

Les stocks nord-américains de bétail continueront de grimper en 2017, les prix devraient donc demeurer faibles pendant la première moitié de 2017. Les marges bénéficiaires des éleveurs-naisseurs pourraient se resserrer en même temps que la rentabilité des parcs d'engraissement augmentera. Dans l'ensemble, les perspectives du secteur bovin sont généralement positives, compte tenu du dollar canadien, qui est inférieur à sa valeur moyenne sur cinq ans.

On prévoit que la reconstitution du troupeau de porcs de la Chine exercera une pression sur les prix du porc en Amérique du Nord, puisque la demande chinoise pourrait ralentir et tomber sous les niveaux élevés atteints en 2016. La bonne nouvelle est que l'abondance des stocks de céréales, dont une grande partie est de faible qualité, se traduit par des stocks considérables de céréales fourragères disponibles en 2017. Cela améliorera la rentabilité du secteur porcin en 2017. L'accroissement de la capacité de transformation aux États-Unis devrait intensifier la concurrence parmi les acheteurs de porcs vivants, ce qui se répercutera par conséquent sur le prix obtenu par les producteurs. Dans l'ensemble, le ratio de prix porc-maïs devrait être favorable pour les producteurs.

Comme d'habitude, les augmentations de production doivent être soutenues par une demande solide. Tous les signes laissent présager une vigueur continue de la demande alimentaire à l'étranger, ce qui devrait servir d'appui aux prix canadiens. De plus, la baisse des prix à la ferme conjuguée à de fortes pressions concurrentielles dans le secteur de la vente au détail pourrait avoir un effet modérateur sur les prix de la viande au détail au fil du temps, ce qui stimulera peut-être la consommation au pays. 

Que faut-il retenir?

L'augmentation de la production mondiale est au cœur de nos perspectives pour 2017 en ce qui concerne les prix des produits de base. L'accroissement de la production exercera une pression sur les prix, ce qui pourrait entraîner un resserrement des marges bénéficiaires. Un dollar canadien aux environs de 0,75 $ US devrait assurer la rentabilité des exploitations d'élevage et des fermes céréalières en 2017.