Trois points à retenir de Grain World 2017 qui sont importants pour votre exploitation

Les 14 et 15 novembre, des participants canadiens et internationaux de l’industrie céréalière se sont rassemblés à Winnipeg à l’occasion de la conférence Grain World (en anglais seulement) afin d’en savoir plus sur les perspectives de 2018 dans les secteurs des légumineuses, des oléagineux et des céréales secondaires à l’échelle mondiale. Peu importe où est située votre ferme dans les collectivités rurales canadiennes, les tendances suivantes auront une incidence sur votre exploitation si vous cultivez l’une de ces denrées.

1. Les légumineuses présentent toujours des possibilités à long terme

De toute évidence, le récent tarif douanier de 50 % applicable aux exportations de pois à destination de l’Inde n’a pas manqué d’attirer l’attention : la taxe de 50 % est beaucoup plus élevée que prévu et on s’attend également à une taxe sur les lentilles. Cela s’ajoute aux obligations antérieures en matière de fumigation.

À court terme, les exportations de légumineuses vont fléchir, les stocks vont augmenter et les superficies de production seront à la baisse en 2018 en raison des fortes réductions de prix.

Du côté positif, la demande de protéines végétales est en hausse partout et à l’origine de l’annonce d’investissements dans plusieurs usines de transformation de pois dans l’Ouest canadien. À long terme, ces établissements contribueront à la diversification de nos marchés d’exportation de pois et à la consolidation de l’industrie.  

2. Forte demande pour les oléagineux

La demande mondiale d’oléagineux continue de croître plus rapidement que l’offre. Selon les prévisions, il faut cultiver environ deux millions d’acres supplémentaires de soja chaque année pour satisfaire la demande croissante en oléagineux. C’est une excellent nouvelle pour les producteurs canadiens de soja et de canola. 

La production canadienne de canola est actuellement estimée à un record de 19,7 Mt. Une révision à la hausse est possible, mais on s’attend à des stocks restreints en fin de campagne.

3. Les céréales ne sont pas toutes à la baisse

Les réserves records de blé à l’échelle mondiale exercent une pression à la baisse sur les prix, mais des débouchés existent pour le Canada du fait de l’insuffisance de blé riche en protéines dans le monde. En outre, les stocks ne sont pas aussi serrés que cela si l’on exclut la production chinoise.   

Le maïs est abondant à l’échelle mondiale mais son utilisation reste vigoureuse – particulièrement en Chine où il est de plus en plus utilisé pour nourrir les animaux, dans l’alimentation et dans le secteur industriel. La politique chinoise à l’égard des biocarburants ne passe pas non plus inaperçue étant donné que Pékin envisage d’adopter l’essence E10. Dans ce contexte, la demande de maïs reçoit un énorme coup de pouce.

Quelles vont être les répercussions de ces perspectives sur l’agriculture?

Étant donné les récentes mesures prises par le gouvernement de l’Inde à l’égard des pois et des lentilles, il se peut que l’on assiste en 2018 à un accroissement des superficies de soja et de canola par rapport à celles que l’on consacre aux pois et aux lentilles. La bonne nouvelle est que la demande mondiale d’oléagineux est suffisamment forte pour absorber la production accrue d’oléagineux du Canada. Cette situation met aussi en évidence notre avantage par rapport à la concurrence et la souplesse dont nous bénéficions grâce à la diversité de nos cultures. Bien des choses peuvent se produire dans le monde des céréales entre maintenant et la période d’ensemencement. Revenez-nous donc en janvier lorsque nous publierons nos perspectives de 2018 pour l’agriculture canadienne.  


Leigh Anderson
Économiste agricole principal

Leigh Anderson a commencé à travailler à FAC en 2015 en tant qu’économiste agricole principal. Sa spécialité est le suivi et l’analyse du portefeuille de FAC et de la santé de l’agroindustrie ainsi que l’évaluation des risques inhérents à ces activités. Avant d’entrer au service de FAC, il a travaillé à la direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.
M. Anderson est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@AndersonLeigh3