Pour demeurer concurrentiel, misez sur la règle du 5 %

Comment le Canada peut-il conserver sa place parmi les plus grands exportateurs de produits agricoles au monde? De nombreuses possibilités s'offrent aux producteurs pour maintenir leur rentabilité dans l'environnement économique immédiat et à long terme. Kristjan Hebert, propriétaire de Hebert Grain Ventures, plaide en faveur de la « règle du 5 % », qui tient compte aussi bien de la productivité que de l'efficience. Se concentrer sur l'un au détriment de l'autre ne permet pas de retirer les mêmes avantages.

Appliquer la règle du 5 %

La règle d'or de la gestion agricole peut se résumer ainsi : une amélioration de la productivité de 5 % (p. ex. une amélioration du rendement chez un producteur de canola), plus une amélioration de 5 % générée par un plan de commercialisation judicieux, plus un gain en efficience de 5 % (une réduction des coûts de production) n'équivaut pas à un gain net de 15 %, mais à une amélioration nette de 117 %.

Règle du 5 %

  Exploitation
de référence

Améliorations
de 5 %

Rendement du canola     40 bu/acre
42 bu/acre
Prix   10 $/bu
10,50 $/bu
Rendement brut
400 $/acre
441 $/acre
Coûts totaux
350 $/acre
332,50 $/acre
Rendement net
50 $/acre
108,50 $/acre


Voici quelques suggestions pour appliquer la règle avec succès :

  • Employer le « bon mélange » d’intrants pour maximiser le rendement de vos cultures.
  • Investir dans la formation pour comprendre les contrats à terme ou les contrats à terme sur écart.
  • Apporter des améliorations mécaniques (p. ex. la différence de chevauchement en autoguidage).

Productivité et efficience : deux moyens pour demeurer concurrentiel

L'efficience permet d'accroître ses profits grâce à l'utilisation de la bonne combinaison d'intrants en vue de réduire les coûts au minimum. En revanche, la productivité requiert souvent des investissements qui ne rapporteront pas nécessairement dans l'immédiat, mais procureront un avantage concurrentiel à plus long terme.

Les investissements dans la productivité font en sorte que lorsque la demande augmente — comme c'est le cas aujourd'hui sur les marchés mondiaux — les producteurs canadiens peuvent satisfaire à la demande d'une façon qui contribue à maintenir le niveau de nos exportations, même dans un contexte de concurrence internationale toujours plus forte.

Le commerce agricole mondial continue d'évoluer 

Le climat économique mondial en constante évolution présente à la fois de nouveaux défis et de nouvelles possibilités aux producteurs agricoles et aux agroentreprises du Canada. Le commerce mondial a enregistré un ralentissement pour une deuxième année consécutive; l'année 2015 a même connu un repli de plus de 16 %, une première depuis la Grande récession de 2009. Les changements politiques survenus en 2016 ont perturbé davantage les marchés, remettant en question les futures orientations de la mondialisation.

Toutefois, ces changements ne freineront pas la croissance du commerce des produits agricoles et agroalimentaires, malgré un ralentissement des taux de croissance. D'après l'OCDE, les exportations mondiales continueront de progresser jusqu'en 2025, compte tenu de la croissance de la population mondiale et de l'incapacité de nombreux pays à satisfaire leurs propres besoins alimentaires. Des gains de productivité généralisés, doublés d'une croissance de la production dans les marchés émergents, se traduiront par une augmentation de la production mondiale. Pour permettre au Canada de conserver son avantage au niveau des exportations, il faut mettre l'accent sur la réduction des coûts et sur l'optimisation des rendements futurs afin d'aider les producteurs et les agroenteprises du Canada à demeurer concurrentiels.

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